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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 18:18


 araignées sociales au Pakistan (sources : www.futura-sciences.com
 
 
 
 
 
     La quantité totale de souffrance qui est vécue chaque année dans le monde naturel défie toute observation placide : pendant la seule minute où j'écris cette phrase, des milliers d'animaux sont mangés vivants; d'autres, gémissant de peur, fuient pour sauver leur vie; d'autres sont lentement dévorés de l'intérieur par des parasites; d'autres encore, de toutes espèces, par milliers, meurent de faim, de soif ou de quelque maladie. Et il doit en être ainsi. Si jamais une période d'abondance survenait, les populations augmenteraient jusqu'à ce que l'état normal de famine et de misère soit à nouveau atteint.
     
Dans un univers peuplé d'électrons et de gènes égoïstes, de forces physiques aveugles et de gènes qui se répliquent, des personnes sont meurtries, d'autres ont de la chance, sans rime ni raison, sans qu'on puisse y déceler la moindre justice. L'univers que nous observons a très exactement les caractéristiques attendues dans l'hypothèse où aucune idée n'aurait présidé à sa conception, aucun objectif, aucun mal et aucun bien, rien d'autre qu'une indifférence excluant toute compassion.
     Comme l’écrivait ce poète malheureux que fut A. Housman :
                        La Nature, qui est sans cœur et sans esprit,
                        Ne veut ni se soucier ni connaître.


            (Richard DAWKINS, Pour la Science, HS janvier 1997)


     
     La pitié, l’idéal de justice, le pardon, l’amour altruiste mais également la colère, la haine, la vengeance, la cruauté gratuite sont, parmi bien d’autres, des notions essentiellement humaines qui n’existent pas dans la Nature sauvage. A l’exception de quelques grands primates, les animaux et les plantes vivent dans un monde sans pitié où seuls comptent les réflexes conditionnés et l’apprentissage instinctuel. Les animaux ne pensent pas – au sens humain du terme – mais réagissent en fonction de leur environnement selon des schémas génétiquement programmés par des millions d’années d’évolution. Toutefois, on est aujourd’hui assez loin de la conception purement mécaniciste qui prévalait du temps de Descartes. C’est en effet un des grands mérites de l’éthologue
Konrad LORENZ (1903-1989) que d’avoir le premier mis en lumière la complexité des comportements animaux : les réponses instinctuelles de ceux-ci sont bien plus nuancées, multiples et différenciées que ne le laisserait supposer une vision superficielle qui s’en tiendrait à une simple loi du tout ou rien. Pourtant, si, au fil des millions d’années, l’évolution et la génétique ont certainement complexifié ces comportements, il n’en reste pas moins que le degré de liberté de l’animal est faible et ses possibilités d’improvisation très limitées… Il faut dire que, au sein de la Nature, il n’existe qu’une seule règle fondamentale : survivre, c’est à dire manger ou être mangé comme le faisait si bien remarquer, il y a déjà longtemps, le journaliste-écrivain Jack LONDON.
  
     De la même façon, les plantes ne sont pas des objets passifs comme les voient le plus souvent nos yeux d’humains mais des êtres qui luttent également de manière acharnée pour survivre avec les armes que leur procure leur patrimoine génétique. Là aussi, la compétition est féroce et seul le plus apte est amené à se développer.
 
     Cependant, dans les films animaliers – et je n’évoque pas, bien sûr, les « films d’animaux » où ces derniers ne sont que des hommes en peluche – les commentaires donnent l’impression que la Nature est un immense théâtre où s’agitent des personnages certes plus ou moins sympathiques mais guidés par des sentiments qui, souvent, rappellent ceux des hommes. Il s’agit là d’une illusion (ou d’une erreur plus ou moins consciente) que l’on appelle
anthropomorphisme. Ailleurs, de doux esprits nous parlent d’écosystèmes « en harmonie » alors que ceux-ci ne sont qu’en équilibre et que la mort y est omniprésente. D’autres encore évoquent la « mère Nature » si bienveillante pour ses petits… Nous réagissons ainsi parce que cela nous ferait de la peine de reconnaître que la Nature dans laquelle nous vivons (de moins en moins, il est vrai) est cruelle et, souvent, sanguinaire. Pourtant, la Nature n’est pas cruelle : elle est seulement indifférente.

     Afin d’illustrer cette notion souvent méconnue (quand elle n’est pas combattue), j’ai choisi de m’attarder sur deux exemples emblématiques situés aux extrêmes de la vie animale, en insistant toutefois sur le fait que ces exemples, particulièrement significatifs, ne font en réalité que refléter le sort commun de notre monde.
 
 
 

la guêpe fouisseuse

 
 
     Jean-Henri FABRE (1823-1915) fut un scientifique français de grand talent, injustement méconnu en France (alors qu’il est célèbre en Russie, aux USA et presque adulé au Japon). Il s’intéressa tout particulièrement au monde des insectes et, à ce titre, il peut être perçu comme un précurseur de l’éthologie.
 
       Dans son oeuvre majeure « souvenirs entomologiques », il rapporte son étonnement face au comportement d’un animal bien connu de nos campagnes : la
 guêpe fouisseuse (sphex). La femelle de cette espèce capture en effet des insectes comme les coléoptères, les abeilles, etc., afin de les transporter, après les avoir paralysés, jusqu’à son nid, le plus souvent un trou dans le sol, dans de la boue ou dans quelque anfractuosité naturelle. Elle pond de un à trois œufs sur sa proie qui servira de garde-manger aux larves jusqu’à la formation des cocons. Dans certaines espèces, la guêpe possède plusieurs nids dans lequel se trouve un seul œuf, nids qu’elle réapprovisionne plusieurs fois en nourriture, ouvrant et refermant soigneusement sa cachette à chaque fois. FABRE explique que, avant de pondre son œuf dans, par exemple, une chenille, la guêpe passe un long moment afin d’introduire méticuleusement son aiguillon dans chacun des ganglions du système nerveux de sa proie de façon à la paralyser sans la tuer ; le but est évident : elle s’assure que la chair restera fraîche pour ses larves présentes et à venir. On ne sait toujours pas aujourd’hui si la guêpe anesthésie totalement la chenille ou si le venin, à la manière du curare, ne sert qu’à immobiliser sa victime. Cette deuxième hypothèse, toutefois, semble la plus probable parce que, de cette façon, la proie reste le plus près possible de son état naturel. En pareil cas, la chenille aura conscience d’être dévorée de l’intérieur sans avoir aucun moyen de s’y opposer. L’acte semble d’une cruauté absolue mais c’est raisonner selon notre propre code moral : il n’y a pas ici de cruauté mais simplement de l’indifférence. La guêpe ne poursuit qu’un dessein : assurer le développement et le bien-être de sa progéniture et tant pis pour l’individu qui se trouve alors sur sa route.
 
     Cet exemple n’est pas isolé : on projette parfois à la télévision des reportages sur la même façon d’agir d’une
guêpe géante d’Amazonie qui, campée devant le nid d’une mygale, provoque suffisamment de vibrations pour faire sortir l’araignée. Le combat qui suit se termine souvent par la paralysie de la mygale qui, ici aussi, sera anesthésiée vivante pour servir de repas à répétition aux larves de la guêpe…
 
     Le monde des insectes est, on le voit, particulièrement féroce (il suffit de penser à une simple toile d’araignée ou aux combats sans merci des colonies d’insectes sociaux) et ce monde reflète assez bien la compétition engagée entre les différents individus d’un écosystème.

 
 
 
le lion et la gazelle
 
 
     Chez les mammifères, la situation n’est en définitive pas différente. Prenons l’exemple du lion, le roi des animaux, celui qui, dans la savane africaine, est au sommet de l’échelle alimentaire. Peut-on dire de lui qu’il (ou elle car c’est le plus souvent la lionne qui chasse) est cruel lorsque, après avoir pris par surprise une gazelle, il la dévore vivante, guetté par l’ensemble de sa tribu qui attend qu’il soit rassasié pour s’approcher. Il prend son temps, le lion ; il grogne, fait mine de vouloir attaquer un ou deux lionceaux trop entreprenants, secoue sa proie pour l’immobiliser un peu plus, contemple longuement son entourage pour faire valoir sa suprématie avant que de poursuivre son repas. Pendant tout ce temps, la gazelle agonise dans d’atroces souffrances. Si la Nature était concernée, qu’elle soit un tant soit peu bienveillante ou généreuse, elle aurait inventé un mécanisme pour abréger son supplice : un mécanisme qui, sous le coup de l’agression, aurait provoqué l’arrêt brutal de son cœur ou bien la sécrétion d’un anesthésique quelconque atténuant sa souffrance. Il n’existe rien de tel : le gène qui aurait peut-être permis cela n’a jamais été sélectionné par l’évolution parce que ce qui compte pour une gazelle, c’est de courir le plus vite possible et d’être toujours à l’écoute. Pas de ne pas souffrir. On peut même se demander si cette souffrance n’a pas été sélectionnée parce que, dans le fond, elle rend les gazelles encore plus sensibles et donc d’autant plus méfiantes et peureuses…
 
     La Nature n’a que faire des sentiments humains : on n’y retrouve ni bonté, ni pitié, ni même ce qui ressemblerait à un début de remords. Le
lion – toujours lui mais c’est également vrai pour d’autres animaux – ne supporte pas les enfants qui ne sont pas de lui. Ce que son instinct lui dicte, c’est de transmettre ses gènes, pas l’ADN d’un autre. C’est la raison pour laquelle, après avoir chassé le mâle ayant fécondé la lionne, il s’intéresse aux lionceaux qui gambadent près d’elle et qui lui sont étrangers. Il s’approche et fait mine de jouer avec eux. Quelques coups de patte pour obtenir la réaction du lionceau qui se prend au jeu. Mais le lion devient violent et le petit ne comprend pas et hésite. Alors, d’un seul coup, l’adulte lui brise la nuque. Il en fera de même avec tous les rejetons à ses yeux illégitimes, sous le regard de la lionne qui ne bouge pas. Ce qui compte, ce qui est inscrit dans son ADN, c’est que c’est sa propre descendance qu’il doit assurer. Celle du plus fort. Celle de celui qui a conquis la lionne. C’est cela la sélection naturelle. A nos yeux, cela paraît infiniment barbare mais c’est ainsi et l’a toujours été. Nature indifférente, vous disais-je.
 
 
 
présence de l'Homme
 

     Les hommes ont du mal à comprendre cette absence totale de compassion. Il leur est difficile de ne voir dans la Nature que la justification du vieil adage « la fin justifie le moyen ». Cela leur est pénible parce que leur intellect plus développé leur permet d’afficher un certain recul face à des situations conflictuelles, de défendre des attitudes morales qui échappent à la simple mécanique de la violence et du résultat immédiat. Je sais ce que certains vont me répondre : que je dresse un tableau trop noir de la Nature sauvage, qu’il existe également chez l’animal des comportements altruistes… J’ai pourtant bien peur qu’il s’agisse là encore d’une illusion : chaque fois que les scientifiques se sont penchés sur ces comportements, d’ailleurs plutôt exceptionnels, ils ont pu mettre en évidence la recherche d’un bénéfice secondaire pour celui qui en est l’auteur. Sans, bien sûr, que celui-ci en soit lui-même conscient… J'ai d'ailleurs consacré un article à ce sujet (voir insectes sociaux et comportements altruistes).
 
     L’Homme, selon la définition bien connue, est un « animal moral ». Il est même le seul à vrai dire qui soit ainsi dans la Nature, à
l’exception de certains grands primates comme les bonobos ou les chimpanzés (et ce n’est certainement pas un hasard si ces derniers, comme je l’expliquais dans un sujet précédent : le dernier ancêtre commun, sont nos plus proches parents). La civilisation, une certaine culture sont les conséquences de notre condition particulière. Mais l’homme est également encore proche de la vie naturelle et, à ce titre, il convient, me semble-t-il, de se méfier. L’organisation sociale qui est la nôtre et qui nous permet précisément de ne pas nous comporter en « animal sauvage » est fragile. Notre civilisation est fragile : il faut finalement peu de choses, on le sait bien, pour tout remettre en question. Au fond, entre nous et les animaux, il n’existe qu’une différence de degré, pas de nature. Un sujet à bien méditer.
 
 

Images :
 
photos 2 et 3 : guêpes fouisseuses (sources : loscoat.canalblog.com/)
photo 3 :
repas d'un lion (sources : www.rion-vanwetter.be)

photo 4 : Le portrait d'Edward James (1937) par Magritte (sources : fondation Magritte, Belgique)

(Pour lire les légendes des illustrations, passer le pointeur de la souris dessus)

 

 

 

Mots-clés : Richard Dawkins - Konrad Lorenz - Jean-Henri Fabre - guêpe fouisseuse - guêpe géante d'Amazonie - mygale - sélection naturelle - comportements altruistes

(les mots en blanc renvoient à des sites d'informations complémentaires)

 

 

 

 Sujets apparentés sur le blog

 

 

1.  l'agression

 

2. la notion de mort chez les animaux

 

3. superprédateurs et chaîne alimentaire

 

4. parasitisme et évolution

 

5. le mimétisme, une stratégie d'adaptation

 

 

 

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Mise à jour : 7 juin 2013

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Published by cepheides - dans éthologie
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commentaires

J.V 26/11/2010 07:05


Article interessant ,
mais à mon avis qui ne remet pas en cause suffisament la sacro sainte loi du plus fort moderne , à savoir " the survive of the fittest and only genetic prevails ".

Nous avons une conception scientifique et philosophique shizophrène du monde naturel, Nous appliquons aux êtres complexes ou métazoaires , des règles qui ne décrivent de facon satisfaisante que des
populations protozoaires et encore uniquement en conditions expérimentales c est à dire à environnement fermé.

Ayant un peu lu Konrad Lorenz dans le texte ( difficile car traduction de l allemand de piètre qualité , d ou des constructions de phrases lourdes et inutilement complexe en francais ).
L étendue des thèmes abordés par Lorenz et l éthologie ne se reduisent pas à des théories simplistes comme celle de la sélection binaire d un génome vainqueur au détriment de l individu et au
mépris des conséquences pour celui ci; mais au contraire cherche à rendre compte de la subtilité et la diversité des échanges en court.

Je pense que le principal problème de la science actuelle tient à la méthode qui prévaut, devenue trop dialectique dans le mauvais sens du terme celui qui conduit au sophisme , embourbé dans des
impératifs politiques et économiques , et du coup elle ne laisse plus place à l imagination , qui bien sur est créatrice d illusions , mais génère aussi une souplesse méthodologique qui à mon avis
offre à la science une autre facon de progresser que celle qu elle utilise actuellement : celle actuelle est celle du progrès , de la guerre permanente , de la destruction logique , dont la seule
justification est l élaboration d un atomisme qui doit voler en éclat inévitablement à chaque changement de paradigme, ce modèle de science est néfaste à la science elle même. Il suffit de regarder
les expériences de Lorenz pour se rendre compte que sa méthodologie et sa motivation, étaient fort différentes de celles de ses contemporains et que malheureusement peu de chercheurs perpétuent de
nos jours celle de Lorenz , car c est une méthode beaucoup plus exigente pour le chercheur probablement et qui nécessite une formation que le système éducatif actuel n a pas les moyens d
offrir.

On peut reprocher à l article de ne pas faire de distinction entre douleur et souffrance , K. Lorenz en fait une analyse succinte dans son etude de la locomotion chez l etre vivant.
la mise en évidence de douleur chez un être vivant repose sur l existance de comportements réflexes ( dont le celui de fuite ) la douleur existe donc même chez les protozaires ( amibes fuyant un
milieu de température défavorable ou nutritivement insuffisant , etc... )
La douleur est un message sensitif relayant un dommage physique , on peut donc critiquer que chez le protozoaire la distinction douleur souffrance n est pas pertinente , et on peut qualifer les
reflexes de fuites de ceux ci indifférement comme souffrance ou douleur , cependant l étude des métazoaires doit conduire à qualifer le comportement des protozoaires comme douleur et non souffrance
pour des raisons ontologiques.
La souffrance est une représentation d une situation réelle ou fictive à l origine de douleur ou de stress physiologique. Elle est mise en évidence facilement si il existe un système nerveux très
hierarchisé ( pas celui des insectes par exemple ou le système nerveux est peu centralisé , mais plutot celui des mammifères et ce d autant plus que le système nerveux central y est developpé ). La
souffrance est donc une double peine : puisque on peut souffrir sans douleur , et quand on a mal souvent on finit par souffrir tot ou tard :
et si la douleur etait un dieu puissant et "maléfique" qui nous sussure à l oreille " reste en vie , reste en vie , reste en vie ..." même lorsque cela devenait logiquement irréalisable.

La tension biologique entre souffrance et douleur , n est donc que le reflet
de la tension philosophique entre savoir et pouvoir , ou meme plus spécifiquement en matière de religion , la tension entre mal et le bien , ou le mal serait esprit ( système nerveux central ) et
le bien serait matière (le corps sans le SNC) , concus comme artificiellement séparés mais qui sont en réalité une seule entité au sein de laquelle existent des tensions ( voir systèmes de feed
back physiologiques dans tous les organismes vivant métazoaires , et plus particulièrement ceux avec un système nerveux central )


cepheides 26/11/2010 18:39



Bonjour et merci de votre lecture. Je partage tout à fait l'analyse que vous faites de l'oeuvre de Lorenz. Dans ce sujet - traité très simplement, peut-être trop -
il me paraissait difficile d'entrer dans une approche trop spécialisée : je souhaitais seulement montrer que, contrairement à ce que pensent beaucoup de nos contemporains, la Nature se moque
complètement des "sentiments" humains et qu'à ne pas le comprendre on revient toujours plus ou moins à un anthropomorphisme mal compris. Que, en d'autres termes, la Nature relève d'une approche
essentiellement utilitaire où les "bons sentiments" des morales humaines n'ont guère de place.


Dans un autre sujet ("l'agression", février 2008), j'avais cherché à approfondir un peu plus ces notions en citant notamment longuement Lorenz qui explique combien
le fossé est grand (et se creuse sans cesse) entre notre part génétique et comportementale par rapport à l'accumulation des connaissances et des techniques dont nous disposons aujourd'hui. Je
souhaitais alors insister sur la capacité de nuisance de l'espèce humaine qui possède à présent des pouvoirs de destruction qui ne sont pas en rapport avec son évolution biologique forcément
beaucoup plus lente. D'où - c'est peut-être une des explications - le monde absurde dans lequel nous vivons...


Je vous remercie en tout cas de votre très intéressante analyse et espère vous revoir prochainement sur ce blog !



anonyme 12/12/2008 16:06

quand je vois un reportage sur les animaux souvent je zappe car je ne supporte pas la vue d'animaux se faisant massacrer gratuitement toutes cette souffrance me rend folle.

cepheides 13/12/2008 12:39


Puisque vous évoquez la souffrance "gratuite" des animaux, c'est que vous faites allusion aux massacres d'animaux perpétrés par l'homme (bébés phoques, requins,
rhinocéros, éléphants, etc.) : je vous comprends parfaitement et, comme vous, je suis scandalisé par ces comportements ignobles qui n'ont d'autres buts que pécuniers (souvent alliés à des
superstitions imbéciles). En revanche, dans la Nature, lorsqu'il existe des luttes entre animaux, il s'agit alors d'une simple compétition pour la survie de l'ensemble. Il y a bien sûr de la
souffrance mais elle n'est pas gratuite, les animaux n'agissant jamais par sadisme ou appât du gain - propre de l'Homme - mais seulement avec indifférence comme le suggère le sujet...


Uthane 19/06/2008 09:18

Bravo, je trouve cet article passionnant et trés bien écrit. Super blog !!

Henri L. 15/06/2008 13:15

Excellent article dont je prends connaissance tardivement... A sa lecture, je me pose la question suivante : ces comportements des animaux traduisant une indifférence complète aux conséquences des actes de chacun peuvent-ils se retrouver dans les sociétés humaines ? Qu'en pensez-vous ?

cepheides 15/06/2008 13:33


Il s'agit là, Henri L., d'une question extrèmement complexe qui relève plutôt de la philosophie (ce qui est d'actualité puisque que les épreuves de philo du bac ont
lieu demain !). Sans vouloir entrer dans une polémique délicate (la question agite les philosophes et autres "grands penseurs" depuis des siècles), je pense pour ma part que l'Homme étant un animal
(certes évolué au plan psychique), il doit bien exister chez lui cette propension à défendre d'abord ses propres intérêts avant ceux des autres êtres vivant sur la même planête que lui. Toutefois,
son degré de "conscience" (et notamment de projection dans le futur) étant plus développé, il a su bâtir des civilisations - et donc une culture - qui lui permettent de se distancier quelque peu
d'une approche exclusivement mécaniciste et fonctionnelle. C'est la raison pour laquelle, dans toutes les civilisations un peu développées, il cherche à protéger les faibles ou les défavorisés.
Plus encore, l'Homme a su prendre la mesure (au moins en partie) des conséquences de ses propres actions sur son environnement. Il n'en reste pas moins que cette prise de conscience a ses limites
comme on le voit bien avec la transformation importante (et, disons-le, égoïste) du monde qu'il occupe. Tout est une question de mesure : plus sa civilisation progresse et plus il aura conscience
des dégâts (peut-être inévitables) qu'il fait subir au monde. Au bout du compte, que fera-t-il de sa relative toute puiissance ? Impossible de répondre pour le moment...


Adri 07/06/2008 11:15

Wow, pas terrible la photo du zèbre. :/

+

serge 04/06/2008 21:04

+5 du soir , quel climat sordide , cette année les insectes sont peu nombreux sur les arbustes mais les champignons et maladies cryptogamiques risquent fort de se développer avec cette humidité

Mamour :0044: 04/06/2008 17:10

Salut, je viens de m'attarder sur cet article passionnant...
Un petit regret somme toute, qu'il ressemble beaucoup à un chapitre de cours de fac et que, de part sa longueur, il soit un tantinet indigeste. Mais la thématique que tu as choisie ainsi que son mode de traitement sont de grandes qualités. Félicitations...
Bonne fin de journée ;-)

cepheides 04/06/2008 18:20


Merci, Mamour, de ton soutien. Deux "petites" remarques pour te répondre. Je doute personnellement que l'article tel qu'il est écrit puisse un jour faire l'objet d'un
cours de fac car il me paraît trop "politiquement incorrect". Cela dit, si c'était le cas, j'avoue que j'en serais plutôt flatté... Concernant sa longueur, hélas, je vois mal comment "faire plus
court" sans dénaturer le fond du sujet. Je sais qu'à une époque où les informations scientifiques sont délivrées sous forme de "brêves", de "résumés" voire même parfois de bandes dessinées, il
paraît quelquefois difficile de lire des textes un peu longs jusqu'au bout... Mais, après tout, ce genre de littérature s'adresse préférentiellement aux personnes intéressées et je reste persuadé
que, comme toi, elles prendront le temps de lire... et de critiquer !


KreMa 03/06/2008 18:37

Bonjour,
désolée de ne pas être venue plus tôt : je prépare mes exams, donc en ce moment je n'ai pas le temps de surfer sur le net.
Merci de me tenir au courant des MAJ.
Je trouve cet article très intéressant. D'ailleurs j'ignorai l'existence de cette espèce de guêpe !
Je repasserai, dans quelques temps.
A bientot

Stef et Mimile 03/06/2008 16:46

Salut,

Merci de ton soutien et de tes votes...j'apprécie aussi la critique et les conseils...

Ici, je trouve un blog très intéressant qui traite des sujets différents mais qui se rejoignent en un point commun, les sciences!

Personnellement, j'aime beaucoup la cosmologie...a quand un article sut les découvertes de phoenix...

Bonne continuation
A+ stef

Chatou(DCP) 03/06/2008 15:49

Merci de ton passage sur mon blog et merci pour tes votes
Ton site est génial et très instructif
Passes une agréable journée
Gros Bisoux x x

eloïse 01/06/2008 13:19

Magnifique article, bravo pour toutes ces informations intéressantes!!

Cécile 31/05/2008 19:37

Bonsoir

Je ne suis pas sûre que le comportement humain soit si altruiste que cela......ne s'agit-il pas en fait de négocier dans le temps un avantage ?

La photo de Yann qui figure dans l'article n'est pas celle d'un Sphex, mais bien celle d'un Cerceris (comme il le souligne lui même dans son blog) et pour cette espèce, je ne suis pas sûre que les proies introduites dans le nid soient encore vivantes. Mais tout cela est du détail.....
Pour illustrer la capacité étonnante de certains insectes à effectuer des paralysies très contrôlées, on peut visionner ce film :
http://www.bgu.ac.il/life/Faculty/Libersat/movies/Wasp_movie_short.mpg
(le film initial, bien plus complet n'est hélas plus accessible gratuitement sur le site de Nature : http://www.nature.com/news/2007/071129/full/news.2007.312.html )
concernant la même espèce, il y a aussi celui là : http://www.youtube.com/watch?v=qEwaHPQfBpQ&NR

cepheides 01/06/2008 13:51


Je vous remercie pour les renseignements très intéressants que vous fournissez et pour l'intérêt que vous avez porté à ce sujet. J'ai par ailleurs bien noté que les
photos illustrant l'article étaient celles d'une variété de guêpe voisine de celle que je cite dans le texte. Comme vous, je reste extrêmement sceptique sur l'altruisme, notamment humain : en
effet, lorsqu'on creuse un peu le phénomène, on s'aperçoit que les motivations des uns et des autres sont loin d'être aussi gratuites qu'il y paraît et que la recherche de bénéfices secondaires
(plus ou moins consciente) est presque toujours présente...


B.Secret 31/05/2008 13:39

JE RESTE A CHAQUE VISITE,PONTOISE DE TOUT CE TRAVAILLE.....LE MONDE ANIMAL,IL Y'EN A A EXPLORER....BIEN A TOI..A BIENTOT,,,???

kassie95 30/05/2008 23:40

c'est toujours un plaisir de lire tes articles, bon week-end

serge 30/05/2008 21:06

on pourrait aussi dire
La faim justifie les moyens


+5 du soir , bon samedi

B.Secret 29/05/2008 17:58

mais ce n'est pas possible,a chaque fois que je passe,je vois des lignes,des lignes.........les textes si ils sont de toi,sacré boulot,et meme au quel cas non,sacree boulot tout de meme.......bien a toi....

neophema 29/05/2008 17:13

Bonjour,
Hier je suis allé dans les Ardennes Belge, près de la Baraque de Fraiture. (un des points les plus élevés de Belgique). Je savais y trouver un élevage de bisons et je voulais les monter à mon petit fils. Surprise, parmis les bisous se trouvait une femelle de sanglier avec quatre marcassins, elle a fait semblzant de rien et elle s'est éloignée tout doucement comme si de rien n'était pour rejoindre avec sa progéniture les bois bordant la prairie ou ses jeunes seraient en sécurité.

L'Homer 29/05/2008 10:34

A la différence des animaux (ou du moins de la plupart d'entre eux), l'homme a un pouvoir d'abstraction et donc d'imagination.
Cela peut le conduire à s'extraire de la réalité jusqu'à la nier quand elle dérange. Ce pouvoir d'abstraction lui permet aussi de se projeter dans le temps en réalisant que sa mort est inéluctable (je me souviens encore du jour le plus triste de ma vie d'enfant où j'ai réalisé cela !). Alors pour échapper à cette réalité, l'homme invente un "au-delà" ! Il arrive même à penser parfois que la "cruauté" de la nature, quand elle se manifeste" est une épreuve pour mériter de cet "au-delà" !
Le pouvoir de l'homme de se projeter dans l'avenir, lui permet d'apprécier ce qui est favorable à long terme, parfois en parfaite contradiction avec le court terme, d'où la distinction entre le "bien" et le "mal". C'est le fondement même de la société et de ses "us et coutumes", qui varient selon l'expérience des peuples.
Les animaux vivent simplement le temps présent et voient la nature telle qu'elle est, à savoir indifférente au devenir d'une espèce particulière et encore moins d'un individu. Alors c'est la lutte perpétuelle pour survivre, ce qui conduit certains d'entre eux à se regrouper pour accroître leur chance de survie.
Ceux qui nient cette réalité appartiennent à la même catégorie que ceux qui demandaient à Galilé d'abjurer que la terre tournait autour d'elle même.
O' Day

serge 28/05/2008 21:11

l'année dernière dans ma région , il y a eu une invasion de chenilles qui tissaient des toiles de façon à heberger des colonies de plusieurs centaines d'individus au m² ,les fils étaient resistants et presqu'impossibles à rompre .Les arbustes feuillus les plus touchés étaient les fusains sauvages et malgré cela cette année , aucune invasion ne se fait sentir , c'est cyclique .
+5 du soir

neophema 27/05/2008 17:53

Bonjour,
Très bel article que j'ai fortement apprécié. il m'a rappelé un souvenir, très jeune débutant à la pêche, j'avais un ami beaucoup plus âgé que moi et très bon pêcheur, souvent il m'a dit " tu penses en homme pas en poisson et tant que ce sera comme cela tu ne seras jamais un bon pêcheur ". J'ai changé ma façon de penser et je suis devenu un bon pêcheur.
Amitiés.
Etienne

cepheides 27/05/2008 18:22


Effectivement, Etienne, comment "penser" comme un animal ?


Anna 27/05/2008 17:38

Excellente cette série d'articles qui réveille en nous toutes sortes de questions...
Apprendre à connaître la nature, c'est apprendre à Nous connaître...
Les questions qu'Elle nous pose lorsque nous l'observons nous envoient au sens de Notre existence...

Nath 25/05/2008 23:11

la photo de la toile d'araignée est absolument impressionnante !!!!
je te souhaite une belle soirée ainsi qu'un tres bon debut de semaine
bisous
nath

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