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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 16:29

placentaire Canis lupus

marsupiaux kangourou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      La disparition des grands sauriens date de – 65 millions d’années et elle s’est faite rapidement, en quelques milliers d’années, ce qui est très court comparé à leur règne qui s’étale sur plus de 150 millions d’années. On a expliqué dans des sujets précédents combien il était probable que cette disparition a été hâtée par la chute d’une météorite géante sur des populations déjà en déclin (voir sujets : la disparition des dinosaures et l'empire des dinosaures). Quoi qu’il en soit, une niche écologique majeure s’est trouvée libérée pour des successeurs potentiels qui vivaient jusque là dans l’ombre, les mammifères.

 

     Il est néanmoins intéressant de noter qu’une compétition s’engagea assez rapidement entre deux types de mammifères : les placentaires et les marsupiaux, l’Evolution ayant donné dans chacun de ces deux groupes des individus également armés comme on le verra ensuite (on parle alors d’évolution parallèle, c’est-à dire l’acquisition de caractéristiques semblables dans deux espèces occupant un même espace, à ne pas confondre avec une évolution convergente qui donne des attributs identiques à deux populations existant à des époques ou dans des écosystèmes différents).

 

 

Placentaires et marsupiaux

 

     Les mammifères sont pratiquement contemporains des dinosaures. dinosaures-jpg.jpgToutefois, dès le début, la suprématie des grands sauriens se révèle indiscutable et les mammifères doivent se contenter de la portion congrue : à cette époque, ils sont représentés par de petits vertébrés à sang chaud (dont certains possèdent une fourrure) et qui, vivant principalement la nuit, se nourrissent d’insectes, de vers et parfois… d’œufs de dinosaures.

 

     Tout change pour les mammifères à la fin du crétacé, très précisément lors de ce que l’on nomme la " limite KT ", où une extinction massive touche nombre d’espèces vivantes, au premier rang desquelles les dinosaures. On entre alors dans le cénozoïque (ancienne époque tertiaire) dont les premiers millions d’années sont le paléogène et c’est à partir de cette époque lointaine que va se développer la « radiation » des mammifères, c'est-à-dire leur conquête de tous les milieux laissé vacants par leurs gigantesques prédécesseurs. Rapidement deux sous-classes de mammifères apparaissent, les placentaires et les marsupiaux, vraisemblablement à partir d’une souche commune originaire d’Amérique du nord, et probablement en raison, à cette époque, de l’isolement  des continents (voir le sujet : dérive des continents ou tectonique des plaques), ils ne rentreront véritablement en compétition que plus tardivement.

 

 

          *  mammifères marsupiaux

 

     Chez les marsupiaux (du grec marsipos = sac), la femelle possède une poche ventrale dans laquelle, peu après sa naissance, se développe son petit. En effet, point important, après environ 3 semaines,  l’enfant marsupial se retrouve extériorisé sous la forme d’un fœtus très primitif aupoche-marsupiale.jpg point que certains scientifiques l’ont baptisé « larve marsupiale ». L’enfant devra donc procéder à son développement définitif dans la poche externe de sa mère. C’est dire que cette croissance - qui prendra plusieurs mois - laisse la femelle et son petit très vulnérables à la prédation.

 

     Il existe encore aujourd’hui un peu moins de 300 espèces différentes de marsupiaux, notamment des kangourous (mais dont le nombre d’espèces est passé en 150 ans de 42 à moins de 15). Les kangourous sont les plus grands marsupiaux toujours vivants mais, au paléogène et jusqu’à assez récemment, existaient des espèces bien plus grandes, parfois de la taille d’un hippopotame, herbivores (comme le diptrodon ou le Nototherium) ou carnivores comme le thylacosmilus qui était une sorte de tigre à dents de sabre marsupial dont le poids pouvait dépasser les 100 kg.

 

 

          *  mammifères placentaires

 

     Ils représentent l’immense majorité des mammifères et c’est de ce groupe d’animaux dont nous sommes issus. A la différence des marsupiaux placenta-2.jpgque nous venons d’évoquer, les placentaires – comme leur nom l’indique – ont une gestation totalement intra-utérine : les petits sont ainsi bien plus longtemps protégés de toute agression extérieure en  se développant au sein d’un sac interne à la mère, le placenta. La liaison avec celle-ci se fait au moyen du cordon ombilical et du liquide amniotique dans lequel baigne le petit : il s’agit donc là d’une protection maximale mais pas seulement car le placenta a bien d’autres rôles. Il permet en effet une nutrition complète en différents éléments (sucres, minéraux, acides aminés, etc.) mais aussi une certaine fonction respiratoire, le recyclage des déchets (fonction excrétrice) et une activité hormonale (fonction endocrine). Signalons aussi que le placenta a un rôle majeur en immunologie en assurant une barrière entre l’enfant et le monde extérieur. On comprend donc aisément que la gestation paraît mieux protégée chez les placentaires que les marsupiaux. Cela explique-t-il la plus grande réussite des placentaires dans leur colonisation de la Terre ? En effet, ils sont présents partout dans le monde, non seulement sur la terre ferme mais aussi dans les océans (cétacés) et même dans l’air (chauve-souris ou chiroptères dont on oublie souvent que c’est le deuxième « ordre » de mammifères le plus nombreux, juste derrière les rongeurs).

 

 

Compétition entre mammifères

 

     A la fin du crétacé n’existaient probablement que 200 à 300 espèces de mammifères regroupées en un peu moins de 30 familles dont 1/3 était représenté par les placentaires, 1/3 par les marsupiaux, le dernier tiers relevant d’espèces n’ayant pas survécu. A cette époque, les donnes étaient équivalentes entre les deux grands groupes de mammifères. Survient alors la disparition des dinosaures et la radiation évolutive (on peut même parler « d’explosion évolutive ») des mammifères qu’on retrouve partout en quelques dizaines de milliers d’années. D’un point de vue très schématique, on peut dire que les placentaires ont surtout dominé les continents du nord tandis que les marsupiaux se trouvent en position de force dans l’hémisphère sud (à l’exception du continent africain où ils n’ont jamais été présents).

 

     C’est à la fin du trias que le supercontinent occupant jusque là la Terre, la Pangée, commence à se fractionner. On peut supposer que cette pangee-au-paleogene--40-Ma.jpgdislocation a permis durant longtemps la non-communication et donc l’absence de compétition entre les deux grands groupes de mammifères. Vient alors la formation de l’isthme de Panama qui permet l’irruption des placentaires vers le sud où ils vont progressivement remplacer les marsupiaux. D’un point de vue anatomique, les marsupiaux n’étaient pas réellement désavantagés ; le tigre marsupial à dents de sabre (thylacosmilus) devait certainement être aussi redoutable que son cousin placentaire, le smilodon. Pourtant rapidement les placentaires triomphent, ne laissant en Amérique du sud que quelques rares niches écologiques aux marsupiaux. Pour expliquer ce succès, la seule explication qui vient à l’esprit est celle de la différence liée à la gestation des petits qui, comme on l’a vu, semble plus performante chez les placentaires.

 

     L’Australie, restée isolée, est le dernier continent où dominent les marsupiaux. C’est à l’Homme que l’on doit la triste réalité du déclin des marsupiaux sur ce continent. La colonisation humaine coïncide avec l’introduction de mammifères placentaires tels certains herbivores, le chat, le lapin, etc. qui vont progressivement faire régresser les espèces autochtones endémiques. Ajoutons à cela une lutte sans discernement, pour des raisons essentiellement économiques, contre les marsupiaux : ces espèces sont aujourd’hui protégées mais il est déjà trop tard pour nombre d’entre elles (on pense notamment au chien marsupial dit loup de Tasmanie dont le dernier représentant fut exterminé en 1936).

 

 

La compétition interspécifique, fer de lance de l’Evolution

 

     Si l’on met de côté le rôle néfaste de l’Homme en Australie dont la prédominance exclusive a rompu la stabilité de l’écosystème naturel, force est de constater que partout où les marsupiaux ont rencontré les placentaires, ce sont ces derniers qui ont pris le dessus. Certes, il s’est parfois agi de dissemblances morphologiques et comportementales : le Tylacosmilus.jpgtigre marsupial à dents de sabre par exemple, était dans l’ensemble moins rapide et moins lourd que le smilodon, son concurrent placentaire. Cela n’explique toutefois pas tout. La vraie différence entre ces différentes espèces réside dans le mode de gestation, forcément défavorable comme on la vu, aux marsupiaux. L’Evolution, on l’a souvent répété, entraine la survie du plus apte, celle de l’individu le mieux adapté à son milieu et, de ce point de vue, les marsupiaux partaient avec un handicap.

 

     La gestation marsupiale, par exemple, oblige à une ossification plus précoce de la boîte crânienne ce qui limite forcément le développement du cerveau de l’individu. De la même façon, la croissance de l’embryon dans une poche externe empêche l’apparition d’individus de grande taille : impossible d’imaginer une baleine marsupiale ! Or, on sait que le développement de la taille d’un individu est un élément important dans la compétition interspécifique…

 

     C’est également la raison pour laquelle on ne retrouve pas de grands primates marsupiaux (je ne dis pas que cela était impossible – il existe des primate.jpgmarsupiaux d’assez grande taille – mais seulement bien plus improbable). On peut affirmer au bout du compte que, si les marsupiaux avaient pour une raison quelconque dominé leurs cousins placentaires, jamais l’Homme et son gros cerveau n’auraient vu le jour. L’Evolution se serait dirigée dans une autre direction et nous ne serions pas là pour en parler.

 

 

 

Images

1a. loup (canis lupus) (sources : fr.academic.ru)

1b. kangourou (sources : www.dinosoria.com)

2. dinosaures (sources : s2.e-monsite.com)

3. larve marsupiale (sources : www.mnhn.fr/)

4. foetus dans son placenta (sources : medicalimages.allrefer.com)

5. dislocation de la Pangée (sources : www2.ggl.ulaval.ca)

6. Thylacosmilus ou tigre marsupial à dents de sabre (sources : fr.wikipedia.org)

7. primate (gorille) (sources : pin.primate.wisc.edu)

(Pour lire les légendes des illustrations, passer le pointeur de la souris dessus)

 

 

Mots-clés : disparition des dinosaures - mammifères placentaires - mammifères marsupiaux - évolution parallèle - évolution convergente - crétacé - limite K-T - cénozoïque - paléogène - radiation évolutive - larve marsupiale - thylacosmilus - Pangée - smilodon - loup de Tasmanie

  (les mots en blanc renvoient à des sites d'informations complémentaires)

 

 

 

  Articles connexes sur le blog :

 

* l'empire des dinosaures

* la disparition des dinosaures

* les mécanismes de l'évolution

* la dérive des continents ou tectonique des plaques

 

 

 

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 Mise à jour : 11 juillet 2013

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Published by cepheides - dans paléontologie
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commentaires

Franck Aymère 28/02/2011 20:33


Merci de votre réponse, cependant il faut revenir sur le deuxième point, car je vous ai écrit : « vous avancez comme acquis que les placentaires n'étaient pas présents en Australie… » et vous
répondez : ai-je « … affirmé quelque part dans le texte que les marsupiaux n'étaient pas présents dès l'origine en Australie ». Je parlais bien des placentaires, mammifères évolués et non des
marsupiaux. Or il se trouve que des restes de placentaires ont été trouvés en Australie, contemporains des marsupiaux qui auraient alors gagné la bataille évolutionniste.
Je verrai ce que je peux trouver sur le cerveau marsupial (école d’Alfort ?)
Cordialement et encore merci.
FMR


cepheides 22/06/2017 18:01

J'avoue que l'explication est plutôt surprenante ! Pour le moment, la plupart des scientifiques pense que si les placentaires n'ont pas supplanté les marsupiaux en Australie, c'est qu'ils ne sont jamais arrivés sur ce continent en raison de la tectonique des plaques qui a séparé ce dernier du reste du globe. De la même façon, mais à l'inverse, on sait aujourd'hui que les marsupiaux n'ont jamais mis le pied (pardon, la patte) en Afrique en raison précisément de cette dérive des continents...

JM Nicolas 28/05/2017 08:46

Entendu sur Arte: Les marsupiaux auraient survécus aux placentaires en Australie à cause des sécheresses. Un placentaire ne peut arrêter sa gestation et ne survivra pas à la sécheresse alors qu'un marsupial peut arrêter d'investir en se débarrant de son foetus est survivre à la sécheresse.

cepheides 01/03/2011 17:09



Autant pour moi : je n'avais pas bien lu votre question et je m'en excuse. Effectivement, les placentaires ont rayonné - semble-t-il - à l'ensemble du globe (mais
également, en définitive, les marsupiaux dont on a retrouvé des restes fossiles jusqu'en Europe et en Chine) et notamment en Australie. Sur ce continent, ils n'ont pas supplanté les marsupiaux,
bien au contraire, et, avant l'arrivée de l'Homme, il ne restait pour les représenter que quelques rongeurs et quelques chauve-souris. Pourquoi ? La question n'est pas claire et la littérature
peu abondante sur le sujet (probablement parce que nous n'avons que très peu de certitudes). Voilà l'extrait d'un article que j'ai glané sur le web :


" ...Pourtant, les Placentaires ont bien cohabité avec les Marsupiaux au début de l’Eocène. Mike Archer et ses collègues de l’université de New South Wales ont
mis au jour dans un gisement australien, situé à Tingamarra, une dent de Placentaire datée de – 55 millions d’années. On ignore pourquoi ces premiers Placentaires se sont éteints en Australie
alors que les Marsupiaux s’y sont largement développés. Sur le continent américain, c’est la tendance inverse qui s’est produite. De nombreuses espèces de Marsupiaux se sont éteintes tandis que
les Placentaires ont peu à peu occupé l’ensemble des niches écologiques. Là encore, la théorie la plus communément admise est que les grands carnivores ont supplanté les grands marsupiaux
carnivores. En Amérique du Sud, seuls les petits marsupiaux omnivores auraient pu survivre à l’invasion. La théorie est plausible mais non totalement confirmée. Certes, la voie placentaire
présente de sérieux avantages mais aussi des inconvénients. Toute gestation démarrée doit être menée à terme quelles que soient les conditions extérieures. La protection des jeunes, quand il y en
a une, demande beaucoup d’énergie et donc de ressources alimentaires. Par contre, les nouveau-nés placentaires se développent beaucoup plus vite et donc la reproduction s’effectue à un rythme
plus rapide... " (sources : http://beaujarret.fiftiz.fr )


Je pense quand même - mais ce n'est qu'un avis personnel - que les placentaires, en raison de leur mode de gestation, possédaient un petit avantage sur les
marsupiaux... mais alors, l'Australie ? Là, je ne sais pas répondre : le hasard ? Un facteur extrinsèque ? Une catastrophe naturelle mais de quel type ? Il faudra attendre de nouveaux travaux
pour, peut-être, se faire une idée.


Quoi qu'il en soit, je vous remercie pour cet excellent dialogue qui m'aura permis de chercher plus avant dans la littérature sur ce passionnant sujet.


 



Franck Rimboeuf 20/02/2011 11:00


Bonjour, j'ai lu avec intéret votre article mais un point m'a amusé : 65 millions d'années avant JC ça fait combien d'années à partir d'aujourd'hui !!!?
Deuxièmement vous avancez comme acquis que les placentaires n'étaient pas présents en Australie ; comment imaginez-vous cette absence possible ? Vous lancez 10 billes blanches et dix billes noires
mélangées et comme par hasard elles se séparent en deux groupes distincts géographiquement. D'autant plus qu'il a été trouvé des restes de placentaires en Australie.
Troisièmement, puisqu'il en faut un, je voulais en connaître un peu plus sur le cerveau des marsupiaux et je n'ai rien trouvé. Avez-vous des informations ?
Cordialement FMR


cepheides 28/02/2011 17:42



Bonjour et merci de votre intervention. Je voudrais tout d'abord m'excuser pour vous répondre aussi tardivement (surcharge de travail durant quelques jours) ce dont
j'espère que vous ne  me tiendrez pas rigueur... Concernant vos remarques et pour les reprendre dans l'ordre :


1. Effectivement, vous avez raison, "65 millions d'années avant JC" a une apparence quelque peu drolatique : il s'agit d'une maladresse, bien sûr, et je vous
remercie de me l'avoir signalée; comme vous le savez, il est extrêmement difficile de se relire et, parfois, on laisse subsister certaines coquilles : j'ai donc rectifié le texte !


2. Vous me signalez aussi que j'ai affirmé quelque part dans le texte que les marsupiaux n'étaient pas présents dès l'origine en Australie et j'avoue être resté
perplexe puisque c'est le seul continent où ils sont restés dominants jusqu'à nos jours. Pour en avoir le coeur net, j'ai relu l'article avec attention mais n'ai rien retrouvé de la sorte. J'y
précise seulement que jamais les marsupiaux n'ont pénétré en Afrique : peut-être est-ce avec cet autre continent qu'il y a eu confusion ? En tout cas, je vous confirme bien que les marsupiaux ont
surtout été présents dans le sud de la Terre, et donc en Australie dès le début...


3. le cerveau des marsupiaux : comme vous, je suis étonné de voir le peu de renseignements que nous possédons sur le sujet : aucun article sur la question dans les
médias que j'ai consultés (encyclopédies Universalis et Britannica, les revues la Recherche, pour la science, etc.) et, bien sûr, rien de pertinent sur Internet. Il est vraisemblable que quelque
chose a bien été écrit sur  cette question (ne serait-ce que dans les revues spécialisées de médecine vétérinaire) mais je n'ai pas été capable de le trouver... Bizarre, effectivement. Si
vous arrivez de votre côté à en savoir un peu plus, ce serait très aimable de votre part de me le signaler.


Quoi qu'il en soit, je vous remercie sincèrement de votre intervention et espère avoir le plaisir de vous retrouver prochainement sur ce blog.



duranton 28/01/2011 17:04


merci pour ces précisions


J.V 17/01/2011 11:56


Bonjour , encore désolé pour ma question farfelue à propos du système imun des Marsupieux .

Je suis tombé sur une thèse de médecine vétérinaire ,
http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=147


Un court chapitre ( P41 à 42 ) répond suffisement à ma question et montre qu elle n est pas fondée, ou en tout cas que c est plutot l inverse que ce que j imaginais :

Les marsupiaux sont des immunodéprimés à la naissance et aussi à l age adulte plutot que des animaux avec un super système immun, ou un système immun suractivé ( pas de thymus , déficit de l
immunité cellulaire ( pas de CMH 1 , ).

Je me rend compte que ma question était beaucoup trop imprecise pour avoir une réponse claire .

Merci.


cepheides 17/01/2011 15:18



Grand merci pour vos précisions sur le système immunitaire des marsupiaux dont il est exact que peu de documents le décrivent...



Henri L. 14/01/2011 16:55


Bonjour Cepheides et merci pour cet intéressant sujet que j'ai lu avec attention. Je me pose la question suivante : il semble que les marsupiaux aient vu le jour en Amérique du nord et les
placentaires en Asie (c'est ce que nous dit l'encyclopédie) avant de coloniser ensemble le reste du monde. Ma question est la suivante : puisqu'au début ils vivaient côte à côte, sur des continents
encore jointifs, comment se fait-il que les mammifères n'aient pas complètement supplanté les marsupiaux dès cette époque ? Ou, dit d'une autre manière : pourquoi a-t-il fallu attendre la création
de l'isthme de Panama, bien plus tard, pour observer la "victoire" des placentaires en Amérique du sud ? Je vous remercie de cette éventuelle précision de votre part. Passionnant article de toute
façon.


cepheides 15/01/2011 19:52



Merci, Henri L., pour votre collaboration. Il est exact que, durant un certain temps, mammifères placentaires et marsupiaux ont vécu ensemble avant la formation (et
l'isolement) de certains continents. Toutefois, "un certain temps" doit être interprété en regard des âges géologiques : cela veut dire qu'il faut des milliers d'années pour qu'une "compétition"
entre deux types de vivants commence à donner des résultats. Il est probable que, à l'exception de l'Australie séparée assez tôt des autres et dans laquelle les placentaires ne se sont pas
installés, la séparation entre les continents du nord et du sud s'est faite avant que les placentaires n'aient pu éliminer les marsupiaux. Lors de la jonction entre Amériques du nord et du sud,
les placentaires ont progressivement remplacé les marsupiaux mais pas totalement puisque, on l'a dit, un certain nombre de ces derniers ont pu, au sud, survivre dans leur propre niche écologique.
Je pense qu'il faut garder à l'esprit que ces luttes de substitution portent sur des centaines de milliers d'années, un chiffre difficile à saisir pour notre cerveau. C'est d'ailleurs toute
l'importance du débat actuel sur le rôle délétère d'homo sapiens qui bouleverse les équilibres sur quelques dizaines d'années (20 ou 30 au maximum !) : l'exemple de l'Australie est encore là pour
nous le rappeler puisque, en quelques années, par l'introduction de placentaires prédateurs et par sa propre action négative, l'Homme a réussi à faire disparaître nombre d'espèces marsupiales...
avant que ne vienne (mais c'est déjà commencé) le tour de placentaires qui n'auront eu que la mauvaise idée de vouloir coexister avec lui...



J.V 13/01/2011 17:40


J ai lu votre article avec beaucoup d intérêt.

Je me pose suite à cela une question personnelle , à laquelle vous sauriez peut être répondre , j ai une formation médicale , mais concernant les animaux je suis beaucoup plus ignorant .

Vous signalez différentes choses qui m interpellent :
_ les marsupiaux sont en général moins grand / gros que leur cousins placentaires .
_les marsupiaux naissent prématurement , ce qui les exposent à un/des stress prématuré(s) ,

Et votre article souligne que le placenta est une barrière immunitaire qui fait bénéficier au foetus placentaire des protections immunitaires de la mère à 100 % jusqu à la naissance ou son
dévellopement est plus avancé que celui d un marsupial nouveau né,
Alors que le foetus marsupial doit plus vite se contenter d une protection maternelle moindre ( lait maternel qui contient seulement des immunoglobulines ).
On imagine donc que le système immunitaire doit se mettre en état de marche de facon beaucoup plus précoce chez un foetus marsupial que chez un placentaire .

Lorsque l on constate les conséquences de la mise en marche du système immunitaire : ( la plupart des nouveaux médicaments modernes sont des immuno-modulateurs : controler une maladie, agir sur les
symptomes c est souvent brider le système immunitaire , dont on s apercoit que le zèle sauve la vie, mais au prix de dégats collatéraux à plus ou moins long terme ).
Je pense également au fait qu aujourd hui la plupart des animaux d élévages recoivent des antibiotiques pour des raisons diverses ;
_ permettre l élevage dans des situations concentrationnaires ou les épidémies seraient dévastatrices sans antibiotiques .
_ également cela accroit le poid des animaux : autrement dit en évitant le stress immunitaire les animaux se dévelopent plus en taille et poid .

Par conséquent existe t il des articles qui étudient l activation du système immunitaire chez les marsupiaux , voir qui comparent la précocité de cette activation avec celle des placentaires ?
Ce qui d une certaine manière pourrait être un des freins de la croissance des marsupiaux , et peut etre cela serait aussi un des avantages séléctifs décisif dans ce que vous nommez compétition
interspécifique.

Excusez moi si ma question ne vous parait pas assez claire .
Mais dans une pratique médicale ou l on a de plus en plus de moyen de modifier le système immunitaire et ou l on considère de plus en plus que le fonctionnement spontané de celui ci est délètère (
d ou les innovations médicamenteuses modernes qui visent à controler celui ci ).
J ai donc été interpellé par les points ci dessus de votre article, et j aimerai savoir si à votre connaissance , cela à un sens d aborder le problème tel que je l ai fait, ou si c est une impasse
( l incidence de la précocité de l activation chez les marsupiaux par rapport aux placentaires et ses conséquences envisageables en terme de supériorité des placentaires sur leur cousins ) .
D autant que cela serait interessant pour se faire une idée de la direction que prennent les projets thérapeutiques de la médecine moderne : le jeu de la compétition ?

Merci pour votre article.


cepheides 14/01/2011 16:42



Bonjour et merci de votre intérêt pour l'article. Etant moi-même médecin libéral (mais, hélas, non spécialisé en immunologie) j'aurais vraiment souhaité répondre à
votre question sur la possible activation précoce du système immunitaire des mammifères marsupiaux. Ne connaissant rien de cette question, j'ai consulté différentes bases de données (notamment
américaines) sur Internet, puis, dans une approche plus générale, l'encyclopaedia Unversalis et enfin l'encyclopaedia Britannica : je n'ai trouvé aucune article (ni même une quelconque allusion)
en rapport avec ce sujet. J'en déduis que, soit ce sujet n'a jamais été vraiment exploré (ou bien, par exemple, chez un auteur australien, peut-être un spécialiste des kangourous, mais dont les
publications restent confidentielles), soit qu'il s'agit d'un thème hyperpointu réservé à quelques spécialistes uniquement accessibles par des bases de données très sélectives. Je ne peux donc
vous éclairer sur un point qui m'aurait également intéressé...


Pour revenir à l'article, ce que j'essaie de dire, c'est qu'un embryon est certainement mieux protégé par un placenta qui reste une barrière avec le monde extérieur
(même si elle n'est pas complètement imperméable) que par un marsupium (ou poche marsupiale) ouverte sur le monde, et, ce, à un moment où le développement de l'embryon n'en est qu'au début,
rendant ce dernier très sensible à toutes les modifications, même infimes, de son milieu. Le placenta n'est pas totalement imperméable, en effet, puisqu'on sait bien que nombre de molécules
peuvent le traverser d'où l'extrême prudence d'une prescription thérapeutique chez la femme enceinte. C'est quand même nettement mieux que chez la larve marsupiale qui, à quelques jours de vie,
se trouve projetée dans l'univers extérieur et qui doit, de plus, rechercher - souvent avec grande difficulté - la mammelle de sa mère à laquelle il restera accroché en permanence durant de
nombreux jours, le temps que sa bouche soit formée et qu'il puisse téter selon ses besoins...


Si, de votre côté, vous trouviez des informations intéressantes sur le système immunitaire des marsupiaux, je serai ravi que vous acceptiez alors de m'en donner les
références... A bientôt, j'espère.


 



Olivier 09/01/2011 20:55


Très instructif !
Bonne continuation à vous.


tiot 09/01/2011 00:21


salut
merci de nous éclairer sur la vie sur la terre
Je comprend bien maintenant la différence entre marsupiaux et placentaire et pourquoi ces derniers ont gagné sur le terrain
bonne soirée


duranton 08/01/2011 19:22


je crois comprendre que l'Australie n'a été peuplée que de marsupiaux ,alors qu'elle a fait partie de la Pangée...je me trompe peut-être...de même ,comment explique-t-on que Madagascar soit le seul
endroit où l'on rencontre les Lémuriens


cepheides 09/01/2011 17:31



Bonjour et merci de votre intervention. Effectivement, la Pangée au trias était un continent unique. C'est à la fin du trias (et ensuite) que la Pangée s'est
fractionnée. Il est vraisemblable que le nouveau continent Australie était uniquement peuplé de marsupiaux ce qui explique qu'il n'y ait pas eu compétition avec les placentaires qui se
développaient dans l'hémisphère nord. L'Amérique du sud présentait les mêmes caractéristiques mais, dans ce dernier cas, il y a eu secondairement accès de ce continent aux placentaires lors de la
formation de l'isthme de Panama qui permit la jonction Amérique du nord/Amérique du sud et donc compétition. Les mêmes mécanismes expliquent également l'isolement de Madagascar.



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