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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 16:41

 

 

 

 

                               

Hesy-Ré, médecin du pharaon (mastaba A3, Saqqarah, IIIème dynastie)

(sources : www.toutankharton.com/La-medecine-en-Egypte-ancienne)

 

 

 

     Durant l'année écoulée, quatre articles ont été publiés dans la section médecine et deux dans la section éthologie. On les trouvera ci-après brièvement résumés et selon leur ordre de parution. Bien entendu, le titre du sujet renvoie à l'article correspondant à l'aide d'un simple clic. En fin de rubrique, on trouvera également deux articles classés divers (biologie et physique).

 

 

Section médecine
  

          * L’homéopathie

     Technique presque exclusivement française (car peu pratiquée en dehors de nos frontières), l’homéopathie fait depuis longtemps l’objet d’âpres débats, le dernier datant d’il y a peu, lorsque le Ministre de la Santé alors en exercice proposa de dérembourser les médicaments de cette discipline. Désireux d’assainir (un peu) le déficit de la Sécurité sociale, le Ministre dût renoncer face à la levée de boucliers de certains assurés… et des industriels de la partie. Le sujet se propose de revenir sur ce que l’on sait de cette médecine « douce » et de chercher à évaluer son activité thérapeutique par rapport aux molécules traditionnelles.
Mots-clés :
Hahneman, allopathie, principe de similitude, dynamisation, succussion, placebo, double aveugle
Commentaires :
10

 

          * Cellules-souches
     Comment, à partir d’une seule et unique cellule formée à partir des éléments génétiques parentaux, peut-on arriver à la formation harmonieuse d’un individu composé de milliards de cellules différentes ? Grâce aux « cellules-souches » dont il existe différentes variétés. Sauvegarde de l’Humanité pour certains (on pourra recréer des organes et lutter contre nombre de maladies) ou piège diabolique pour d’autres (l’Homme se prend pour Dieu), ces cellules très spéciales posent indéniablement des problèmes éthiques. L’article revient sur leur principale classification, ce que l’on peut en attendre et l’état de l’actuelle législation les concernant.
Mots-clés :
cellule totipotente, cellule pluripotente, cellule multipotente, cellule unipotente, thérapie cellulaire, apoptose, éthique, législation, clonage thérapeutique, cellule souche embryonnaire

Commentaires : 3

 

          * Les grandes pandémies

     Les grandes épidémies, d’origine souvent inconnue, s’étendant d’un pays à l’autre sans que rien ne paraisse pouvoir les stopper, ont par le passé ruiné des civilisations et fait mourir des millions d’êtres humains. On en sait aujourd’hui un peu plus sur les agents vecteurs, les modes de propagation et les moyens éventuels de les enrayer. Est-ce à dire qu’elles ne peuvent plus se produire ? Rien n’est moins sûr…

Mots-clés : pandémie, grande peste, pandémie virale, grippe, grippe aviaire, SRAS, vaccination, cachexie
Commentaires :
7

Image : linternaute.com

 

          * Médecines parallèles et dérives sectaires
     Des centaines de techniques médicales plus ou moins confidentielles essaient de répondre aux problèmes insuffisamment traités par la médecine occidentale traditionnelle, jusqu’à, parfois, vouloir la supplanter. Le sujet revient sur la législation actuellement en vigueur à leur propos et cherche à faire la part des choses entre réel intérêt thérapeutique (prise en charge, effet placebo, etc.) et abus confinant au charlatanisme. En dernière partie, un certain nombre de ces médecines parallèles est sommairement décrit sans, bien sûr, être exhaustif.
Mots-clés :
santé, Ordre des Médecins, code de déontologie médicale, effet placebo, charlatanisme, témoins de Jéhovah, acupuncture, auriculothérapie, ostéopathie, naturopathie, réflexologie, iridologie, anthroposophie, biothérapie gazeuse, urinothérapie, kinésiologie, médecine ayurvédique, chromothérapie, cristallothérapie, gemmothérapie
Commentaires :
13

 

 

Section éthologie

 

          * L’agression 

     L’agressivité semble être – à de très rares exceptions près – le propre de toute vie sur cette Terre : agression vis-à-vis des autres espèces, évidemment, mais aussi envers des représentants de l’espèce de l’agresseur. L’homme ne fait pas exception à cette règle, on le voit tous les jours. S’appuyant sur les travaux de l’éthologue Konrad Lorenz (qui a écrit un livre sur la question et dont il est cité des extraits), l’article cherche à comprendre cette constante de comportement et, surtout, à savoir si cette agressivité, est un avantage ou un handicap pour les espèces vivantes.
Mots-clés :
Lorenz, Tinbergen, mécanisme inné, seuil de déclenchement, seuil d’activation, pression de sélection, agression interspécifique, agression intraspécifique, ritualisation, pariade, acquis culturel, phylogénèse
Commentaires :
10

 

          * Indifférence de la Nature
     Chaque jour, depuis que la Vie existe sur Terre, des millions d’êtres sont  sacrifiés sans que la souffrance ne leur soit épargnée : la Nature est-elle donc cruelle ? Non, répondent les scientifiques, seulement indifférente. A l’aide de deux exemple concrets, l’article revient sur cette notion et pose la question de savoir si l’Homme, intellectuellement le plus avancé des êtres vivants, est capable d’appréhender et de nuancer (même partiellement) une situation qui peut paraître choquante à ses yeux.
Mots-clés :
anthropomorphisme, Jean-Henri Fabre, guêpe fouisseuse, mygale, lion, sélection naturelle, comportement altruiste
Commentaires :
20

Image : www.dinosoria.com/

 

 

Section biologie

  

          * L’âme
     
L’âme – ici l’entité immatérielle propre à chaque être humain et qui lui survit après sa mort – est une notion essentiellement religieuse : on peut comprendre que, sans elle, aucune religion ne saurait évoquer les perspectives d’un « au-delà ». Mais, d’un point d’un point de vue scientifique, et notamment biologique, à quoi correspond-elle vraiment ? Chercher à cerner cette question est le but de ce propos.
Mots-clés : religion, ésotérisme, matérialisme, méiose, définition de la mort
Commentaires : 7

 

 

Section physique

 

          * Mécanique quantique
     Complémentaire de la théorie de la relativité générale avec laquelle, malheureusement, elle ne s’entend pas, la mécanique quantique s’intéresse essentiellement à l’atomique et au subatomique. Ses lois paraissent si étranges que peu la connaissent vraiment et encore moins la comprennent au point qu’on a vite fait de douter. Pourtant, la mécanique quantique a conduit à des découvertes exceptionnelles aux applications multiples et elle n’a jamais été prise en défaut. L’article souhaite expliquer, en termes les plus simples possibles, ce que représente cette science insolite. En addendum, court article sur le physicien Garrett Lisi qui prétend avoir décrypté… la « théorie du tout », une unification des deux physiques.
Mots-clés : conférence de Solvay, mécanique ondulatoire, nuage électronique, principe d’exclusion, non-localité, photon, décohérence, état de superposition, théorie du tout, chat de Schrödinger, effet-tunnel, Garrett Lisi
Commentaires : 5

 

                                                                               

Max Planck (1858-1947)

(sources : www.physics.gla.ac.uk/)



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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 15:17

 

   l'enfant et le triceratops (sources : www.greatexcursions.com)

 

 

 

 

     Durant l'année écoulée, douze articles ont été publiés dans la section paléontologie (la majeure partie des sujets concernant la théorie de l’évolution, cœur de la paléontologie). On les trouvera ci-après brièvement résumés et selon leur ordre de parution. Bien entendu, le titre du sujet renvoie à l'article correspondant à l'aide d'un simple clic.
 


          * Evolution et créationnisme
     Le point de départ de la paléontologie, c’est encore aujourd’hui, la contestation du créationnisme qui, pour des raisons essentiellement religieuses, cherche à jeter le trouble sur l’un des acquis majeurs de la science : la théorie darwinienne de l’évolution. Tous les esprits religieux, heureusement, ne tombent pas dans ce travers pitoyable. Pour les autres… On aura l’occasion de revenir plus en détail sur la question dans d’autres articles mais il convenait de partir du bon pied : c’est ce à quoi s’attache l’article.
Mots-clés :
créationnisme, théorie de l’évolution, Gould, trilobite, finalité, hasard
Commentaires : 6
 


          * Evolution de l’évolution
     Les mutations qui permettent la transmission modifiée d’un matériel génétique ne sont pas dues qu’au seul hasard. Si celui-ci reste primordial, il existe également des mutations épigénétiques, c’est à dire survenant hors de l’ADN proprement dit : des individus de même patrimoine génétique peuvent donc avoir des phénotypes (une apparence) sensiblement différents. A l’inverse des approches dogmatiques et sectaires, la théorie de l’évolution – comme la science elle-même – évolue sans cesse ce qui en fait toute la grandeur.
Mots-clés :
théorie synthétique de l’évolution, épimutations, Barbara McClintock, génotype, phénotype
Commentaires : 3

 

          * Le schiste de Burgess
     Extraordinaire document sur les premières étapes de la Vie sur Terre, la faune fossilisée dans ces dépôts, datant du cambrien il y a près de 530 millions d’années, conserve la trace de ses parties molles, ce qui est fort rare. On y trouve certes des lignées ayant donné des descendants actuels mais aussi des espèces aux caractéristiques originales qui ne se sont pas perpétuées. Réétudiés aujourd’hui en dehors de tout préjugé, ces animaux des premiers temps montrent que la sélection naturelle se fait au hasard, sans finalité particulière.
Mots-clés :
Burgess, Walcott, Whittington, explosion du cambrien, extinctions massives, sélection naturelle, contingence
Commentaires : 2

Image : les schistes de Burgess

 

          * Intelligent design
     Aux États-Unis (et ailleurs) ne peuvent être enseignées à l’école que les véritables théories scientifiques. Pour réintroduire le créationnisme, certains adeptes ont imaginé le « dessein intelligent » dont le substrat principal est que l’univers est si bien adapté à l’homme que cela ne saurait être par hasard… Malheureusement pour ces gens, ils ne s’agit toujours que d’une affirmation gratuite, sans aucune assise scientifique. Ce que les juges américains ont bien compris en n’autorisant pas l’enseignement de cette théorie pseudo-scientifique ailleurs que durant les heures de catéchisme. Cela ne décourage nullement les créationnistes : ne viennent-ils pas d’ouvrir aux USA un grand et riche « musée » où l’on voit homo sapiens chasser les dinosaures (alors que plus de 65 millions d’années les séparent) ? La vigilance est donc de mise, ce que rappelle l’article.
Mots-clés :
intelligent design, créationnisme, fixisme, transformisme, Darwin, Lamarck
Commentaires : 3

 

          * Les extinctions de masse
     99 % des espèces ayant un jour habité notre globe n’existent plus. Certaines d’entre elles ont été remplacées par d’autres, mieux adaptées aux changement d’environnement, mais beaucoup ont disparu en même temps, au cours d’événements gigantesques difficilement prévisibles (et d’ailleurs encore mal documentés) : on parle alors d’extinctions massives (elles sont au nombre de cinq). Après être revenu sur ce que l’on appelle une espèce, l’article décrit ces cinq grands cataclysmes en insistant plus particulièrement sur le dernier d’entre eux, survenu à la fin de l’ère secondaire et qui vit la disparition des grands sauriens. Il se pose enfin la question de savoir si la toute puissance actuelle de l’Homme ne risque pas d’entraîner une nouvelle extinction massive…
Mots-clés :
paléozoïque, ordovicien, dévonien, permien, mésozoïque, trias, jurassique, crétacé, cénozoïque, trapps de Sibérie, trapps du Deccan, Chicxulub, iridium, sixième extinction
Commentaires : 4

 

          * Réponses aux créationnistes
     Parfois de bonne foi face à une théorie de l’évolution qu’ils ont mal comprise ou, plus souvent, de mauvaise foi devant des vérités qui les dérangent, les créationnistes de tous bords avancent arguments spécieux et contre-vérités pour critiquer la théorie avancée par Charles Darwin. Certains de ces arguments sont puérils, d’autres plus élaborés et il convient de les aborder avec prudence. L’article passe en revue quelques uns de ces raisonnements plus ou moins subtils et, sans être exhaustif, se propose d’apporter quelques réponses purement scientifiques.
Mots-clés :
théorie de l’évolution, hasard, sélection naturelle, mutation, drépanocytose, endosymbiose, épigénèse, spéciation, éthologie, coévolution
Commentaires : 5

 

          * L’œil, organe-phare de l’évolution
     Comment un organe aussi complexe et spécialisé que l’œil a-t-il pu se construire sans qu’il y ait eu au départ une finalité : la vision des êtres vivants ? Cet argument a été repris maintes et maintes fois par les créationnistes pour nier l’évolution Darwinienne et la sélection naturelle. C’est l’occasion de revenir sur un mécanisme évolutif conduisant à une fonction ultra-spécialisée, un mécanisme qui ne relève en définitive que d’un simple déterminisme. L’article en profite pour s’attarder sur la vision des animaux, notamment celle de la couleur, et prend un exemple significatif, celui du chien.
Mots-clés : œil camérulaire, euglénophytes, gène-maître, acuité visuelle, perception des couleurs, vison des mammifères, vision du chien
Commentaires : 6

 

          * Neandertal et Sapiens, une quête de la spiritualité
     Deux espèces d’homo ont vécu côte à côte durant plusieurs milliers d’années. On sait à présent qu’ils n’étaient pas génétiquement compatibles et  ne pouvaient donc se métisser. Leur approche culturelle, quoique différente, était voisine et tous deux avaient acquis une certaine spiritualité, notamment vis-à-vis de leurs morts. Pourtant, Néandertal a disparu sans laisser de descendants, permettant à son cousin Sapiens – nous-mêmes – de régner sans partage sur le monde. Après une description physique et culturelle de Néandertal, l’article se propose de chercher les causes de la disparition de l’homme de Néandertal.
Mots-clés :
homo sapiens, homme de Néandertal, spiritualité archaïque, outils du paléolithique, pensée conceptuelle, causes de la disparition de Néandertal
Commentaires : 6

Image : l'homme de Néandertal (source : www.dinosauria.com)

 

          * Interlude (vingt fois sur métier…)
Ce texte est la réponse de l’auteur du blog, il y a quelques années, à la lettre d’un créationniste publiée dans l’hebdomadaire « Valeurs actuelles ».
Mots-clés :
créationnisme, obscurantisme, Darwin, théorie de l’évolution
Commentaires : 3

 

          * Les mécanismes de l’évolution
     Comme son titre l’indique, l’article se propose de revenir sur les principaux mécanismes de l’évolution. Après un bref rappel historique, le sujet aborde les principes de base et les différents mécanismes impliqués, non sans revenir sur la transformation de la théorie elle-même à la suite de l’avancée des connaissances scientifiques, notamment avec la montée en puissance de la génétique moderne. Reste le problème du rythme de cette évolution pour une espèce donnée et c’est alors que sont abordées les deux approches essentielles : le gradualisme et la théorie des équilibres ponctués.
Mots-clés :
fixisme, transformisme, fossiles, parenté génétique, homologie, arbre phylogénétique, phénotype, génotype, avantage sélectif, mutation, épimutation, Darwinisme originel, théorie synthétique de l’évolution, théorie des équilibres ponctués, Gould et Eldredge
Commentaires : 6

 

          * La disparition des grands sauriens
     L’article revient sur une des plus grandes catastrophes que notre Terre ait connue : la chute d’une météorite géante dans le golfe du Mexique il y a 65 millions d’années. Cette catastrophe fut probablement responsable de la disparition d’une grande partie des faune et flore terrestres de l’époque, notamment des dinosaures qui dominaient jusque là sans partage le globe. A l’aune des connaissances actuelles, le sujet imagine les quelques jours et semaines qui suivirent le cataclysme tout en cherchant à en cerner également les conséquences à plus long terme.
Mots-clés :
crétacé tardif, écosystème, Pangée, Yucatan, Chicxulub, hiver nucléaire, effet de serre, photosynthèse, mammifères
Commentaires : 4

 

          * Le dernier ancêtre commun
     Après un bref passage en revue de la classification des différents primates - ce qui permet de remettre homo sapiens (l’homme) en situation -, l’article répond à une question souvent posée : non, l’homme « ne descend pas » du singe pour la bonne raison qu’il est lui-même un singe ou, pour être plus précis, un grand primate. Par ailleurs, la recherche d’un ancêtre commun aux différentes espèces de grands primates est probablement vouée à l’échec : il n’existe pas d’ancêtre commun direct à ces différents groupes de grands singes mais bien plutôt une nombreuse population de « primates partiellement humains », tous pouvant prétendre à avoir apporter leur lot de petites transformations afin d’aboutir aux espèces actuellement encore existantes. En annexe, un court texte tiré d’un livre écrit par un biologiste moléculaire de Princeton (USA) précise ce concept.
Mots-clés :
primates, hominoïdés, hominidés, pongidés, hylobatidés, proconsul, arbre phylogénétique, taxon, anthropologie moléculaire, australopithèques, Lucy
Commentaires : 9

 

 
 
  Jamais un humain ne fut confronté à une attaque de tyranosaure : 65 millions d'années les séparent !

 

 
 
   (source : commons.wikimedia.org)

 

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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 17:49

 

                                                   un linceul d'étoile (Abell 39, Hercule)

 

 

 

     Durant l'année écoulée, quatorze articles ont été publiés dans la section astronomie. On les trouvera ci-après brièvement résumés et selon leur ordre de parution. Bien entendu, le titre du sujet renvoie à l'article correspondant à l'aide d'un simple clic.

  

 
          * Astronomie et astrologie
 
  Il existe souvent une (regrettable) confusion entre les deux termes (deux petites lettres les séparent) et l’article rappelle leur différence fondamentale : alors que l’astronomie est une véritable et remarquable discipline scientifique, l’astrologie n’est qu’une vue de l’esprit sans aucun fondement scientifique, la simple survivance d’un passé superstitieux.
Mots-clés : astronomie, astrologie, constellations, constellation du Scorpion.
Commentaires : 7

 

          * céphéides
     C’est de ce type bien particulier d’étoiles que le blog tire son appellation. Ces étoiles sont très spéciales : leur luminosité est variable (mécanisme commenté) selon un rythme prévisible ce qui permet par un simple calcul de connaître leur éloignement. De ce fait, il devient possible d’estimer la distance qui nous sépare d’une autre galaxie en étudiant les céphéides qu’elle contient.
Mots-clés :
céphéides, Henrietta Leawitt, luminosité intrinsèque, luminosité apparente, loi de Hubble.
Commentaires : 4

 

          * Place du Soleil dans la Galaxie
     Le ciel est immense et notre Soleil se trouve au sein d’une galaxie, la Voie lactée (ou « la Galaxie »), entre des milliards d’autres qui composent l’univers solide. Mais où exactement parmi les milliards d’étoiles de la Voie lactée ? A-t-on les moyens de le savoir ? Et que peut-on en conclure sur les particularités du système solaire ?
Mots-clés :
voie lactée, Soleil, bras spiraux, bras d’Orion, parsec
Commentaires : 2

 

          * Amas globulaires et trainards bleus
     Témoins d’un passé immémorial, les amas globulaires fermés renferment des étoiles qui, nées ensemble, ont toujours vécu ensemble. Il en existe théoriquement de moins en moins parce qu’ils finissent par être absorbés par les galaxies dont ils sont les satellites. Curieusement, il se trouve en leur sein des étoiles jeunes ce qui semble contradictoire : la création de nouvelles étoiles est donc toujours possible ?
Mots-clés :
amas fermés, trainards (ou trainardes) bleu(e)s, diagramme de Hertzsprung-Russel, distances galactiques, binaires, pulsars
Commentaires : 5

 

          * Mort d’une étoile
     Comme toute structure de l’Univers, les étoiles naissent et disparaissent. Selon leurs tailles, elles évoluent de façon fort différente. Que deviennent-elles vraiment et quels sont les astres auxquels elles donnent naissance en mourant ? Quelle est la véritable place de notre Soleil dans cet organigramme ? Décidément, la Nature est immuable… et pleine de surprises.
Mots-clés : diagramme de Hertzsprung-Russel, naine rouge, naine blanche, supergéante rouge, supernova, étoile à neutrons, trou noir, étoiles primitives, Kelvin
Commentaires : 4

 

          * Fonds diffus cosmologique
     Depuis la mise en équation par Einstein de la théorie de la relativité générale, les astronomes se disputaient sur la nature de l’Univers. Deux théories s’affrontaient : celle du « Big Bang » (l’Univers est issu d’un « noyau » originel) et celle de l’Univers stationnaire (l’Univers est en création continue et en équilibre permanent). Laquelle choisir ? C’est tout à fait par hasard que deux ingénieurs du téléphone vont permettre de trancher en faveur de la première à la suite de leur découverte du fonds diffus cosmologique, découverte qui leur vaudra le Nobel…
Mots-clés : big bang, univers stationnaire, Penzias, Wilson, principe cosmologique, expansion de l’univers, constante de Hubble
Commentaires : 2

 

          * Matière noire et énergie sombre
     Les étoiles sont sujettes à la gravitation qui explique leurs mouvements. Oui mais quand on observe les vitesses de rotation de ces étoiles dans les galaxies, on se rend compte que celles-ci sont trop élevées par rapport à la masse des objets visibles de l’univers : il manque une énorme quantité de matière (25%) que les astronomes ont appelé « matière noire » puisqu’ils ne savent pas ce que c’est. Pire encore, l’accélération de l’expansion de l’univers ne s’explique que s’il existe une tout aussi mystérieuse « énergie sombre » (75%) totalement inconnue. Bref, ce que l’on voit ne représente que 5% de notre univers… 
Mots-clés : matière sombre, énergie noire, Zwicky, Rubin, neutrino, wimp, expansion de l’univers
Commentaires : 3

 

          * Étoiles doubles et système multiples
     C’est un fait : les étoiles solitaires comme notre Soleil ne sont pas majoritaires dans l’Univers. La plupart des étoiles sont groupées par deux ou plus. Comment ces systèmes multiples peuvent-ils exister ? Des planètes peuvent-elles graviter autour d’eux ? Quelle pourrait alors être la couleur de leurs ciels ? Des questions parfois à la limite de l’astronomie et de la poésie.
Mots-clés : binaires, binaires X, exoplanètes, nova, runaway stars
Commentaires : 14

 

          * La Terre, centre du Monde
     Longtemps, les hommes ont cru que la Terre – c’est à dire eux – était le centre du Monde. Cruelle illusion : le système solaire – et donc la Terre – est organisé autour d’une étoile banale située en périphérie d’une galaxie, la Voie lactée, qui en contient des milliards d’autres. Plus encore, notre Galaxie n’est qu’un simple objet parmi des milliards d’autres galaxies composant l’Univers visible. La Terre : moins qu’un grain de sable sur une plage immense… mais habité ! Et ailleurs ?
Mots-clés : pythagoriciens, Aristote, Copernic, Galilée, Voie lactée, groupe local, effet doppler, big bang
Commentaires : 2

 

          * Théorie de la Relativité générale
     On avait beau faire et refaire les calculs, les mathématiques de Newton ne suffisaient pas à expliquer certaines observations astronomiques. C’est Einstein qui permettra de résoudre ces apparents paradoxes grâce à sa géniale mise en équation de la Relativité, restreinte d’abord, puis générale. On peut dire que c’est à la lumière de cette extraordinaire théorie que les Hommes ont pu commencer à comprendre l’Univers dans lequel ils se trouvent…
Mots-clés : relativité générale, relativité restreinte, mirages gravitationnels, étoiles à neutrons, trous noirs, théorie du tout
Commentaires : 10

 

          * La mort du système solaire
     Dans longtemps, très longtemps, le système solaire, comme tous les objets vivants ou non de l’Univers, disparaitra. C’est la grandeur de l’esprit humain que de pouvoir, sans gros risques de se tromper, prévoir une telle apocalypse grâce à son sens de l’observation et ses possibilités de déduction. Chaque jour, des étoiles comme le Soleil meurent, dans notre galaxie ou une autre, entrainant leurs cortèges de planètes (on sait à présent qu’elles existent) avec elles. Il suffit donc d’imaginer…
Mots-clés : naine jaune, étoiles primordiales, géante rouge, supergéante rouge, nébuleuse planétaire, naine blanche
Commentaires : 12

 

          * Les galaxies
     Aussi loin que porte le regard de l’observateur à travers un télescope, il découvre de petites taches de lumière, parfois à la limite du perceptible : les galaxies. Il n’y a en fait pas si longtemps que l’on sait qu’elles existent : jusqu’à peu on croyait que l’univers tout entier était contenu dans notre seule galaxie, la Voie lactée. C’était encore une erreur anthropocentrique : les galaxies se comptent par milliards, chacune renfermant des milliards d’étoiles. Sont-elles toutes semblables ? Comment sont-elles distribuées dans l’univers ? Et notre galaxie dans tout ça ? 
Mots-clés : Emmanuel Kant, catalogue de Messier, spirales, spirales barrées, elliptiques, irrégulières, lenticulaires, amas, superamas
Commentaires : 9

 

          * Trous noirs
     Il est rare qu’un concept astronomique soit autant cité dans la vie courante et pourtant aussi mal compris. L’article est l’occasion de revenir sur ce que nous savons des trous noirs : quelle origine ? quelles propriétés ? où se trouvent-ils ? que peuvent-ils nous apprendre de l’Univers ? Retour sur ces étranges objets…
Mots-clés : étoiles massives, puits gravitationnel, étoiles à neutrons, horizon des événements, singularité, noyau galactique actif, quasars, blazars, radiogalaxies
Commentaires : 7




                                        amas de galaxies dans Persée

 

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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 11:55
PREMIER ANNIVERSAIRE : bilan et mode d'emploi

                                   l'amas 2467 dans la constellation australe de la Poupe

 

 

 

     Eh oui, voilà maintenant un an que le blog de cepheides (céphéides sans accent, Internet oblige !) existe. Débuté depuis l’île de la Réunion le 16 juillet 2007 avec skyblog puis transféré sur over-blog en février 2008, il a été consulté par près de 14 000 visiteurs depuis sa création (9751 sur over-blog à partir du 18 février 2008 jusqu'à aujourd'hui) pour un total de plus de 45 000 pages lues. C’est un score très honorable : que tous les intervenants – simples lecteurs ou amateurs de commentaires – en soient ici remerciés...

 

     Avant de revenir (dans les articles suivants) sur les sujets traités durant cette année, profitons de cet anniversaire pour rappeler - certains lecteurs me l'ont demandé - quelques règles d’emploi du blog :

  
          1. sur la page d’accueil (où figurent les sujets par ordre de leur parution), la gestion du blog se fait par la colonne de droite : on y trouvera, de haut en bas, informations et liens, notamment :

 
  * outre une présentation sommaire, les statistiques du trafic au moment où le lecteur ouvre le blog,

  * les sujets classés par catégories (l’appel d’une catégorie ne sélectionne alors que les articles concernés par elle),

   *  les sujets les plus récents (avec un renvoi à l’ensemble des articles),

   *  les derniers commentaires, avec les premiers mots et le nom de l'intervenant.

     Il suffit au lecteur de cliquer sur l’un quelconque des mots surlignés pour être redirigé vers le texte de son choix. En sens inverse, il lui faudra cliquer sur la ligne « retour à la page d’accueil », en haut de cette colonne de droite, pour revenir à son point de départ. Facile.

   * des liens, notamment scientifiques (Futura-Sciences pour l’actualité des sciences, la NASA France pour l’astronomie et l’astronautique ainsi que des liens pour la paléontologie). Il en viendra certainement d’autres !

   * la liste des flux RSS, c’est à dire, pour ceux qui seraient intéressés, le moyen d’être reliés en continu avec l’actualité du blog,

   * la mention d’une « newsletter » qui n’existe pas encore : faut-il la créer ? N’hésitez pas à donner votre sentiment sur la question !

  * enfin les archives qui renvoient aux sujets selon leur ordre chronologique.
 
          2.
sur la page d’un sujet précis, on retrouve une colonne de droite plus allégée mais, rappelez-vous, à tout moment, il est facile de revenir à la page d’accueil…

 
          3. on peut donc voyager dans le blog soit article par article, soit en faisant défiler les textes vers le bas et en changeant alors de page principale (accès en haut et en bas du blog) une fois le dernier sujet parcouru.

 

     Bien entendu, toutes les suggestions pour organiser une encore meilleure lisibilité du blog sont les bienvenues : il y sera donné suite si la technique le permet. N'hésitez pas à laisser votre avis par commentaire sur la question.

 
     Comme annoncé plus haut, et à la demande de certains, il  semble utile de passer en revue les
sujets déjà publiés, accompagnés d'un bref résumé et classés par discipline. Le prochain article traitera d'astronomie,  science alphabétiquement la première mais également une des deux plus chères à mon cœur. Bonne lecture... à venir.

   

     Cepheides

 

P. S. : depuis octobre 2009, le blog peut être appelé dans une barre de navigation de  navigateur en inscrivant simplement son nom de domaine :

http://www.cepheides.fr

 

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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 20:14

 

 

 

 Deux satellites ont apporté pour la première fois la preuve d’un gigantesque trou noir déchirant et absorbant une petite partie d’une étoile, a annoncé, mercredi 18 février 2004, la NASA.(sources : http://www.interet-general.info/)

 

 

 

     Le terme de « trou noir » est bien connu du grand public, du moins par la partie de ce public s’intéressant à la science-fiction, et ce à cause des différentes séries télévisées qui font appel à ce phénomène céleste d’autant plus aisément qu’il est mystérieux et mal expliqué. On se souvient, par exemple de Stargate SG1 où les héros se servent de trous noirs pour contrer l’offensive de leurs ennemis ou de la série Sliders dont des analogues de trous noirs permettent aux acteurs de glisser d’univers parallèles en univers parallèles. Mais, au delà du simple folklore, on peut s’interroger sur ce que recouvre ces objets astronomiques… s’ils existent vraiment ! En effet, leur réalité a été longtemps discutée et, en dépit d’avancées récentes, certains scientifiques (mais de moins en moins) en doutent encore. Essayons d’y voir plus clair (sans jeu de mots).

 

 

 

Bref retour en arrière

 

     L’idée d’astres si massifs que même la lumière ne pourrait pas s’en échapper vient de loin, du XVIIIème siècle en fait, où, à la suite des travaux de Newton, John Michell (en 1783) et Pierre-Simon de Laplace (en 1796) en formulèrent conjointement la théorie. Oui, mais à cette époque, on ne connaissait pas la vitesse de la lumière et on ne pouvait en conséquence que supposer l’existence d’objets suffisamment massifs pour la retenir. Il s’agissait donc tout au plus d’une curiosité théorique comme la Science aime parfois en inventer et on s’empressa d’oublier ces idées étranges.

 
     C’est avec Einstein et sa
théorie de la Relativité générale que la notion de trou noir reprit du service. Depuis 1915, date de la formulation de la théorie, on sait que l’espace n’est pas uniformément plat et que tout objet peut plus ou moins le courber en fonction de sa propre masse. Tout objet certes, mais pour que cela soit notable, encore faut-il que cette masse soit suffisante, comme celle d’une étoile par exemple. Cette courbure plus ou moins prononcée de l’espace dévie forcément les rayons lumineux ce qui fut démontré dès 1920 (voir sujet : théorie de la relativité générale). Plus la masse d’un corps est importante, plus cette courbure est prononcée à la façon d’une sorte d’entonnoir (le puits gravitationnel) et plus la lumière sera déviée. Imaginons à présent un objet si massif que l’entonnoir se trouve « sans fond » : la lumière ne pourrait en ressortir et on se trouverait face à un « trou noir ». Problème : si la lumière ne peut s’échapper d’un trou noir, comment le voir ? Jusque dans les années 1960, la question resta sans réponse… et l’existence des trous noirs hypothétique. Une autre question vient aussi à l’esprit : d’où pourraient-ils venir, ces étranges objets ?

 

 

 

Origine des trous noirs

 

     Nous avons déjà évoqué (voir sujet : mort d’une étoile) les différents devenirs des étoiles, une évolution qui dépend essentiellement de leurs masses. Lorsque tout le combustible d’une étoile a été brulé, celle-ci évolue vers un astre extrêmement massif. Si la masse d’une étoile dépasse quarante fois la masse solaire (MS), son noyau dégénéré peut dépasser les trois MS. Dans ce cas, les forces de répulsion des composants atomiques dégénérés (neutrons et protons) ne peuvent plus s'opposer à la compression due aux forces gravitationnelles et la matière s’écrase sur elle-même sans que plus rien ne s’y oppose : on aboutit alors à la formation d’un trou noir. Il arrive même que cette éventualité se produise à partir d’une étoile à neutrons (l’évolution classique d’une étoile un peu moins massive) si celle-ci « capte » de la matière depuis une compagne proche comme cela peut se produire dans un système d’étoiles binaires serré (voir sujet : étoiles doubles et systèmes multiples). En pareil cas, l’accrétion de matière supplémentaire augmente la taille du résidu d’étoile jusqu’à dépasser un seuil critique à partir duquel se forme un trou noir.

 
     Selon leurs masses et leurs propriétés, il existe théoriquement différents types de trous noirs : les trous noirs supermassifs, les trous noirs stellaires (de quelques MS) et même des « micro trous noirs » mais nous ne nous intéresserons aujourd’hui qu’au premier type de ces trous noirs, les supermassifs.

 

 

 

Comment peut-on observer un trou noir ?

 

     On ne le peut pas puisque, par définition, il s’agit d’un objet invisible, la lumière ne pouvant s’en échapper ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’existence d’un tel phénomène a été longtemps tenue pour exclusivement théorique.

 
     On a déjà vu que l’espace est déformé par un corps massif : cela n’est pas perceptible pour un astre comme la Terre, de taille modeste par rapport à une étoile, mais est déjà notable pour le Soleil (voir sujet :
théorie de la relativité générale). Un trou noir, par son incroyable masse, doit donc considérablement déformer l’espace autour de lui… et par conséquent ralentir les distances et le temps. Une minute près d’un trou noir sera donc plus longue qu’une minute sur Terre…

 
     Un trou noir est un objet que l’on peut comparer à une barrière, une membrane à sens unique qui divise l’Univers en deux : d’un côté le monde extérieur (l’Univers que nous voyons et dans lequel nous vivons) et de l’autre un monde intérieur dont rien ne peut revenir. Cette limite du trou noir entre ces deux mondes est appelé «
l’horizon des évènements ».

 
     Un trou noir, toutefois, n’est pas qu’un corps passif puisqu’il échange des informations avec son monde extérieur en « captant » de la matière : il prélève de l’énergie mais peut également, par sa seule présence, en produire sur son environnement immédiat. Il existe donc des signes indirects de sa présence et c’est cela
que l’on a pu réussir à mettre en évidence à partir de la deuxième moitié du siècle dernier. Dès 1960, en effet, on a décelé des radio sources et des quasars (voir glossaire) qui ont accrédité l’idée que des objets supermassifs et impénétrables à la lumière pouvaient se situer au centre des galaxies. Quelques années plus tard, des satellites artificiels plus performants (pouvant déceler les rayonnements de haute énergie) ont mis en évidence des sources X en provenance de systèmes binaires dont l’une des composantes, invisible et très massive, émettait un flux gigantesque de rayons X : il ne pouvait provenir que de l’échange de matière entre l’étoile visible et sa compagne invisible, un trou noir.

 
     Que se passe-t-il à l’intérieur d’un trou noir ? Le centre du trou noir est appelé «
singularité », un endroit où la courbure de l’espace et le champ gravitationnel deviennent infinis mais on ne sait pas vraiment ce que cela veut dire pour la bonne raison qu’en pareil cas la théorie de la relativité générale ne peut s’appliquer (dans le cas, comme ici, d’une courbure infinie de l’espace, les phénomènes sont de nature quantique… et il n’existe pas, comme on l’a vu dans un sujet précédent, de théorie gravitationnelle quantique). Nous abordons là des domaines inconnus et forcément encore bien mystérieux.

 
       L’existence des trous noirs est à présent certaine mais comment se distribuent-ils dans l’Univers ?

 

 

 

Où trouve-t-on des trous noirs ?

 

     Les trous noirs supermassifs se trouvent au centre des galaxies et ils peuvent « peser » de quelques millions à plusieurs milliards de MS. Du fait de cette présence considérable, on peut parfois distinguer indirectement leur existence par des jets de matière qui s’échauffent à leur contact et, comme nous venons de le dire, par l’émission de puissantes sources de rayons X. Du coup, le centre d’une galaxie peut devenir plus brillant que ce qui serait expliqué par la seule superposition des étoiles qui la compose : c’est cela que l’on appelle un noyau actif de galaxie et on estime qu’environ 5% des galaxies visibles sont de cette nature. Chaque galaxie possède donc probablement un trou noir plus ou moins important : la Voie lactée, notre galaxie, n’échappe pas à cette règle comme en témoigne la course plus rapide des étoiles proches de son centre.


     La présence de trous noirs supermassifs explique l’existence d’objets astronomiques particuliers comme les quasars (presqu’une étoile ou quasi-star en anglais) qui sont des galaxies lointaines particulièrement actives en raison de leur grande activité lumineuse et magnétique, certainement en rapport avec la présence en leur centre de trous noirs hyperactifs. On évoque aussi les blazars (voir glossaire), voisins des quasars (et qui s’en distinguent par la grande variabilité de leurs émissions) mais également les radiogalaxies. En réalité, tous ces objets sont sans doute les différentes formes des galaxies à noyaux actifs.
 

 


Vie des trous noirs supermassifs

 

     On vient de voir que les galaxies à noyaux actifs sont celles dont les trous noirs centraux sont en pleine activité : ils avalent continuellement de la matière d’où leur luminosité intense. Question : de tels trous noirs supermassifs finiront-ils par engloutir toutes les étoiles de leurs galaxies ? Eh bien non car il existe une sorte « d’autorégulation » : à force d’avaler tout qui les entoure, il finit pas se créer autour d’eux une zone de « no man’s land » vide de matière et le trou noir se calme… Il n’empêche : lorsqu’il est en pleine activité, il se crée à sa proximité d’énormes déplacements de gaz qui s’échauffe jusqu’à entraîner la formation de myriades de nouvelles étoiles. C’est également le cas lors de collision entre deux galaxies avec la création de gigantesques « effets de marées » gravitationnels qui compriment les gaz vers les centres galactiques occupés par leurs trous noirs respectifs d’où, là aussi, des pépinières de jeunes étoiles ; le phénomène conduit à une extraordinaire augmentation des disques d’accrétion de matière autour des trous noirs : la galaxie résultante devient si brillante qu’on l’appelle un quasar, un objet à la luminosité équivalente à celle d’une étoile proche de nous alors qu’il est situé aux confins de l’Univers. On se trouve ici en présence des phénomènes les plus énergétiques de l’Univers dont on peut imaginer ni l’étendue, ni la puissance tant nous sommes minuscules par rapport à eux…

     Et notre Galaxie dans tout ça ? La Voie lactée possède bien un trou noir massif en son centre mais il est plutôt calme (ce qui n’a peut-être pas toujours
été le cas). Pour en savoir plus sur Sagittarius, le trou noir de notre galaxie, se reporter au sujet dédié ICI. Pourrait-il se réactiver et, ainsi, augmenter la lumière de nos nuits ? Cela se produira très certainement dans environ deux milliards d’années lorsque notre Galaxie se heurtera à notre voisine, la grande galaxie d’Andromède. Il n’y aura pas de chocs entre les étoiles composant ces deux monstres tant il y a du vide en eux mais les forces gravitationnelles entraineront l’élévation de chaleur des gaz intersidéraux – d’où la formation de millions de nouvelles étoiles – et lorsque les trous noirs des deux galaxies fusionneront après des dizaines de milliers d’années d’interpénétration galactique, la résultante sera gigantesque. Un immense trou noir pour une immense nouvelle galaxie. Nous ne serons évidemment pas là pour le voir. J’allais presque dire : dommage…

 

 

 

 

 

Images

* photo 2 : image simulée d'un trou noir (sources : www.science-et-vie.net/)
* photo 3 : l’image en fausses couleurs obtenue par le télescope spatial Spitzer de la NASA montre une galaxie lointaine (en jaune) qui abrite un quasar, un trou noir supermassif entouré d’un anneau (ou tore) de gaz et de poussières (sources : www.nasa.gov/)
* photo 4 : grande galaxie d'Andromède (sources : http://www.noao.edu/)

(Pour lire les légendes des illustrations, passer le pointeur de la souris dessus)

 

 

Glossaire (in Wikipedia France)

 
* quasar : un quasar (pour source de rayonnement quasi-stellaire, quasi-stellar radio source en anglais) est une source d’énergie électromagnétique, incluant la lumière visible et les ondes radios. Les quasars visibles de la Terre montrent tous un décalage vers le rouge très élevé. Le consensus scientifique dit qu’un décalage vers le rouge élevé est le résultat de la loi de Hubble, c’est-à-dire que les quasars sont très éloignés. Pour être observables à cette distance, l’énergie que libèrent les quasars doit se réduire à un phénomène astrophysique connu, principalement les supernovae et les sursauts gamma (qui ont une vie relativement courte). Ils peuvent libérer autant d’énergie que des centaines de galaxies combinées. L’énergie lumineuse libérée est équivalente à celle qui serait libérée par 1012 Soleils.
     Avec les télescopes optiques, la plupart des quasars ressemblent à de petits points lumineux, bien que certains soient vus comme étant les centres de galaxies actives (couramment connus sous l'abréviation AGN, pour Active Galaxy Nucleus). 
     Certains quasars montrent de rapides changements de luminosité, ce qui implique qu’ils sont assez petits (un objet ne peut pas changer plus vite que le temps qu’il faut à la lumière pour voyager d’un bout à l'autre). Actuellement, le quasar le plus lointain observé se situe à 13 milliards d'années-lumière de la terre.
     On pense que les quasars gagnent en puissance par l’accrétion de matière autour des trous noirs supermassifs qui se trouvent dans le noyau de ces galaxies, faisant des « versions lumineuses » de ces objets connus comme étant des galaxies actives. Aucun autre mécanisme ne parait capable d’expliquer l’immense énergie libérée et leur rapide variabilité.

 
* blazar : les blazars sont des galaxies très actives et compactes, souvent très éloignées, ressemblant à des quasars. Leur principale caractéristique est que leur luminosité peut varier d'un facteur de 1 à 100 d'un jour à l'autre.
     Ils sont parmi les objets les plus puissants et violents de l'Univers et font partie, avec les quasars et les radiogalaxies, de la famille des galaxies actives, émettant une grande quantité de rayonnement lumineux et d'ondes radio depuis une région en leur centre pas plus grande que notre système solaire, vraisemblablement à cause d'un trou noir supermassif présent en leur centre, d'une masse de l'ordre du milliard de masses solaires et d'énergie d'ordre de mille milliard de fois celle de notre Soleil.

 

 

Brêve : chaque galaxie a bien son trou noir

 

   Une équipe d'astronomes de l'université de Durham (Royaume-Uni) a découvert cinq trous noirs cachés derrière des nuages de gaz et de poussières. Seuls les rayons X de haute énergie que produisent ces gouffres gravitationnels massifs comme des millions de Soleils pouvaient les trahir. Cette découverte permet de confirmer qu'un trou noir supermassif nicherait bien au coeur de chaque galaxie et d'évaluer pour la première fois leur population totale. "Il est probable que même dans les galaxies où l'on ne détecte rien, il y ait un trou noir supermassif, précise George lansburry, qui a mené l'étude. Certains doivent simplement être trop calmes pour produire des rayons X. Les monstres seraient ainsi des millions, rien que dans l'Univers proche de notre Voie lactée.

(Science & Vie, 1176, septembre 2015)

 

 

 

Mots-clés : Stargate SG1 - sliders - John Michell - Pierre-Simon de Laplace - relativité générale - étoile supergéante - étoile à neutrons - étoiles binaires - horizon des événements - radiosources - quasars - singularité - noyau galactique actif - blazars - radiogalaxies - galaxie d'Andromède

(les mots en blanc renvoient à des sites d'informations complémentaires)

 

 

 

 Sujets apparentés sur le blog

 

1. mort d'une étoile

2. théorie de la relativité générale

3. mécanique quantique

4. les galaxies

5. pulsars et quasars

6. juste après le Big bang

7. novas et supernovas

8. Sagittarius, le trou noir central de notre galaxie

 

 

 

 

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Mise à jour : 9 janvier 2016

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 18:18


 araignées sociales au Pakistan (sources : www.futura-sciences.com
 
 
 
 
 
     La quantité totale de souffrance qui est vécue chaque année dans le monde naturel défie toute observation placide : pendant la seule minute où j'écris cette phrase, des milliers d'animaux sont mangés vivants; d'autres, gémissant de peur, fuient pour sauver leur vie; d'autres sont lentement dévorés de l'intérieur par des parasites; d'autres encore, de toutes espèces, par milliers, meurent de faim, de soif ou de quelque maladie. Et il doit en être ainsi. Si jamais une période d'abondance survenait, les populations augmenteraient jusqu'à ce que l'état normal de famine et de misère soit à nouveau atteint.
     
Dans un univers peuplé d'électrons et de gènes égoïstes, de forces physiques aveugles et de gènes qui se répliquent, des personnes sont meurtries, d'autres ont de la chance, sans rime ni raison, sans qu'on puisse y déceler la moindre justice. L'univers que nous observons a très exactement les caractéristiques attendues dans l'hypothèse où aucune idée n'aurait présidé à sa conception, aucun objectif, aucun mal et aucun bien, rien d'autre qu'une indifférence excluant toute compassion.
     Comme l’écrivait ce poète malheureux que fut A. Housman :
                        La Nature, qui est sans cœur et sans esprit,
                        Ne veut ni se soucier ni connaître.


            (Richard DAWKINS, Pour la Science, HS janvier 1997)


     
     La pitié, l’idéal de justice, le pardon, l’amour altruiste mais également la colère, la haine, la vengeance, la cruauté gratuite sont, parmi bien d’autres, des notions essentiellement humaines qui n’existent pas dans la Nature sauvage. A l’exception de quelques grands primates, les animaux et les plantes vivent dans un monde sans pitié où seuls comptent les réflexes conditionnés et l’apprentissage instinctuel. Les animaux ne pensent pas – au sens humain du terme – mais réagissent en fonction de leur environnement selon des schémas génétiquement programmés par des millions d’années d’évolution. Toutefois, on est aujourd’hui assez loin de la conception purement mécaniciste qui prévalait du temps de Descartes. C’est en effet un des grands mérites de l’éthologue
Konrad LORENZ (1903-1989) que d’avoir le premier mis en lumière la complexité des comportements animaux : les réponses instinctuelles de ceux-ci sont bien plus nuancées, multiples et différenciées que ne le laisserait supposer une vision superficielle qui s’en tiendrait à une simple loi du tout ou rien. Pourtant, si, au fil des millions d’années, l’évolution et la génétique ont certainement complexifié ces comportements, il n’en reste pas moins que le degré de liberté de l’animal est faible et ses possibilités d’improvisation très limitées… Il faut dire que, au sein de la Nature, il n’existe qu’une seule règle fondamentale : survivre, c’est à dire manger ou être mangé comme le faisait si bien remarquer, il y a déjà longtemps, le journaliste-écrivain Jack LONDON.
  
     De la même façon, les plantes ne sont pas des objets passifs comme les voient le plus souvent nos yeux d’humains mais des êtres qui luttent également de manière acharnée pour survivre avec les armes que leur procure leur patrimoine génétique. Là aussi, la compétition est féroce et seul le plus apte est amené à se développer.
 
     Cependant, dans les films animaliers – et je n’évoque pas, bien sûr, les « films d’animaux » où ces derniers ne sont que des hommes en peluche – les commentaires donnent l’impression que la Nature est un immense théâtre où s’agitent des personnages certes plus ou moins sympathiques mais guidés par des sentiments qui, souvent, rappellent ceux des hommes. Il s’agit là d’une illusion (ou d’une erreur plus ou moins consciente) que l’on appelle
anthropomorphisme. Ailleurs, de doux esprits nous parlent d’écosystèmes « en harmonie » alors que ceux-ci ne sont qu’en équilibre et que la mort y est omniprésente. D’autres encore évoquent la « mère Nature » si bienveillante pour ses petits… Nous réagissons ainsi parce que cela nous ferait de la peine de reconnaître que la Nature dans laquelle nous vivons (de moins en moins, il est vrai) est cruelle et, souvent, sanguinaire. Pourtant, la Nature n’est pas cruelle : elle est seulement indifférente.

     Afin d’illustrer cette notion souvent méconnue (quand elle n’est pas combattue), j’ai choisi de m’attarder sur deux exemples emblématiques situés aux extrêmes de la vie animale, en insistant toutefois sur le fait que ces exemples, particulièrement significatifs, ne font en réalité que refléter le sort commun de notre monde.
 
 
 

la guêpe fouisseuse

 
 
     Jean-Henri FABRE (1823-1915) fut un scientifique français de grand talent, injustement méconnu en France (alors qu’il est célèbre en Russie, aux USA et presque adulé au Japon). Il s’intéressa tout particulièrement au monde des insectes et, à ce titre, il peut être perçu comme un précurseur de l’éthologie.
 
       Dans son oeuvre majeure « souvenirs entomologiques », il rapporte son étonnement face au comportement d’un animal bien connu de nos campagnes : la
 guêpe fouisseuse (sphex). La femelle de cette espèce capture en effet des insectes comme les coléoptères, les abeilles, etc., afin de les transporter, après les avoir paralysés, jusqu’à son nid, le plus souvent un trou dans le sol, dans de la boue ou dans quelque anfractuosité naturelle. Elle pond de un à trois œufs sur sa proie qui servira de garde-manger aux larves jusqu’à la formation des cocons. Dans certaines espèces, la guêpe possède plusieurs nids dans lequel se trouve un seul œuf, nids qu’elle réapprovisionne plusieurs fois en nourriture, ouvrant et refermant soigneusement sa cachette à chaque fois. FABRE explique que, avant de pondre son œuf dans, par exemple, une chenille, la guêpe passe un long moment afin d’introduire méticuleusement son aiguillon dans chacun des ganglions du système nerveux de sa proie de façon à la paralyser sans la tuer ; le but est évident : elle s’assure que la chair restera fraîche pour ses larves présentes et à venir. On ne sait toujours pas aujourd’hui si la guêpe anesthésie totalement la chenille ou si le venin, à la manière du curare, ne sert qu’à immobiliser sa victime. Cette deuxième hypothèse, toutefois, semble la plus probable parce que, de cette façon, la proie reste le plus près possible de son état naturel. En pareil cas, la chenille aura conscience d’être dévorée de l’intérieur sans avoir aucun moyen de s’y opposer. L’acte semble d’une cruauté absolue mais c’est raisonner selon notre propre code moral : il n’y a pas ici de cruauté mais simplement de l’indifférence. La guêpe ne poursuit qu’un dessein : assurer le développement et le bien-être de sa progéniture et tant pis pour l’individu qui se trouve alors sur sa route.
 
     Cet exemple n’est pas isolé : on projette parfois à la télévision des reportages sur la même façon d’agir d’une
guêpe géante d’Amazonie qui, campée devant le nid d’une mygale, provoque suffisamment de vibrations pour faire sortir l’araignée. Le combat qui suit se termine souvent par la paralysie de la mygale qui, ici aussi, sera anesthésiée vivante pour servir de repas à répétition aux larves de la guêpe…
 
     Le monde des insectes est, on le voit, particulièrement féroce (il suffit de penser à une simple toile d’araignée ou aux combats sans merci des colonies d’insectes sociaux) et ce monde reflète assez bien la compétition engagée entre les différents individus d’un écosystème.

 
 
 
le lion et la gazelle
 
 
     Chez les mammifères, la situation n’est en définitive pas différente. Prenons l’exemple du lion, le roi des animaux, celui qui, dans la savane africaine, est au sommet de l’échelle alimentaire. Peut-on dire de lui qu’il (ou elle car c’est le plus souvent la lionne qui chasse) est cruel lorsque, après avoir pris par surprise une gazelle, il la dévore vivante, guetté par l’ensemble de sa tribu qui attend qu’il soit rassasié pour s’approcher. Il prend son temps, le lion ; il grogne, fait mine de vouloir attaquer un ou deux lionceaux trop entreprenants, secoue sa proie pour l’immobiliser un peu plus, contemple longuement son entourage pour faire valoir sa suprématie avant que de poursuivre son repas. Pendant tout ce temps, la gazelle agonise dans d’atroces souffrances. Si la Nature était concernée, qu’elle soit un tant soit peu bienveillante ou généreuse, elle aurait inventé un mécanisme pour abréger son supplice : un mécanisme qui, sous le coup de l’agression, aurait provoqué l’arrêt brutal de son cœur ou bien la sécrétion d’un anesthésique quelconque atténuant sa souffrance. Il n’existe rien de tel : le gène qui aurait peut-être permis cela n’a jamais été sélectionné par l’évolution parce que ce qui compte pour une gazelle, c’est de courir le plus vite possible et d’être toujours à l’écoute. Pas de ne pas souffrir. On peut même se demander si cette souffrance n’a pas été sélectionnée parce que, dans le fond, elle rend les gazelles encore plus sensibles et donc d’autant plus méfiantes et peureuses…
 
     La Nature n’a que faire des sentiments humains : on n’y retrouve ni bonté, ni pitié, ni même ce qui ressemblerait à un début de remords. Le
lion – toujours lui mais c’est également vrai pour d’autres animaux – ne supporte pas les enfants qui ne sont pas de lui. Ce que son instinct lui dicte, c’est de transmettre ses gènes, pas l’ADN d’un autre. C’est la raison pour laquelle, après avoir chassé le mâle ayant fécondé la lionne, il s’intéresse aux lionceaux qui gambadent près d’elle et qui lui sont étrangers. Il s’approche et fait mine de jouer avec eux. Quelques coups de patte pour obtenir la réaction du lionceau qui se prend au jeu. Mais le lion devient violent et le petit ne comprend pas et hésite. Alors, d’un seul coup, l’adulte lui brise la nuque. Il en fera de même avec tous les rejetons à ses yeux illégitimes, sous le regard de la lionne qui ne bouge pas. Ce qui compte, ce qui est inscrit dans son ADN, c’est que c’est sa propre descendance qu’il doit assurer. Celle du plus fort. Celle de celui qui a conquis la lionne. C’est cela la sélection naturelle. A nos yeux, cela paraît infiniment barbare mais c’est ainsi et l’a toujours été. Nature indifférente, vous disais-je.
 
 
 
présence de l'Homme
 

     Les hommes ont du mal à comprendre cette absence totale de compassion. Il leur est difficile de ne voir dans la Nature que la justification du vieil adage « la fin justifie le moyen ». Cela leur est pénible parce que leur intellect plus développé leur permet d’afficher un certain recul face à des situations conflictuelles, de défendre des attitudes morales qui échappent à la simple mécanique de la violence et du résultat immédiat. Je sais ce que certains vont me répondre : que je dresse un tableau trop noir de la Nature sauvage, qu’il existe également chez l’animal des comportements altruistes… J’ai pourtant bien peur qu’il s’agisse là encore d’une illusion : chaque fois que les scientifiques se sont penchés sur ces comportements, d’ailleurs plutôt exceptionnels, ils ont pu mettre en évidence la recherche d’un bénéfice secondaire pour celui qui en est l’auteur. Sans, bien sûr, que celui-ci en soit lui-même conscient… J'ai d'ailleurs consacré un article à ce sujet (voir insectes sociaux et comportements altruistes).
 
     L’Homme, selon la définition bien connue, est un « animal moral ». Il est même le seul à vrai dire qui soit ainsi dans la Nature, à
l’exception de certains grands primates comme les bonobos ou les chimpanzés (et ce n’est certainement pas un hasard si ces derniers, comme je l’expliquais dans un sujet précédent : le dernier ancêtre commun, sont nos plus proches parents). La civilisation, une certaine culture sont les conséquences de notre condition particulière. Mais l’homme est également encore proche de la vie naturelle et, à ce titre, il convient, me semble-t-il, de se méfier. L’organisation sociale qui est la nôtre et qui nous permet précisément de ne pas nous comporter en « animal sauvage » est fragile. Notre civilisation est fragile : il faut finalement peu de choses, on le sait bien, pour tout remettre en question. Au fond, entre nous et les animaux, il n’existe qu’une différence de degré, pas de nature. Un sujet à bien méditer.
 
 

Images :
 
photos 2 et 3 : guêpes fouisseuses (sources : loscoat.canalblog.com/)
photo 3 :
repas d'un lion (sources : www.rion-vanwetter.be)

photo 4 : Le portrait d'Edward James (1937) par Magritte (sources : fondation Magritte, Belgique)

(Pour lire les légendes des illustrations, passer le pointeur de la souris dessus)

 

 

 

Mots-clés : Richard Dawkins - Konrad Lorenz - Jean-Henri Fabre - guêpe fouisseuse - guêpe géante d'Amazonie - mygale - sélection naturelle - comportements altruistes

(les mots en blanc renvoient à des sites d'informations complémentaires)

 

 

 

 Sujets apparentés sur le blog

 

 

1.  l'agression

 

2. la notion de mort chez les animaux

 

3. superprédateurs et chaîne alimentaire

 

4. parasitisme et évolution

 

5. le mimétisme, une stratégie d'adaptation

 

 

 

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Mise à jour : 7 juin 2013

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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 17:07






     En 1860, à l'Association britannique pour l'Avancement des Sciences, le scientifique Thomas Henry Huxley (par ailleurs grand-père de l’écrivain Aldous Huxley), fervent défenseur de la théorie darwinienne de l’évolution, se vit brutalement apostropher par l’évêque d’Oxford, Samuel Wilberforce : « Est-ce par votre grand-père ou votre grand-mère que vous descendez du singe ? » lui demanda l’ecclésiastique, ce à quoi il répondit : « Je préférerais plutôt descendre du singe que d’un homme cultivé utilisant son éloquence et sa culture au profit du mensonge et de la dérision". Le débat qui faisait rage autour de la publication de Darwin tournait à la foire d’empoigne… La réponse à cette question est pourtant simple : l’homme ne « descend » pas du singe, il est LUI-MEME un singe ! Ou pour être plus exact, il fait partie des grands singes. Ce concept ayant encore aujourd’hui bien du mal à se concevoir pour certains, il n’est pas inutile de revenir sur l’origine de l’Homme et essayer de comprendre quelle est sa filiation.

 
 

 Quelques définitions sont au préalable les bienvenues

 

 
     L’homme fait partie des primates. Inventé par Linné en 1758 (soit 100 ans avant les travaux de Darwin), le terme contient en lui-même une notion de classification puisqu’il provient du latin primus, « à la première place » d’où une « supériorité » supposée et c’est malheureusement ce terme que l’histoire a conservé. (Reconnaissons toutefois à Linné l’idée d’avoir le premier réintroduit l’homme dans le règne animal…). Les grands singes font donc partie des primates et forment une super famille dite des hominoïdés qui se sépare elle-même en deux lignées :
 
* la première regroupe les hominidés qui comprennent les gorilles, les chimpanzés, les bonobos… et l’homme tandis que les pongidés sont essentiellement représentés par l’orang-outang ;
 
* la deuxième lignée quant à elle ne recouvre que les
hylobatidés représentés par les gibbons.
 
     L’homme est donc un « grand singe » avec néanmoins quelques particularités qui ont fait sa bonne fortune et lui ont permis de régner sur la planète commune. Mais d’où viennent-ils donc ces grands singes ?

 
 
 
Origine des primates
 
 
    On se souvient que, lors de la disparition des dinosaures (voir sujet : la disparition des grands sauriens), il existait déjà des mammifères et que ces derniers, compte-tenu de leur relative faiblesse par rapport aux sauriens géants, se contentaient de vivre dans une ombre propice, probablement la nuit. La disparition de leurs prédateurs reptiliens permettra à ces mammifères de tenter – et réussir – une certaine conquête du monde (C’est du moins la théorie qui paraît avoir aujourd’hui le plus d’adeptes parmi les scientifiques mais elle est encore discutée). On pense que, au sein de cette nouvelle famille d’animaux, les primates se sont différenciés à peu près à l’époque de la disparition des grands sauriens puisque le plus ancien d’entre eux, Altiatlasius, date d’environ 60 millions d’années si l’on en croit son fossile retrouvé en Afrique du nord… qui se résume en réalité à quelques dents. Suffisant néanmoins pour que les paléontologues puissent estimer son poids à un peu plus de cent grammes ce qui correspond assez bien à la théorie que nous évoquions plus haut. Rapidement apparaissent de multiples variétés de primates dont la plupart sont arboricoles, se nourrissant principalement de fruits et de baies sauvages (ce qui leur permet d’ailleurs d’acquérir par avantages évolutifs successifs la vision des couleurs). Les millions d’années suivants voient ces primates se diversifier encore et surtout coloniser de nouveaux territoires, Asie et Europe notamment, jusqu’à ce qu’une glaciation, vers – 34 millions d’années, décime les représentants européens, les asiatiques (et les africains) seuls continuant leur développement.
 
    En fait, la grande époque des mammifères – et donc des primates – se situe il y a environ 15 millions d’années, une époque où le climat commence à se réchauffer. On trouve alors des singes hominoïdes, des cercopithèques, etc., en Afrique, bien sûr, mais également un peu partout ailleurs. C’est probablement à partir de cette date que les grands singes font leur apparition, une de leurs principales caractéristiques étant de ne plus posséder de queue préhensible ce qui traduit la perte de leur statut arboricole exclusif. Le fossile le plus connu de ces temps anciens est
Proconsul, une famille de grands singes dont l’absence de queue déjà signalée (arboricole, il devait se déplacer en marchant sur les branches sans se suspendre comme précédemment), le volume du cerveau (bien supérieur par exemple à celui du gibbon) et la longueur des bras en font les premiers représentants connus des hominoïdés. C’est il y a une dizaine de millions d’années que la séparation entre la lignée qui donnera l’homme et les autres grands singes africains a eu lieu.

 
 
 
 
 

Origine de l'homme

 
 
    Outre les fossiles, le moyen d’établir une relation entre les différentes espèces consiste à agencer ce que l’on appelle un arbre phylogénétique (voir glossaire) grâce à l’anthropologie moléculaire. En effet, cette discipline relativement récente permet la comparaison du matériel génétique des espèces étudiées et détermine ainsi leur plus ou moins grande proximité. Que nous dit-elle ?
Avant tout que les pongidés (orang-outang), les gorillinés (gorille) et les panidés (chimpanzé, bonobo) possèdent tous 48 chromosomes alors que l’homme, comme on sait, n’en possède que 46. Des travaux récents (2006) semblent montrer que cette différence est due à la fusion de deux paires de chromosomes {2p, 2q} de l'ancêtre commun aux humains, aux chimpanzés et aux bonobos en la paire de chromosomes {2} du genre Homo, le genre Pan ayant conservé les deux paires de chromosomes {2p, 2q} de l'ancêtre commun et donc 48 chromosomes. C’est par conséquent à partir de cette séparation d’avec les panidés que la lignée qui conduit à l’homme s’est individualisée, lignée regroupant divers australopithèques (voir glossaire) et le genre Homo. Toutes les espèces ayant constitué ce groupe sont aujourd’hui éteintes à l’exception, notable, de Homo sapiens, l’homme. Rappelons que la dernière espèce d’Homo non sapiens était Homo neandertalensis, l’homme de Néandertal, disparu il y a seulement 30 000 ans (et ayant donc vécu en même temps que Homo sapiens) comme le rappelle un sujet déjà publié (Néandertal et Sapiens, une quête de la spiritualité). Il est dès lors tentant de chercher à découvrir quel put être ce dernier ancêtre commun à tous les Homo.
 
 
 
 
        
Le dernier ancêtre commun
 
 
     Jusqu’à présent, il n’a pas été découvert. De nombreux fossiles ont été proposés au fil des années par les paléontologues mais, au bout du compte, aucun n’a été retenu. En réalité, il n’est pas certain qu’il ait existé un « ancêtre » parfaitement individualisé, l’apparition des différents représentants de la lignée ayant été probablement progressive (voir l’annexe). Essayons quand même de deviner ce qu’il a été (ou aurait pu être) en reprenant les différentes notions que nous possédons sur ces lointains ancêtres.
 
     Ce que l’on sait, c’est que les premiers représentants du groupe ayant conduit à l’homme après la séparation (les paléontologues utilisent volontiers le terme de « bifurcation ») d’avec les panidés possédaient 46 chromosomes, on l’a déjà dit. Pour le reste, il était certainement de petite taille (comme les australopithèques et les Homo qui lui ont succédé), peut-être 1 mètre de hauteur, tandis que son cerveau était relativement peu volumineux (300 à 400 cc) par comparaison avec l’homme moderne mais c’était déjà beaucoup pour l’époque. Il était certainement arboricole mais avec peut-être déjà une pratique partielle de la bipédie. Omnivore, il vivait probablement en communauté avec ses semblables. Il devait en outre être capable d’utiliser certains outils rudimentaires puisque c’est déjà le cas des grands singes comme le gorille ou le chimpanzé ce qui l’a peut-être amené à être capable d’imiter et donc d’apprendre. Plus spéculative est la notion qu’il ait possédé une conscience de lui-même mais, après tout, pourquoi pas ? En revanche, il semble peu vraisemblable qu’il ait disposé d’une réelle dimension culturelle puisque celle-ci n’a été retrouvée bien plus tard que chez Néandertal et Sapiens (mais encore faut-il s’entendre sur ce que l’on appelle culture).
 
     Le dernier ancêtre commun dont je viens de dresser le portrait n’a probablement jamais existé : il s’agit plutôt de l’apparence de certains de nos ancêtres préhumains. Il n’empêche : qu’il ait existé un vrai « ancêtre » dont les caractéristiques étaient suffisamment humaines pour nous être directement relié (ce qui est peu probable) ou que ce soit comme cela est plus vraisemblable toute une armée d’espèces intermédiaires ayant acquis très progressivement les caractères qui sont les nôtres aujourd’hui, la leçon est la même : nous venons de loin, de très loin. Ceux qui nous ont précédé sont nombreux ; ils sont parfois proches de nous, parfois très différents au point que certains de nos contemporains seraient choqués de les rencontrer s’ils existaient encore. Ces êtres ont vécu, souffert, lutté pour que nous soyons là aujourd’hui sans, bien entendu, l’avoir jamais su ou voulu. C’est un héritage dont nous devons avoir conscience.
  
     La lignée des grands singes est en voie d’extinction : les derniers représentants de ces espèces qui dominèrent en partie le monde d’alors risquent de prochainement disparaître définitivement, à l’exception d’Homo sapiens (et encore cela est-il certain ? mais il s’agit là, c’est vrai, d’une autre histoire). Cela devrait nous prémunir contre l’arrogance des dominants d’aujourd’hui et, bien au contraire, nous pousser à une certaine humilité.

 
 
 
 
 


Images

2. arbre phylogénétique des primates (source : laplume.info)
3. néandertal et sapiens (source : cosmosmagazine.com)
4. Lucy, australopithèque afarensis (source : topsfieldschools.org)
(Pour lire les légendes des illustrations, passer le pointeur de la souris dessus)

 

Glossaire (sources : wikipedia France)

* arbre phylogénétique : un arbre phylogénétique est un arbre schématique qui montre les relations de parentés entre des entités supposées avoir un ancêtre commun. Chacun des nœuds de l'arbre représente l'ancêtre commun de ses descendants ; le nom qu'il porte est celui du clade (en taxinomie récente, un clade, du grec clados qui signifie « branche », est une partie d'un cladogramme, une branche contenant un ancêtre et tous ses descendants) formé des groupes frères qui lui appartiennent, mais non celui de l'ancêtre qui reste impossible à déterminer. L'arbre peut être enraciné ou pas, selon qu'on est parvenu à identifier l'ancêtre commun à toutes les feuilles.

*
australopithèques : hominidés vivant il y a 4 à 1 millions d'années avant notre ère en Afrique. Ils mesuraient environ 1 m à 1,50 m. Leur cerveau étaient assez modeste 400 à 500 cm3, d'allure trapue, la face massive et prognathe. C’est à un de ces groupes d’australopithèques qu’appartient la fameuse Lucy (australopithèque afarensis) dont on sait donc aujourd’hui qu’elle ne peut pas avoir été un ancêtre direct de l’homme (voir note suivante).

*
Lucy : la découverte de Lucy fut très importante pour l’étude des australopithèques : il s’agit du premier fossile relativement complet qui ait été découvert pour une période aussi ancienne. Lucy compte en effet les fragments de 52 ossements dont une mandibule, des éléments du crâne mais surtout des éléments postcrâniens dont une partie du bassin et du fémur. Ces derniers éléments se sont révélés extrêmement utiles pour reconstituer la locomotion de l’espèce Australopithecus afarensis. Si Lucy était incontestablement apte à la locomotion bipède, comme l’indiquent son port de tête, la courbure de sa colonne vertébrale, la forme de son bassin et de son fémur, elle devait être encore partiellement arboricole : pour preuve, ses membres supérieurs étaient un peu plus longs que ses membres inférieurs, ses phalanges étaient plates et courbées et l’articulation de son genou offrait une grande amplitude de rotation. Sa bipédie n’est donc pas exclusive et sa structure corporelle a été qualifiée de « bilocomotrice » puisqu’elle allie deux types de locomotion : une forme de bipédie et une aptitude au grimper.
    Lucy est probablement un sujet féminin si l’on en juge par sa petite stature et les caractéristiques de son sacrum et de son bassin. Elle devait mesurer entre 1,10 m et 1,20 m, et peser au maximum 25 kg. Elle est morte à environ 20 ans et le fait que ses ossements n’aient pas été dispersés par un charognard indique un enfouissement rapide, peut-être à la suite d’une noyade.
    Répertoriée sous le code AL 288-1 , Lucy a été surnommée ainsi par ses découvreurs (Y. Coppens, D. Johanson et M. Taïeb) car ces derniers écoutaient la chanson des Beatles « Lucy in the Sky with Diamonds » le soir sous la tente, en répertoriant les ossements qu'ils avaient découverts.




Annexe : une transformation progressive jusqu’à l’homme d’aujourd’hui

(les lignes qui suivent sont tirées de l’excellent livre de Lee M. Silver : « Challenging Nature » paru en 2006 chez HarperCollins, New York, USA. L’auteur est professeur de biologie moléculaire à l’université de Princeton. Comme il n’existe pas, à ma connaissance, d'édition française de cet ouvrage, je me suis efforcé de présenter une traduction la plus fidèle possible au texte d’origine, texte que je tiens évidemment à la disposition de toute personne qui en ferait la demande).

« De la même façon qu’il n’existe pas de séparation réelle entre les différentes couleurs composant le spectre lumineux, il n’existe pas de réelle séparation entre l’espèce humaine et ses ancêtres non humains. Il n’y a jamais eu de premier homme ou de première génération d’hommes. Au lieu de cela, selon les propres mots de Darwin, « un nombre incalculable de formes intermédiaires doit avoir existé ». Les scientifiques aujourd’hui ont une vision bien plus précise d’où et quand nos ancêtres simiesques ont vécu. Il y a cinq millions d’années, une simple femelle de grand singe non humain a été la mère commune d’une descendance ayant conduit aux trois espèces encore vivantes de nos jours : les hommes, les chimpanzés et les bonobos. Les enfants de cette mère originelle se sont unis avec d’autres grands singes de leur propre espèce qui ont eu des enfants qui ont eu des enfants et ainsi de suite durant plusieurs centaines de milliers de générations... À aucun moment de cette évolution, les enfants ne sont apparus ou se sont comportés différemment de leurs parents. Pourtant, au départ, il y avait de grands singes non humains et, à la fin de la lignée, des hommes. Les hommes ne sont apparus à aucun moment particulier au cours du temps. Ce sont plutôt les organismes non humains qui ont progressivement évolué par de légères modifications partiellement humaines jusqu’à lentement aboutir à l’espèce que nous appelons Homo sapiens.

    Nous n’avons jamais rencontré d’êtres partiellement humains parce que, au cours des trois derniers millions d’années, nos ancêtres ont éliminé, directement ou non, tous les autres êtres partiellement humains qui ne leur ressemblaient pas réellement. Des douzaines d’espèces partiellement humaines ont erré dans les différentes parties de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique à des moments différents. Aussi récemment qu’il y a 30 000 ans, dans les forêts européennes, des membres de notre propre espèce sont entrés en compétition pour la nourriture et le gite avec Homo neandertalensis (plus familièrement appelé homme de Néandertal). Et il y a tout juste 18 000 ans des descendants d’Homo erectus vivaient encore sur l’île indonésienne de Florès. Nos ancêtres sont presque certainement responsables de l’extinction de ces deux espèces, comme, de la même manière, de celle des espèces partiellement humaines antérieures, y compris Homo abilis et Homo ergaster. Le résultat c’est que, aujourd’hui, nos parents vivants les plus proches sont les chimpanzés et les bonobos. »

 

 

 

Mots-clés : Linné - altiatlasius - proconsul - anthropologie moléculaire - arbre phylogénétique - australopithèque - Lucy - homo sapiens - homo neandertalensis - chimpanzé - bonobo - homme de Florès

 (les mots en blanc renvoient à des sites d'informations complémentaires)

 

 

 

Sujets apparentés sur le blog :

 

 

1. le propre de l'Homme

 

2. East Side Story, la trop belle histoire

 

3. les humains du paléolithique

 

4. la bipédie, condition de l'intelligence ?

 

5. l'inné et l'acquis chez l'Homme

 

6. Néandertal et Sapiens, une quête de la spirualité

 

 

 

 

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Mise à jour : 5 mars 2013

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 17:53







 

hippocrate-2.jpg

                     

le serment d’Hippocrate





 

    Il y a quelques mois, en abordant le délicat problème de l’homéopathie, j’avais évoqué le nombre incroyable de techniques et/ou approches thérapeutiques non officielles existantes, celles que l’on range souvent dans le catalogue extensible des médecines parallèles (autrement appelées « médecines douces »). Il est temps aujourd’hui de revenir sur l’utilisation de ces méthodes plutôt mal connues.

 
   Précisons d’emblée que le recours à des pratiques médicales non éprouvées n’est pas un évènement marginal : la Direction Générale de la Santé estime qu’entre
30 et 50% de la population de notre pays ont recours de manière régulière à ce type de pratique. Il s’agit là d’un réel phénomène de mode qui, le plus souvent et heureusement, vient compléter la médecine officielle. Toutefois, hélas, ce n’est pas toujours le cas et c’est là que le bât blesse : promettre, par exemple, la guérison d’un cancer par un travail psychologique isolé destiné à  « prendre en charge – et donc éradiquer – le processus tumoral par un rééquilibrage des fonctions naturelles » tient, au mieux, du charlatanisme et, plus probablement, de la non assistance à personne en danger (au minimum)… Mais revenons d’abord un instant sur ce que l’on appelle la santé.

 

 

 

 

 évolution de la notion de santé

 

    

Selon l’OMS, la santé « renvoie à un état de total bien-être physique, social et mental de l’individu » ce qui, effectivement, est loin de la formulation ancienne qui se résumait à une absence de maladie. Le problème est que tout ce qui n’est pas maladie ou infirmité échappe le plus souvent aux professionnels de santé et aux structures de soins. On comprend dès lors mieux la possibilité d’activités médicales exotiques dans ce domaine plus imprécis et l’irruption de thérapeutes autoproclamés, voire de gourous plus ou moins bien intentionnés.  La notion de santé (on disait jadis bonne santé) variant selon les latitudes et les personnes, de nombreuses « techniques » prétendent la conserver ou la recouvrer : on estime qu’il existe plus de trois cent méthodes différentes, la quasi-totalité d’entre elles échappant à toute tentative d’évaluation quelque peu crédible.  Comme toujours, il existe bien des nuances qui juxtaposent l’acceptable et le pire : puisque de nouvelles « approches » apparaissent constamment – l’imagination de ces nouveaux thérapeutes n’ayant d’égale que la crédulité de leurs victimes  –  il est bien difficile de tenir une liste à jour. Essayons néanmoins d’y voir plus clair.

 

 

 

 

réalité des médecines parallèles

 


     Les médecines parallèles, aujourd’hui, se vendent bien et on peut les classer en deux groupes différents selon qu’elles sont pratiquées par des professionnels de santé ou de simples amateurs. Il est bien entendu impossible de les énumérer toutes (d’autant qu’elles varient d’un pays à l’autre) et pour celles que l’on citera on trouvera un bref résumé en fin de sujet. Je tiens d’ailleurs à préciser que les techniques rapportées ci-après ont été choisies au hasard parmi des centaines de postulants :  elles ne sont donc citées qu’à titre d’exemples…

 

*
médecines parallèles pratiquées par des professionnels de santé

 
     Bien qu’elles ne soient en aucune façon enseignées par les facultés de médecine, elles sont pratiquées par des personnes qui ont reçu une formation médicale, le plus souvent des médecins mais pas forcément. On trouve dans cette catégorie
l’homéopathie à propos de laquelle j’ai déjà eu l’occasion d’écrire un sujet (voir l’article : l’homéopathie), l’acupuncture, l’auriculothérapie, l’ostéopathie, la naturopathie, la réflexologie, l’iridologie et bien d’autres encore.  On les pratique au vu et au sus de tout le monde, certaines d’entre elles étant même remboursées par la Sécurité sociale.  De nombreux médecins signalent les pratiquer sur leurs plaques professionnelles, à l’entrée de leurs cabinets, et leur prise en charge par le corps médical ne cesse de croître (environ 10% des médecins inscrits à l’Ordre des Médecins, un chiffre variable selon les départements, avouent y recourir).  On ne sait pas faire aujourd’hui la part de ce qui revient à l’impact thérapeutique réel de ces techniques et de ce qui résulte d’un simple effet placebo mais leur évaluation a été confiée à l’INSERM par la Direction générale de la santé.  Ce que l’on peut en revanche affirmer, c’est qu’elles sont généralement mises en œuvre par des professionnels avertis qui ne manqueront théoriquement pas de s’en remettre à des approches plus codifiées en cas de nécessité…

 

*
médecines parallèles pratiquées par des amateurs

 

On entend par « amateur » toute personne n’ayant pas suivi de cursus médical spécifique. Ces « médecines » peuvent relever de traditions historiques, d’une approche ethnique ou culturelle, de la simple idéologie et, pour un nombre conséquent d’entre elles, du pur charlatanisme.  C’est dans ce groupe forcément hétérogène que l’on trouve l’anthroposophie, la biothérapie gazeuse, l’urinothérapie, la kinésiologie, la médecine ayurvédique, la chromothérapie, la cristallographie, la gemmothérapie, etc. (voir descriptif sommaire en fin de sujet).  Quand ces médecines parallèles sont exécutées en sus de la médecine officielle, le risque n’est pas bien grand (encore que..)  mais il en va tout autrement lorsque – comme c’est souvent les cas – elles prétendent  agir seules : en pareil cas, attention, danger !  Même lorsque la médecine officielle a épuisé toutes ses possibilités, elles restent éminemment nuisibles : j’ai en mémoire nombre de cas de malheureux qui ont dispersé leurs dernières forces dans des voies sans issue ayant rendu leurs derniers jours particulièrement pénibles…

 

 

 

 

médecines parallèles et dérives sectaires

 


     Il est parfois bien difficile de faire la part de ce qui est illégal et de ce qui ne l’est pas. La frontière, ici, entre prescriptions tolérables (et parfois même utiles) et charlatanisme est ténue : tout dépend de l’utilisation qui est faite. C’est la raison pour laquelle les Pouvoirs publics s’intéressent de près à la question, aidés en cela par la Miviludes (Mission Interministérielle de VIgilance et de Lutte contre les DErives Sectaires). Le représentant de l’Ordre des médecins au sein du conseil d’orientation de la Miviludes, Daniel Grunwald, avoue toute la difficulté à faire passer un message clair : « Les médecines dites douces ne sont pas, en elles-mêmes, dangereuses, affirme-t-il, et peuvent même être utiles dans certains cas… et, dans d’autres cas, devenir franchement dangereuses. Il n’y a pas d’un côté, le licite, de l’autre, l’illicite. Tout dépend de l’utilisation qui en est faite… » Dans un cadre précis, elles peuvent se révéler intéressantes, ajoute-t-il, « par exemple, pour des troubles fonctionnels isolés, ou bien à titre symptomatique, lors d’affections reconnues. Il faut, bien sûr, que les produits prescrits, s’ils ne sont pas scientifiquement éprouvés, soient garantis sans risques iatrogènes (voir glossaire), sans contraintes anormales, notamment financières, et que les patients soient dûment informés et consentants. Enfin et surtout, ces thérapeutiques ne doivent en aucune façon remplacer les conseils et prescriptions adaptés qui découlent des données actuelles de la science ! » (sources : Bulletin national de l’Ordre des médecins, N°4, avril 2008).

 

 

 

 

médecines parallèles, loi et déontologie

 


   Il existe des similitudes entre le travail de déstructuration mentale organisé par les sectes et les adeptes inconditionnels de certaines médecines parallèles.  C’est le cas quand, par exemple, les tenants d’une « médecine exotique » refusent de permettre la moindre discussion sur la technique retenue qu’ils jugent incritiquable.  Leur croyance relève alors de la foi et si, d’aventure, on se risque à avancer qu’aucune évaluation objective de la théorie en cause n’a été faite, qu’il est impossible d’affirmer sereinement non seulement le bien-fondé mais la réalité des résultats obtenus, ils se récrient qu’il s’agit « d’un complot de la médecine officielle dont le seul but est de pérenniser ses revenus et d’asseoir son autorité. » Que faire face à une telle incompréhension ?  Avant tout, il convient de chercher à convaincre la personne, de la façon la plus paisible et la plus dépassionnée possible, non de forcément renoncer à son approche mais de réfléchir ; il faut la persuader de se renseigner auprès de malades ayant eu recours à la technique - et singulièrement ceux parfois nombreux qui ont été rejetés par les adeptes de la soi-disant thérapie – afin de connaître leur sentiment. Si cela est possible, il faut essayer de faire apparaître les réelles motivations du « thérapeute » qui, généralement, n’ont rien de médical mais relèvent le plus souvent, ici d’une idéologie partisane, là d’un évident bénéfice financier. Il est important que la personne comprenne qu’on ne la juge pas, qu’on ne souhaite certainement pas la faire se renier, qu’on ne cherche soi-même aucun bénéfice personnel et, surtout, qu’on n’intervient que parce que qu’on la croit en danger. Enfin, si tous ces efforts demeurent infructueux, il est indispensable de lui faire savoir qu’il sera toujours temps de faire machine arrière et qu’on l’aidera alors du mieux qu’on le pourra et sans arrière-pensée : en pareil cas, l’orgueil des uns et des autres n’a aucune place.

 

Pour les fauteurs de trouble et autres gourous en mal de renommée, la réponse est plus facile car le côté affectif et douloureux est presque toujours absent : il suffit de s’en tenir à la Loi qui doit être identique pour tous avec, dans le cas plus particulier des médecins, un renvoi à leur code de déontologie, dont je rappellerai pour conclure quelques uns des principaux articles se rapportant à ce sujet :

 

. article 30 : « Est interdite toute facilité accordée à quiconque se livre à l’exercice illégal de la médecine. »

 

. article 39 : « Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Toute pratique du charlatanisme est interdite. »

 

. article 21 : «  Il est interdit aux médecins, sauf dérogations accordées dans les conditions prévues par la loi, de distribuer à des fins lucratives des remèdes, appareils ou produits présentés comme ayant un intérêt pour la santé. Il leur est interdit de délivrer des médicaments non autorisés. »

 

. article 32 : « Dès lors qu’il a accepté de répondre à une demande,  le médecin s’engage à assurer personnellement au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises de la science (…). »

 

(Sources : Bulletin national de l’Ordre des Médecins)

 

 

Voici donc pour les médecins mais pour tous il y a évidemment la loi que nul n’est censé ignorer et à laquelle force doit rester.
 

 

 

Nota : un cas particulier, le refus de transfusion sanguine

 


   On sait que les témoins de Jéhovah refusent la moindre transfusion sanguine.  La loi  du 4 mars 2002 est très explicite sur ce sujet : elle affirme que « aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne… » même si elle ajoute que « si la volonté de la personne de refuser ou d’interrompre un traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en œuvre pour la convaincre d’accepter les soins indispensables. » (Sources : Bulletin national de l’Ordre des médecins)

 

Que faire donc si la personne refuse les soins ? Le médecin ne risque-t-il pas d’être poursuivi sur un autre plan juridique, celui de la non-assistance à personne en danger ? Il arrive alors que, considérant qu’il s’agit de la mise en cause à cours terme d’un pronostic vital, le médecin passe outre. La jurisprudence lui donne souvent raison : aucune violation du droit au refus de soin ne pourra lui être opposé (même exprimé par le patient ou sa famille) pour peu qu’il ait accompli un « acte indispensable à la survie du malade et proportionnel à son état ».  Douloureux cas de conscience qu’il est bien difficile de gérer…

 

Ajoutons que, dans le cas des mineurs, le médecin doit prendre les décisions qu’il juge nécessaire à la santé du mineur, même contre l’avis des parents.
 

 

 

 

Glossaire

 

risque iatrogène :  une maladie, un état, un effet secondaire, etc... sont iatrogènes lorsqu'ils sont occasionnés par le traitement médical  En grec le mot signifie littéralement "provoqué par le médecin" (iatros : médecin ; génès : qui est engendré), ou par d'autres professionnels de la santé, par exemple par un pharmacien. (in Wikipedia France)

 

 

 

 

Annexe : descriptif rapide des techniques évoquées


(les notions brièvement décrites ci-après – et forcément rudimentaires – sont tirées de l’encyclopédie en ligne Wikipédia France. Pour en savoir plus sur les différents sujets, se rendre sur le site de Wikipédia qui donne certaines explications et les liens nécessaires.)

 

 

* acupuncture : l'acupuncture ou acuponcture (du latin : acus, "aiguille" et pungere "piquer") dont la caractéristique la plus représentative est son traitement par implantation d'aiguilles, constitue l'une des composantes de la médecine traditionnelle chinoise. L'acupuncture traditionnelle est un art thérapeutique qui élabore son raisonnement diagnostique et thérapeutique sur une vision énergétique taoïste de l'Homme et de l'univers : l'Homme, microcosme, organisé à l'image du Macrocosme universel, s'en trouve donc soumis aux mêmes règles, qui devront inspirer son mode de vie, et serviront de trame à l'élaboration de l'acte médical. L'efficacité de l'acupuncture fait toujours débat au sein de la communauté scientifique.

 

* auriculothérapie : l'auriculothérapie, ou acupuncture auriculaire, est une pratique de médecine non-conventionnelle se voulant diagnostique et thérapeutique mise au point dans les années 1950 par le Dr Paul Nogier, médecin généraliste lyonnais. Elle repose sur l'hypothèse qu'il existerait une correspondance entre l'oreille externe et les différents organes du corps, ou somatotopie. Il serait alors possible dans certains cas de soigner ces différents organes en piquant le pavillon de l'oreille à l'aide d'aiguilles stériles.

 

* ostéopathie : l'ostéopathie est une médecine non conventionnelle créée par Andrew Taylor STILL (1828-1917), essentiellement basée sur des techniques manuelles, et repose sur quatre concepts :

a. L'unité : celle du corps (toutes les parties sont reliées, par la vascularisation, le  système nerveux et le tissu conjonctif), mais aussi de l'être humain dans sa globalité, rassemblant ses aspects physique, émotionnel, mental, intellectuel, spirituel.

b. L'interrelation entre la structure et la fonction : un organe ne pourrait fonctionner correctement que si sa configuration tridimensionnelle est conforme à celle d'origine, et inversement.

c. La capacité d'autoguérison : le corps humain disposerait de toutes les capacités d'adaptation et de défense nécessaires. Les ostéopathes fondent leur réflexion sur les conditions qui ont mis ces moyens en défaut, et tentent de lever l'obstacle.

d. "Le rôle de l'artère est absolu" : toute structure somatique non atteinte d'une lésion organique est capable de fonctionner normalement, pour peu que sa vascularisation soit correcte - et que l'alimentation ait fourni des nutriments qualitativement et quantitativement suffisants.

 

* naturopathie :  la naturopathie est une médecine non conventionnelle visant à « rééquilibrer » le fonctionnement de l'organisme par des moyens « naturels » : alimentation, hygiène de vie, phytothérapie, massages, exercices, etc., et psychologie pour la « naturopathie rénovée » qui place le désordre psycho-émotionnel en tête de liste des déséquilibres physiologiques qui en découlent.

 

* réflexologie : la réflexologie est une discipline médicale non conventionnelle de type massage. Elle repose sur le postulat infondé scientifiquement selon lequel chaque organe, glande partie du corps ou fonction physiologique correspondrait à une zone ou un point sur les mains, les pieds ou les oreilles. Un toucher spécifique appliqué sur ces zones permettrait ainsi de localiser les tensions et de rétablir l'équilibre du corps. Pour ses praticiens, la réflexologie libérerait les facultés d'auto-guérison de l'organisme et permettrait de soulager divers troubles sans traitement médicamenteux... Cette technique manuelle se place dans une approche énergétique et globale du corps. Elle s'apparente au shiatsu ou à l'acupuncture.

 

* iridologie : techniques de diagnostic et de prévention, l’iridologie est fondée sur l’examen minutieux de l’iris pour évaluer la constitution de l’individu et déterminer ses prédispositions à la maladie.

 

* anthroposophie : la médecine anthroposophique est une forme de médecine non conventionnelle pratiquée à partir des années 1920. Selon les théories de l'anthroposophie, il faut, dans la démarche thérapeutique, tenir compte, notamment, des trois composantes de l'être humain : corps, âme et esprit et des relations entre l'homme et l'univers.  Pour cela elle utilise des médicaments issus des règnes minéral, végétal et animal et des dynamisations de type homéopathique mais aussi des remèdes à concentrations plus élevées qui s'apparentent à de la phytothérapie. Bien que recourant à des dilutions homéopathiques pour certains médicaments, la médecine anthroposophique est spécifique et bien distincte de l'homéopathie. En général, en médecine anthroposophique, on utilise des dilutions décimales. Cette médecine fait également appel à des thérapeutiques artistiques et à des soins externes (massages, enveloppements...).

 

* biothérapie gazeuse :  présentée comme une médecine de terrain dérivée de l'homéopathie, la biothérapie gazeuse procède par injection de gaz dilués et dynamisés. Crée par le Docteur Fix, elle est censée notamment agir sur les allergies et sur les rhumatismes, principalement dans le syndrome du canal carpien et dans les arthroses du genou. Elle reste à ce jour totalement non évaluée.

 

* urinothérapie : elle est également appelée Amaroli qui est le nom donné en Inde à la pratique qui consiste à boire une partie de son urine pour entretenir sa santé ou se soigner. En Occident elle est appelée urinothérapie, ou auto-urine thérapie.  Cette technique, non évaluée, a de nombreux adeptes en Asie (Japon), en Europe (surtout Allemagne et Pays-Bas) et aux USA. 

 

* kinésiologie : la kinésiologie est l'étude des mouvements humains.  Enseignée dans plus de 100 pays (il existe des diplômes spécifiques au Canada), elle se divise en un grand nombre de techniques dont certaines à buts thérapeutique ou diagnostique (kinésiologie harmonique, kinésiologie hypersens, édukinésiologie, kinésiologie spécialisée). Son évaluation reste à faire.

 

* médecine ayurvédique : l'Ayurveda ou « médecine ayurvédique » est une médecine indienne qui puise ses sources dans les textes sacrés des Veda (environ - 3 900 ans av. J.-C. à - 1500 ans av. J.-C.) et dont les principes sont ceux de ce qu'on appelle aujourd'hui la « médecine naturelle », ce qui signifie qu'ils respectent les lois de la Nature. En l'occurrence il s'agit d'une approche dite holistique de la culture védique qui constitue les prémices de l'hindouisme. L'utilisation du mot Veda, qui signifie Connaissance, indique l'importance de l'Ayurveda en Inde. L'Ayurveda propose un bien-être durable dans la vie, tant individuelle que familiale et sociale. Elle est censée replacer l'homme dans sa dimension à la fois physique et spirituelle.

 

chromothérapie : la chromothérapie ou thérapie des couleurs est une médecine alternative. Elle est utilisée pour équilibrer l’énergie personnelle, sur un plan physique, mental, émotionnel ou spirituel.

La méthode standard de diagnostic utilisée en chromothérapie a été développée par le Dr Max Luscher au début du vingtième siècle. La chromothérapie remonte aux temps les plus anciens, probablement aux origines de la médecine ayurvédique (voir plus haut). La tradition indienne associe les couleurs aux chacras. On trouve aussi des traces de l’utilisation thérapeutique des couleurs dans la civilisation chinoise antique. La médecine traditionnelle chinoise associe une couleur à chaque organe.

La chromothérapie utilise les couleurs sur différents supports : pierres et gemmes, bougies, prismes, vêtements ou verres teintés, par exemple. Les couleurs ayant un effet à la fois positif et négatif, la chromothérapie fonctionne selon des règles très subtiles.

Son évaluation scientifique n’a jamais été faite.

 

* cristallothérapie : d’après ses promoteurs, la lithothérapie ou cristallothérapie utiliserait l’énergie des pierres pour réharmoniser les chakras et les corps subtils et rétablir l’équilibre du corps, de l'âme et de l'esprit. Elle aiderait sur le plan physique, psychologique et spirituel par la libération de certains blocages émotionnels et par les prises de conscience qu’elle permettrait.  Il s’agit d’une discipline non conventionnelle qui n’a jamais pu être évaluée scientifiquement.

 

* gemmothérapie :  La gemmothérapie est une médecine non conventionnelle fondée par le docteur Pol Henry, elle utilise des tissus embryonnaires végétaux en croissance tel que jeunes-pousses, bourgeons, radicelles, préparés par macération dans un mélange d'eau, de glycérine et d'alcool pour obtenir un extrait que l'on nomme « macérat glycériné ».

 

 

 

 

Mots-clés : santé - médecines parallèles - médecines douces - médecines alternatives - Direction Générale de la santé - INSERM - Miviludes - code de déontologie médicale - transfusion sanguine - Témoins de Jéhovah

 (les mots en blanc renvoient à des sites d'informations complémentaires)

 

 

 

 

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Mise à jour : 26 juillet 2013

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 14:26


     Pour le trentième article du blog, il me paraît judicieux de revenir sur les commentaires les plus intéressants parus au fil des jours.  Au delà de la simple information, quelquefois passé inaperçue,  ils pourront peut-être permettre d'approfondir certaines idées... Aujourd'hui : l’éthologie.

Bonne lecture




Konrad LORENZ



Article : l’agression


Sujet : guerres et Histoire

 

Le 18 janvier 2008 (par defdef)

     Je viens de lire ton article et la longue citation de Lorenz qu'il contient. J'ai été particulièrement intéressé par l'hypothèse de l'observateur lointain (en général on dit : vu de Sirius plutôt que de Mars) qui ne comprendrait rien aux mouvements historiques. En tant qu'historien amateur, j'ai souvent réfléchi à cet aspect du problème mais en tant que cartésien, je crois que les conflits et les guerres (la forme la plus élaborée de l'agression) naissent de la raison, contrairement à ce que les philosophes soutiennent habituellement. La prétendue absurdité de la guerre est une idiotie, une illusion d'optique due à ce que des participants insuffisamment informés ou ayant un point de vue très restreint (je veux dire : ne voyant pas l'ensemble de l'enjeu) ont l'impression d'être embringués dans des actes complètement délirants où, de plus, leur survie n'est pas assurée. Mais en fait, chaque déclenchement de conflit relève, pour l'agresseur au moins, d'un calcul rationnel (qui peut être faux par erreur d'estimation des facteurs), tout comme symétriquement chaque capitulation est aussi un calcul rationnel. Tout plan de bataille, même celui qui s'avère le plus désastreux (mai 40, Dien Bien Phu) est aussi le produit d'un calcul parfaitement rationnel dont les facteurs ont été mal évalués. Il y a d'ailleurs longtemps que les grands chefs sont à l'abri des émotions, ce qui explique leurs ordres extrêmes (Lorenz parle de l'émotion comme facteur pacifiant dans ta citation).
     Il y a un autre facteur qui joue un rôle très important dans l'Histoire (et dans la Science) : le hasard.

 

Réponse (par cepheides)

     Je suis assez d'accord avec toi, mon cher defdef, lorsque tu nous dis que, chez l'Homme, la préparation d'un conflit - donc d'une agression - relève de la logique. Il existe assurément de nombreux éléments qui expliquent les sources d'un conflit et beaucoup d'identifiants peuvent être isolés : certains sont assez faciles à reconnaître, d'autres ne le seront que bien plus tard lorsque les observateurs auront eu assez de recul pour retrouver la sérénité, d'autres enfin ne seront sans doute jamais clairement définis et, peut-être, le hasard en a-t-il alors une part. Tous, en tout cas, relèvent de la logique (et pour les agresseurs, en effet, d'un calcul rationnel) pour peu qu'on veuille bien les étudier sereinement et je pense tout à fait comme toi qu'il est absurde de déclarer - avec le politiquement correct - que la guerre est une idiotie (ce qui n'empêche pas de la détester). Toute guerre, effectivement, est rationnelle. Ceux qui pensent le contraire ne sont que des individus qui, à leur échelle, ne possèdent qu'une vue partielle de la situation et là aussi je te rejoins. (Je pense souvent à Stendhal et à sa description par son héros, Fabrice del Dongo - dans la Chartreuse de Parme - de la bataille de Waterloo à laquelle il participe et à laquelle il ne comprend rien tant son observation est parcellaire).
Tout ce que je viens de dire ne me semble nullement contradictoire avec l'analyse des éthologues. Lorenz, par exemple, se contente de souligner qu'il existe chez tout individu des seuils d'activation à partir desquels une agression peut être déclenchée (ou dans le cas d'un conflit interhumain une "adhésion" à l'agression collective) et que cela relève en partie de la génétique. L'agression, individuelle ou collective, est probablement un moyen trouvé par l'Evolution pour permettre l'expression de la pression de sélection, seule à même d'assurer l'adaptation d'une espèce. Il n'y a rien là de bien nouveau. Ce qui est plus novateur, me semble-t-il, c'est de dire que ces réactions ne sont plus en rapport avec les dégâts entrainés du fait de l'avancée de la technologie. L'homme possède un cerveau  - notamment le paléocortex ou cerveau reptilien -  qui réagit encore en fonction de situations très anciennes datant d'un temps où il n'était qu'une créature plutôt faible (on sait à présent que nos ancêtres du paléolithique étaient plus des charognards que des chasseurs à l'image gratifiante). De ce fait, la possibilité de destruction d'une agression est sans commune mesure avec ce qu'elle fut par le passé. Surtout, la distanciation que l'homme moderne ressent par rapport aux conséquences de ses actes agressifs n'active plus vraiment les mécanismes inhibiteurs qu'il possède (des mécanismes inhibiteurs d'ailleurs moins développés, comme le souligne Lorenz, que ceux des grands carnivores puisque l'homme est avant tout un omnivore).
     Il s'agit en somme de deux approches parfaitement complémentaires, tout aussi logiques l'une que l'autre. Je reste persuadé que les actions humaines peuvent parfaitement s'expliquer mais que nombre d'entre elles nous sont encore mal connues. L'éthologie nous apprend ici que les comportements ne s'appuient pas seulement sur des situations bien précises et parfaitement avérées mais également sur des comportements liés à notre héritage biologique. Intéressant, non ?
     Enfin, dans ta dernière phrase, tu fais allusion au hasard, notamment en science. Il y aurait beaucoup à en dire mais il s'agit là d'un autre sujet. On peut néanmoins se poser la question suivante : le hasard n'est-il pas, au fond, que la somme de ce que nous ne pouvons ou ne savons pas décrypter ? L'Evolution, par exemple, avance "au hasard", certes, c'est à dire sans but prédéfini, mais si l'on connaissait TOUS les intervenants physicochimiques en jeu, ne pourrait-on pas prévoir cette évolution ? Vaste (et vieux) sujet...

 

Sujet : une illustration de l’agression

 

Le 20 janvier 2008 (par cepheides)

     Voici une anecdote qui va dans le sens de ce qu'écrit Lorenz. Mon ex-femme habite l'Ile de la Réunion et, comme elle a un grand jardin, elle possède 7 teckels des deux sexes. Justement, une des femelles est actuellement en chaleur et, avant-hier, le 18 janvier, le petit chien de ses voisins, attiré par l'odeur de la chienne en chasse, a réussi à pénétrer dans la propriété pourtant bien fermée. Il a immédiatement été attaqué par les teckels mâles. Cela a été plutôt difficile de séparer les protagonistes mais le petit chien a été finalement rendu à ses maîtres. Malheureusement, il est mort quelques heures plus tard de ses blessures... Ce qui m'amène faire deux remarques :
          1. les animaux en groupe - ici en meute - sont toujours plus violents sur un ennemi isolé : celui-ci ne peut pas montrer à tous ses attaquants en même temps sa soumission;
          2. dans un espace clos, la fuite est impossible et, comme le souligne Lorenz, cela se termine le plus souvent par la mort du plus faible. C'est d'ailleurs tout le problème des animaux en captivité.
     Les lois de la Nature sont immuables. Pourquoi ce qui est vrai pour tous les animaux ne le serait-il pas (au moins encore un peu) pour l'Homme ?


Sujet :  quelques références en éthologie


Le 20 janvier 2008 (par keno)

     Lectrice régulière de votre blog, j'admets être tout particulièrement intéressée par le sujet que vous abordez.
     Je pense qu'il est bien difficile de faire la part de ce qui est inhérent à la nature humaine.
     J'aimerais avoir plus d'informations. Pourriez vous m'indiquer quelques auteurs qui ont traité du sujet
     Merci d'avance.


 

Réponse (par cepheides)

     L'éthologie est une science complexe qui ne traite pas (loin s'en faut) du seul problème des comportements humains tels qu'on peut les déduire de l'observation animale  :  si vous souhaitez aborder cette discipline sans recourir d'emblée à des ouvrages trop spécialisés, je ne saurais trop vous recommander l'excellent petit livre de vulgarisation écrit par Lorenz  (ce scientifique fut le vrai codécouvreur de cette discipline et il est donc compréhensible de le retrouver ici un peu partout)  dont le titre est  "Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons", (Paris, Flammarion, 1968), paru également en livre de poche (dans la collection "j'ai lu" si j'ai bonne mémoire). Pour le sujet plus ciblé qui semble vous intéresser, ce même Lorenz a écrit un livre dans lequel il nous fait part de toute la méfiance que lui inspire l'avenir des sociétés humaines (il fut également un authentique "écologiste" avant l'heure). Son titre est : "l'Homme en péril ou la destruction de l'humain", paru chez Flammarion en 1985. Il existe bien sûr de nombreux travaux d'éthologie qu'il est facile d'identifier avec Internet sur les sites dédiés. En revanche, j'attire votre attention sur les méfaits de la médiatisation ambiante  :  on y cite souvent des auteurs comme, par exemple, Boris Cyrulnik, excellent au demeurant, mais qui est à mes yeux plus un psychiatre de tendance analytique qu'un véritable éthologiste. Il convient donc d'être vigilant sur ce que l'on appelle l'éthologie... Je vous souhaite une excellente lecture de ces ouvrages.

 

 

 

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 15:48



     Voici la suite de l'article consacré aux différents commentaires concernant des sujets de médecine et de biologie. Je vous en souhaite bonne lecture, tout en vous rappelant que vos réactions aux idées développées ici sont toujours les bienvenues.




i

                                                                       

(image : www.enviro2b.com/)





Article : l’âme

 

 

Sujet : "l'âme", énergie vitale ? 


Le 9 août 2007 (par medecin)

     L'âme pour moi, c'est l'énergie vitale du corps...  On sait en effet que certaines médecines asiatiques utilisent des techniques qui mettent en exergue cette énergie.  Par ailleurs,  je me souviens de ces moines asiatiques qui peuvent concentrer l'énergie qu'ils ont dans une partie de leur corps et d'autres qui peuvent se faire transpercer sans rien sentir...  Ca m'a toujours intrigué...
     Par ailleurs, je pense qu'âme et conscience sont souvent confondues, certains évoquent même l'âme comme une sorte de substance qui est diffuse dans notre corps...  C'est pourquoi je la définirais comme l'énergie interne.  En ce qui concerne la conscience,  je suis quelqu'un qui pense qu'elle est liée aux neurones !  La conscience, c'est les neurones !  Les preuves sur lesquelles je me base  ?  Les états végétatifs chroniques suite à un coma métabolique qui ont détruit la plupart de leurs neurones  : on voit aisément que les malades ne peuvent plus être conscients ;  on met des électrodes sur leur peau et on se rend compte qu'il n'y a plus de réaction lorsqu'ils voient quelqu'un de familier.  Par ailleurs,  le problème est qu'on ne sera jamais prouvé cela car on ne saura jamais se mettre à la place de quelqu'un pour savoir si il est conscient.  Comme dirait Thomas Nagel,  on a beau étudier les neurones d'une chauve-souris,  on ne saura jamais ce que cela fait d'être une chauve-souris.

 

Réponse (par cépheides)

     L'énergie vitale...  Un peu à la manière de "l'élan vital" de Bergson,  j'imagine. Tu ne nous dis pas si tu penses que cette énergie vitale est totalement liée au corps  (il s'agit alors d'une composante matérielle encore inidentifiée)  ou bien si elle subsiste après la mort  (et, là, on se retrouve face à une définition de l'âme).  Concernant les bonzes asiatiques, il est vrai que certains arrivent à contrôler  (au moins en partie)  leurs corps  :  par exemple, on dit que certains peuvent ralentir volontairement leur rythme cardiaque.  Je pense qu'il s'agit là de l'intervention du Système Nerveux Central  ( sous le contrôle volontaire du cerveau)  sur le système nerveux autonome  (les intrications de ces deux systèmes nerveux sont finalement assez peu connues).  En pareil cas,  on a certainement affaire à la désafférentation de certains circuits nerveux expliquant,  par exemple,  la résistance à la douleur.  C'est probablement ce qui permet aux  "marcheurs sur le feu"  de la Réunion ou de Polynésie,  sous l'emprise d'une forte émotion,  de ne pas sembler souffrir de leur exercice,  ni même d'en avoir de gros stigmates physiques.
     D'une manière plus générale,  dans les comas,  il existe certainement une séparation plus ou moins complète entre le cerveau et les nerfs périphériques expliquant le coma vigile,  le coma profond,  etc.  Je suis bien d'accord avec toi :  la conscience,  ce sont les neurones dont l'entrelacement des milliards de synapses  (et le passage de l'influx nerveux dans des circuits dédiés)  permet l'accès aux données stockées,  puis leur utilisation de manière plus ou moins consciente.




Sujet : cerveau, esprit, âme, conscience…

Le 19 février 2008 (par didi)

     On a aussi tendance a dire que l'âme est un synonyme de morale dans le sens où seulement les hommes font la distinction du bien et du mal.  Mais quand on regarde l'animal on a l'impression qu'il agit comme par devoir ;  par exemple un chien ne va pas jusqu'à se poser des questions consciemment mais il va quand même obéir à une sorte de mécanique du devoir  (pour un chien bien dressé on lui dit assis, il s'assoit, mieux encore, le maître n'est pas chez lui et le chien, qui est resté à la maison tout seul, sent que bien qu'il ait l'envie de faire ses besoins il doit attendre le retour du maître).  Ainsi ce que l'homme appelle bien ou mal ne serait en fait qu'une réponse à un ordre que l'on reçoit.  Pourtant d'où viennent les ordres que se donnent les hommes ?  Ces ordres viennent du fait que nous avons une conscience et que nous arrivons à nous détacher d'une nature complètement animale pour pouvoir exercer notre jugement.  Mais ce jugement peut être à son tour déterminé par la mémoire, etc.  Dans ce cas la conscience n'est que réactions, en d'autres termes elle est animale.  Mais le progrès de l'homme est le résultat de consciences qui étaient intriguées de choses qu'elles ne comprenaient pas et qu'elles voulaient s'expliquer et expliquer aux autres :  c'est la naissance de disciplines telles que la philosophie ou les sciences.  Mais reposons la question,  pourquoi une âme ?  Je commencerai par dire que toute action animale et raisonnée est le fruit de ce que l'on pourrait appeler des postulats d'idées  (pour agir on postule une idée, un but)  mais aussi de postulats psychiques,  postulats mémoriels, etc.  Ce qui veut dire que l'homme réagit toujours à quelque chose,  d'ailleurs  " la conscience est toujours conscience de quelque chose ".  Et c'est là où l'on voit que l'homme peut atteindre une dimension plus grande en postulant sa liberté.  Car ce n'est que en se disant libre qu'il peut déterminer ce qui lui semble bon.  Comment axer sa liberté d'une bonne manière ?  Par la morale peut-être ?  Ainsi l'homme n'a plus besoins de preuves scientifiques puisque la morale n'est pas scientifique.  La croyance en l'âme et en une morale transcendantale semble justifiée.  Je voudrais finir en citant un paragraphe d'une œuvre de John C. Eccles (prix Nobel de médecine)  " Evolution du cerveau et création de la conscience" :  " Les problèmes liés à l'unicité ressentie par chaque  " moi "  ont été négligés par la philosophie contemporaine.  On peut supposer que cela est dû au matérialisme ambiant qui ne veut pas voir les problèmes fondamentaux que pose l'expérience spirituelle.  Je me concentrerai sur l'événement le plus extraordinaire dans le champ de notre expérience,  à savoir l'avènement de chacun de nous en tant qu'être autoconscient unique.  C'est un miracle à tout jamais au-delà des possibilités d'explication de la science ."  On pourrait rajouter cette phrase de David Lack tiré du livre " Evolutionary Theory and Christian Belief " (1961) : " La science n'a pas pu expliquer la moralité, la vérité, la beauté, la responsabilité individuelle ou la conscience de soi...  Autrement dit une partie de l'expérience humaine échappe à la science. "

 

Réponse (par cepheides)

     Bonjour Didi et merci pour ta longue et intéressante intervention.  Dans la première partie de ce que tu expliques  (le chien qui apprend à différer ses besoins),  il me semble que tu fais allusion à ce que les éthologues appellent le conditionnement,  conditionnement qui existe également chez l'Homme  :  je pense,  par exemple,  au conditionnement social  (entre autres)  qui nous permet de nous insérer convenablement dans une société,  et donc d'être « supportable » par les autres  (l'inverse étant,  bien entendu,  tout aussi vrai). Sais-tu qu'il s'agit là d'un item extrêmement fort  :  dans la maladie d'Alzheimer,  lorsque le sujet a tout perdu et cela jusqu'à son identité propre,  il lui reste encore des automatismes sociaux qui lui permettent de répondre à des sollicitations d'ordre social du type  « Comment allez-vous »  et il répond « très bien et vous »  alors qu'il est par ailleurs incapable de verbaliser la moindre de ses actions...  Ce que tu évoques ensuite relève de l'esprit  -  et donc de l'intelligence  -  humain qui nous permet effectivement d'entrevoir autre chose que la seule action immédiate,  l'animalité si tu préfères.  C'est ainsi que cette accession à la conscience nous sert à nous situer dans le monde,  à nous permettre d'abstraire, de penser, de raisonner.  Jusqu'à quel niveau existe-t-il ici une  « liberté »  ?  C'est ce dont discutent les philosophes depuis des siècles.  Nous sommes toutefois loin de la notion d'âme qui,  dans le sujet du blog et je l'ai bien précisé,  ne saurait se confondre avec l'esprit,  la conscience,  etc.  J'évoquais plutôt l'âme en tant qu'élément survivant à l'homme  -  et donc extérieur à lui  -  comme on le décline dans les religions.  Croire que  « quelque chose » d'immatériel nous représentant puisse survivre à la disparition de la matière qui nous compose (y compris à notre cerveau et à son fonctionnement) relève certainement de la foi  :  nous sommes alors loin de la biologie et de l'observation du vivant telle qu'elle nous est accessible...



 

Article : étoiles doubles et systèmes multiples

 


Sujet :
nature de la science en général et de la médecine en particulier 

Nota : cette série de commentaires a été publiée en annexe de l’article d’astronomie citée en référence mais elle concerne effectivement la médecine : on trouvera des compléments en commentaires de l’article cité car une saisie in extenso aurait été trop longue.

 

Le 20 mars 2008 (par Baudouin Labrique)

     Vous dites « la Science n'a pas d'a priori ».  Incroyable une telle assertion du moins pour ce qui concerne la science dans sa partie matérialiste et rationaliste et tournée vers la passé alors que fleurissent à profusion des avances déterminantes de scientifiques innovants qui,  en respect des découvertes incontestées à ce jour de la Physique Quantique,  intègrent  (enfin)  matière et immatière (et donc psychisme).  Voici ce qu'écrivait,  en effet,  feu le Pr Paul Feyerabend,  professeur de philosophie des Sciences à Berkeley :  « L'idée que la science peut,  et doit,  être organisée selon des règles fixes et universelles est à la fois utopique et pernicieuse.  Elle est utopique car elle implique une conception trop simple des aptitudes de l'homme et des circonstances qui encouragent,  ou causent,  leur développement.  Et elle est pernicieuse en ce que la tentative d'imposer de telles règles ne peut manquer de n'augmenter nos qualifications professionnelles qu'aux dépens de notre humanité. En outre, une telle idée est préjudiciable à la science car elle néglige les conditions physiques et historiques complexes qui influencent en réalité le changement scientifique.  Elle rend notre science moins facilement adaptable et plus dogmatique  :  chaque règle méthodologique étant associée à des hypothèses cosmologiques,  l'usage de l'une nous fait considérer la justesse des autres comme allant de soi. »   « Le falsificationisme naïf » tient ainsi pour acquis que les lois de la nature sont manifestes,  et non pas cachées sous des perturbations d'une ampleur considérable ;  l'empirisme,  que l'expérience des sens est un miroir du monde plus fidèle que la pensée pure ;  le rationalisme,  enfin,  que les artifices de la raison donnent de meilleurs résultats que le libre jeu des émotions ». «  La science est beaucoup plus proche du mythe qu'une philosophie scientifique n'est prête à l'admettre.  C'est une des nombreuses formes de pensée qui ont été développées par l'homme, mais pas forcément la meilleure (...) » . « La science [matérialiste et rationaliste]  est la plus récente,  la plus agressive et la plus dogmatique des institutions religieuses. » Pr Paul Feyerabend. 

     « La connaissance isolée, obtenue par un groupe de spécialistes dans un champ étroit n’a en soit aucune valeur,  mais seulement si elle est associée,  synthétisée avec les autres connaissances.  Son apport varie selon sa contribution a la question ».  (« Qui sommes nous ? » de Erwin Schrödinger, un des pères de la Mécanique Quantique).
     Au vu des échecs de la science médicale,  il faut résolument et d'une manière responsable se poser les bonnes questions comme celles que se pose Jean-Jacques Crèvecoeur :  « Pourquoi la médecine est-elle dans une impasse  ?  Au début des années 1980,  mes conversations privées avec des collègues chercheurs dans le domaine de la médecine et de la biologie m’avaient déjà mis la puce à l’oreille.  « En médecine, nous sommes dans une impasse. Nous le savons depuis quelques années, et nous ne savons pas dans quel sens orienter nos recherches. »  Ces propos concernaient l’ensemble de la recherche médicale,  et pas un seul petit secteur isolé,  malheureusement.  Ces confidences  « off record »,  personne n’osait les faire en public,  ni dans les congrès scientifiques,  de peur de se voir immédiatement privé des subventions indispensables pour poursuivre les travaux du laboratoire. »  « Le langage de la guérison  :  histoire d’une révolution scientifique dans le domaine de la médecine ».  « Les «épidémies » ne frappent que des gens ou des animaux fragilisés et s’arrêtent spontanément sans la moindre intervention médicale. D’autant mieux, d’ailleurs, qu’il n’y a pas d’intervention médicale.  Les autorités,  conseillées par des «experts »  (ces savants de l’ignorance selon la revue Marianne)  continuent à nous imposer les vaccinations   acte anti-scientifique s’il en est   faisant preuve de l’inculture et de l’irresponsabilité du corps médical qui,  depuis Pasteur,  répète sans jamais les remettre en question des dogmes éculés,  depuis longtemps rejetés par nos voisins européens par le danger qu’ils représentent  ! » Pr Jacqueline BOUSQUET (Plus de détails concernant le rôle réel et pas intrinsèquement négatif des microbes).  « les méthodes orthodoxes basées sur les doctrines classiques de l'épidémiologie,  l'immunologie,  la chimiothérapie ne suffisent pas pour traiter les maladies endogènes.  Il est besoin de développer des procédés pour rétablir un équilibre entre l'hôte et le parasite. » 
Sarah Bosely, The Guardian, 3 mai 2000. 
On a beau jeu alors de détourner l'attention sur des approches non conventionnelles ce qui est renforcé par les médias asservis à la pensée dominante.  Je défie quiconque de pouvoir faire une liste dépassant la centaine de personnes qui en un an seraient avérées être décédées à cause des traitements non conventionnels  !  En revanche,  il est dès lors important de se (re)poser la question  « Où sont les [vrais] charlatans ? »  comme le fait le site « Innovation-Santé »...  et comme déjà mentionné,  résolument se pencher sur les raisons pour lesquelles les traitements médicaux constituent la 2ème cause de mortalité...  Sinon c'est (encore) se tromper de cible.  Du côté des pratiques conventionnelles,  il y a donc des dérives iatrogènes et mortifères sans commune mesure à tout ce qui pourrait être reproché dans le chef de la pratique non conventionnelle de la santé dont la psychothérapie et qui est diabolisée et dénoncée  tendancieusement comme générant des dérives de type sectaire.
     Saint Augustin disait déjà que  « Les miracles ne violent pas les lois de la nature, mais le PEU que nous en savons ».  Grâce à la psychobiologie doublée d'une psychothérapie efficace,  des milliers de patients se guérissent ; cependant de telles guérisons faisant désordre dans le paysage médiatique asservi à la pensée unique lobbyisée,  elles n'y ont donc pas mérité une juste diffusion et la mauvaise foi prévalant fait dire à certains qu'il faut trouver dans une erreur de diagnostic  (!)  la survenance de prétendues  (à leurs yeux) guérisons,  mais en fait c'est parce qu'elles échappent à leur entendement matérialiste et rationaliste,  voire contrarient leurs intérêts financiers (moindre recours à des médications)  !
     « Celui qui base ou croit baser sa conduite  -  interne ou externe, de sentiment ou d'action  -  sur un dogme ou un principe théorique qu'il estime indiscutable, court le risque de devenir un fanatique. »  (Miguel de Unamuno / 1864-1936 / Le sentiment tragique de la vie).

 

Réponse (par cepheides)

     Je vous remercie de votre longue et très intéressante intervention qui demande plusieurs réponses d'ordre différent.  Tout d'abord  - et je le maintiens -  je pense que la Science n'a pas d'a priori ou,  du moins,  ne devrait pas en avoir pour peu qu'elle soit menée par des chercheurs honnêtes.  En effet,  c'est un des rares domaines de l'activité humaine où il est possible de se corriger en fonction des éléments nouveaux amenés par l'observation ou l'expérimentation.  On le voit tout au long de l'Histoire  :  des hypothèses sont abandonnées,  des théories sont revues,  corrigées,  transformées au fur et à mesure de l'avancée de nos connaissances.  En science,  il n'y a pas de certitude qui ne puisse être remise en question.  Le réexamen des données est constant ce qui permet d'avancer avec quelque vraisemblance de résultat...  C'est précisément en cela que la Science est à l'opposé d'une attitude religieuse fondée sur des dogmes inamovibles.  En science,  jamais d'affirmations gratuites et "tombées du ciel" mais le plus souvent des probabilités  !  Il n'en reste pas moins que depuis que l'Homme se penche sur son environnement,  il existe  -  heureusement  -  quelques certitudes  :  la Terre n'est pas plate,  le Soleil est une étoile banale comme les autres,  les galaxies sont effectivement extérieures à la Voie lactée, etc.  Qu'il reste énormément d'inconnu n'est nié par personne et c'est précisément cette approche qui nous permet de ne jamais considérer comme définitifs une observation, un résultat,  si évidents soient-ils.  La méthode expérimentale de Claude Bernard reste encore le meilleur moyen explicatif de notre univers...
    Vous nous dîtes ensuite que « la médecine est dans une impasse ».  Le médecin que je suis,  confronté chaque jour aux malades et à la maladie,  ne peut que s'insurger contre une telle affirmation.  Peut-on raisonnablement avancer que l'on soigne moins bien aujourd'hui qu'il y a,  disons,  une centaine d'années  ?  Ce serait une absurdité et les statistiques de longévité accrue de nos contemporains sont là pour nous le dire.  Alors, évidemment,  affirmer qu'il reste bien des éléments de pathologie hors de notre portée est évident ;  c'est même un truisme.  Quoi qu'il en soit,  persévérer dans la connaissance des mécanismes intimes des affections  -  et leur traitement  -  est à l'évidence le seul chemin.  Je me souviens,  par exemple,  lorsque j'ai débuté il y a quelques décennies,  du drame quasi automatique que représentaient les cancers du sein  :  porter le diagnostic il y a quarante ans,  c'était expliquer à la malade qu'elle était perdue.  Aujourd'hui,  heureusement,  80% de ces cancers sont guéris par la médecine et ce,  avec de moins en moins de séquelles.  Il s'agit là d'un exemple parmi des milliers d'autres...  On trouvera toujours ici et là de bonnes âmes pour expliquer que cela ne va pas assez vite ou qu'on se fourvoie de temps à autre mais l'essentiel reste que la médecine a formidablement progressé,  qu'elle continue de le faire et que c'est tant mieux pour le bien de tous.
     Quant aux vaccinations "acte antiscientifique",  je pense que c'est faire peu de cas des avancées considérables que cette technique a permises  :  la variole n'est-elle pas éradiquée aujourd'hui,  comme nombre de maladies du genre  ?  (je repense aux "épidémies" de polio qui terrorisaient tant ma mère lorsque j'étais enfant).  La vaccination antigrippale ne permet-elle pas chaque année d'épargner bien des vies,  notamment chez les plus fragiles  ?  Je suis d'ailleurs frappé par le fait que les opposants aux vaccinations relèvent toujours d'une approche non scientifique,  qu'elles sont souvent le fait de gens qui raisonnent en fonction de leurs  « certitudes »  personnelles sans jamais s'en référer aux chiffres et cette attitude là,  oui,  c'est vrai,  elle est antiscientifique  :  n'inversons pas les rôles  !  Ailleurs,  certaines sectes s'opposent à toute transfusion sanguine au nom d'un obscurantisme jamais remis en cause  :  qui est antiscientifique ici  ?  Et il ne s'agit là que d'un exemple parmi tant d'autres.
     Enfin,  vous citez la psychobiologie,  terre encore bien mal déchiffrée  :  il est vraisemblable que certains malades sont améliorés par des thérapies peu conventionnelles mais la médecine  « traditionnelle »  ne remet pas en cause ces résultats.  Elle se contente de prendre acte en sachant que,  tôt ou tard,  l'explication physicochimique sous jacente sera décryptée...  sans compter la considérable importance de l'effet placebo,  si difficile à évaluer.
Vous comprenez donc que je ne partage pas vraiment votre approche mais,  et c'est pour cela que je pense ce blog utile,  je suis heureux que nous puissions ainsi débattre de tels sujets.  Vous serez toujours le bienvenu ici  :  aux lecteurs de se faire une idée...
P. S.  :  en relisant attentivement votre intervention,  je m'aperçois que vous opposez matière et psychisme  (que vous appelez immatière)  ce qui m'avait échappé  !  Évidemment,  nous ne risquons pas de nous comprendre puisque je suis quant à moi persuadé que tout est matière  (pensée, mémoire, etc.)  et que je ne crois définitivement pas à l'âme.  Je suis persuadé que ce que l'on appelle psychisme est en fait schémas et connexions neuronales baignant dans des catécholamines cérébrales,  le tout étant modulé tant par l'hérédité que par l'apprentissage  (culturel ou autre).  C'est la raison pour laquelle,  un jour ou l'autre,  je pense que la science arrivera à très bien explorer  (et surtout expliquer le fonctionnement,  donc réparer si besoin)  nos pauvres enveloppes corporelles d'animaux dits supérieurs.

 

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