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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 16:22





Pour le trentième article du blog, il me paraît judicieux de revenir sur les commentaires les plus intéressants parus au fil des jours.  Au delà de la simple information, quelquefois passé inaperçue,  ils pourront peut-être permettre d'approfondir certaines idées... Aujourd'hui : l'astronomie.
Bonne lecture.

  choc-galactique.jpgchoc entre deux galaxies (sources : http://www.yourwallpaper.com/)




 

Article céphéides

 

 

Sujet  : variation des céphéides; Henrietta Leawitt

 

23 juillet 2008 (par GG2)

 

Cet article est vraiment très bon !
J'aimerais par ailleurs y ajouter quelques compléments : la luminosité des céphéides varie parce qu'elles pulsent, autrement dit parce que leur surface lumineuse augmente. Comme une large baie vitrée laisse passer plus de lumière qu'une étroite lucarne, une céphéide dilatée sera plus brillante qu'une céphéide contractée. Concernant les températures, il faut savoir que le maximum est atteint pendant l'augmentation en luminosité, et le minimum est rejoint au milieu de la décroissance en magnitude. Une céphéide peut ainsi passer d'un type spectral à l'autre pendant son cycle, les fluctuations en température le permettent.
En fait, le nom de céphéides est arrivé après les observations de Leavitt (ou Leawitt). On s'est rendu compte que l'étoile delta Cephei était l'astre le plus remarquable à adopter le même comportement que les variables des Nuages de Magellan. Pour être très exact, on devrait parler de delta-céphéide, car il existe aussi des bêta-céphéides qui ne se rangent pas tout à fait dans la même catégorie.
Delta Cephei a l'avantage d'être parfaitement visible sans instrument, même dans un ciel citadin. Elle possède aussi des étoiles voisines dont l'éclat est constant. En les observant attentivement et en comparant les luminosité, on peut en l'espace d'une ou deux semaines mettre en évidence la variabilité de delta Cephei. Du minimum au maximum, il s'écoule un jour et demi ; du maximum au minimum, quatre jours passent. La croissance est donc bien plus rapide que la décroissance : c'est une caractéristique significative de toutes les céphéides.
Vous avez correctement écrit que c'est grâce aux céphéides qu'Edwin Hubble a pu mesurer les distances des galaxies (dès 1925) pour ensuite formuler la loi qui porte son nom. Ces travaux étaient censés se préciser et se compléter avec un télescope spatial ; le "Hubble Space Telescope" a réalisé de nombreuses observations et découvertes de valeur inestimable, mais c'est bien pour l'observation des céphéides qu'il a été baptisé "Hubble".
En fait, le comité Nobel a pensé à récompenser Henrietta Leavitt pour sa découverte. Comme vous le savez, la découverte et le prix Nobel qui va avec sont très souvent largement séparés dans le temps. Tellement qu'au moment d'être nommée, Leavitt était déjà décédée... Et un Nobel ne peut malheureusement être décerné à titre posthume.
Yaël Nazé, auteur du bouquin "L'Astronomie au féminin" (qui retrace les parcours professionnels de femmes astronomes méconnues par rapport à leurs homologues masculins) a attiré mon attention sur le fait que l'on parle de "loi de Hubble", de "diagramme de Hertzprung-Russell", de "théorème de Vogt-Russell", de "masse de Chandrasekhar", mais uniquement de "relation période-luminosité". Le terme "loi de Leavitt" serait pourtant une manière de rendre justice et hommage à l'astronome.

 

Réponse (par cepheides)

     Je vous remercie très sincèrement pour votre commentaire, très riche et fort documenté, qui complète parfaitement le texte du sujet proprement dit. Concernant Leawitt, je ne peux m'empêcher de penser que si elle avait été du sexe masculin, sa remarquable découverte lui aurait été plus facilement attribuée, avec les récompenses et/ou honneurs qui s'imposaient et, comme vous, je déplore que la loi astronomique qui reprend son observation ne porte pas son nom... Au delà du grand public, la communaute scientifique sait néanmoins ce qu'on lui doit, ce qui est une petite consolation.

 

 
 

Article : étoiles doubles et systèmes multiples


Sujet : vie extraterrestre
 

31 octobre 2007 (par Henri L.)

Intéressant article qui me donne à penser la chose suivante : il y a des milliards d'étoiles présentes au sein d'une même galaxie et des milliards de galaxies dans notre univers visible (combien au delà ?). Or, chacune de ces étoiles est susceptible d'être entourée par plusieurs planètes. Ce qui nous laisse supposer que, toujours dans l'univers qui nous est accessible, il existe des milliards de milliards de planètes potentielles : comment ne pas penser que au moins une poignée d'entre elles possède les conditions requises pour voir apparaître une forme de vie. On imagine toujours ces autres êtres vivants à peu près semblables aux formes de vie présentes sur notre planète (ressemblant de préférence à l'être que nous supposons le plus intelligent, c'est à dire nous). L'intérêt de votre article est de montrer que les conditions de vie sur une planète peuvent être infiniment variables. Par exemple, à gravité et atmosphère égales, quelle pourrait être la configuration d'une être intelligent (ou seulement vivant) sur une planète tournant autour d'un trio d'étoiles bleu-blanc-rouge ? Ses organes visuels seraient très certainement bien différents des nôtres... Tout cela pour dire qu'il ne faut pas chercher une forme de vie forcément analogue à la nôtre...

Réponse (par
cepheides)
     Il est certain que l'Univers est infiniment plus vaste que nous ne pouvons l'imaginer avec notre cerveau somme toute limité. Récemment, sur un blog où était posée à peu près la même question, j'avais expliqué que, quelques années avant sa mort, Isaac Asimov (qui n'était pas qu'un écrivain célèbre de science-fiction mais également un scientifique brillant) avait écrit sur le sujet : "Isaac Asimov a écrit un livre (civilisations extra-terrestres, chez RD) où il calculait les probabilités de vie extra-terrestre (nombre de galaxies et d'étoiles, position des planètes par rapport à leur étoile, composition, atmosphère, etc.). A chaque étape, il avait un chiffre probable dont il ne retenait que 10%. Au bout du compte, il a trouvé 433 millions d'étoiles où la vie était apparue sur une des planète sous forme de micro-organismes et 390 millions de planètes possédant une civilisation technologique plus ou moins avancée." Je suis pour ma part certain qu'il existe de la vie quelque part dans l'Univers, même si elle reste difficile à imaginer, du moins pour ses formes les plus élaborées (parce que des bactéries restent malgré tout des bactéries, c'est à dire des formes de vie assez simples). Ce qui finalement pose problème est la distance incroyable qui nous sépare de ces planètes du possible et, dans l'état actuel de nos connaissances, je vois mal comment nous pourrions atteindre - même par des signaux quelconques et à supposer qu'ils puissent les comprendre - nos éventuels correspondants. Il est vrai, que du temps de Napoléon, un voyage sur la Lune était du domaine du rêve le plus extravagant : restons donc optimistes...

 


Sujet : distance entre les étoiles
 

10 mars 2008 (par defdef)

J'ai vu ton article sur les étoiles doubles. Je m'intéresse depuis toujours à l'astronomie et il y a une donnée que je n'ai trouvée nulle part : dans un système double, quelle est, approximativement, la distance entre les 2 étoiles ? Est-ce de l'ordre de Terre-Soleil ou quelques AL quand même ?


Réponse (par cepheides )

     C'est une intéressante question que tu poses là car elle permet de rétablir une juste perspective des choses. Mais, tout d'abord, pour te répondre immédiatement, la distance qui sépare les composants d'une binaire est bien inférieure à l'année-lumière (al). Il faut, en effet, que la gravitation permette aux deux astres de s'attirer (et surtout de se garder) l'un l'autre or la distance d'une année-lumière est trop importante (on oublie souvent cette immensité quand on entend parler de galaxies situées à "des millions d'années-lumière"). A titre de comparaison, on estime que la distance moyenne séparant les étoiles de notre galaxie est de 1 parsec, soit environ 3,26 al.

     La distance entre les 2 partenaires d'un couple stellaire est variable : on sait que certaines étoiles sont si proches l'une de l'autre qu'elles ne sont distinguables que par une analyse spectrale, le télescope étant tout à fait incapable de les séparer optiquement. Par contre, ce dernier permet de mettre en évidence les étoiles dont les attaches sont distendues (mais réelles et permanentes), ayant des vitesses de révolution très faibles et échappant de ce fait à la spectroscopie. Bien entendu, les étoiles très proches ont des périodes de révolution entre elles courtes, parfois de quelques jours. A l'inverse, les étoiles éloignées tournent autour de leur centre virtuel commun en bien plus longtemps.

Tout dépend aussi du couple : naine avec géante, naine jaune avec naine rouge, géante avec étoile à neutrons ou naine blanche. Tout - ou presque - est envisageable et les distances entre les partenaires s'en ressentent aussi. J'ajoute que nous n'avons évoqué ici que des binaires mais qu'un nombre non négligeable de systèmes sont multiples, avec 3, 4 ou plus d'étoiles : on imagine alors la complexité d'un tel système qui, néanmoins, peut fonctionner durant des millions d'années.

     Dans le sujet, l'exemple cité de la planète Tatooine est d'autant plus frappant que cette dernière est située dans un système triple. Évidemment, on parle ici d'étoiles et de planètes existantes parce qu'observées mais qui sont très probablement assez inhospitalières.

     En résumé, les binaires serrées ont des distances "intracouple" de, disons, un à quelques "systèmes solaires" et, pour les binaires lâches, cela peut aller - je me lance - jusqu'à un 1/3 d'al…

P.S. : un point de détail. Binaire - stricto sensu - qualifie l'ensemble des deux étoiles (les anglo-saxons utilisent le terme de binary star system with two components) mais il arrive que l'un des membres du couple soit appelé binaire (d'où la phrase, dans le livre cité en préambule de l'article, parlant "des deux binaires").

 

 

article : la Terre centre du monde


sujet : le groupe local

 

le 21 février 2008 (par MCJ)

Bonjour céphéides. J'ai lu votre article sur l'organisation de l'univers que je trouve très intéressant. Je me permets de vous signaler juste un point de détail concernant le groupe local de galaxies. Vous affirmez qu'il ne renferme que deux galaxies principales (la nôtre et Andromède) mais que faites-vous alors de la galaxie du Triangle que les astronomes considèrent comme la troisième galaxie principale de notre groupe local. Par ailleurs, il semblerait que ce ne soit pas seulement 30 mais plutôt 50 galaxies qui en tout font partie de ce système. Êtes-vous d'accord avec ces notions ? Il s'agit là, je le répète, de détails concernant un article par ailleurs très bien documenté...


Réponse (par cepheides)

     Merci MCJ de votre commentaire. Effectivement, la galaxie du Triangle M33 est la troisième galaxie en taille de notre groupe local. Toutefois, elle est bien moins massive que la Voie lactée ou Andromède (il semble qu'elle ne soit pas bien plus grosse que les Nuages de Magellan) aussi est-ce la raison pour laquelle je l'ai inclue dans les galaxies dites "secondaires" du groupe : on peut donc aussi dire, comme vous, que c'est la troisième galaxie du groupe local et nos deux appréciations seront également exactes. Par ailleurs, il est difficile de chiffrer précisément le nombre de galaxies du groupe local : j'ai écrit une "grosse trentaine" et c'est le chiffre qui semble retenu par la majorité des sources. Cela dit, il est extrêmement difficile, concernant les galaxies les moins lumineuses et donc probablement les plus petites, de savoir si elles font partie ou non du groupe : je pense par conséquent que vous avez raison et qu'il en existe certainement bien plus de trente. Toutefois, ce chiffre n'étant pas réellement confirmé, j'ai préféré m'en tenir aux acquits... et je modifierai bien volontiers ces données chiffrées dès que nous aurons des certitudes ce qui ne saurait tarder (du moins si le télescope Darwin est bien lancé en temps et en heure). Encore merci pour votre collaboration.


 

Article : théorie de la relativité générale

Sujet : divers paradoxes spatiotemporels

 

26 décembre 2007 (par defdef)

J'ai lu ton article mais, bien que je m'intéresse depuis toujours à ces questions, je dois avouer qu'au-delà des exposés vulgarisateurs, je ne suis plus. Je me sens plus à l'aise avec des sujets comme la décadence de l'Empire Romain...
Je n'ai jamais compris pourquoi la vitesse de la lumière était indépassable (d'autant que toutes les histoires de science-fiction résolvent le problème!).
Pour moi, mais c'est une conception purement philosophique, le temps et l'espace sont en fait inexistants : il y a toujours un «après» et un «à côté». Seuls existent réellement et positivement la matière et l'énergie (une même chose sous 2 formes différentes ?).
Je n'arrive pas à comprendre pourquoi l'univers est en expansion et le restera.
La forme de l'univers et son centre : j'avais entendu parler d'une hypothèse suivant laquelle l'univers serait analogue à une bulle de savon qui, tout en ayant des dimensions finies, donnerait l'impression à quelqu'un habitant la matière de la bulle de pouvoir effectuer sur sa surface des déplacements infinis et de ne pouvoir trouver de centre.
Les trous noirs : je n'arrive pas concevoir que la matière s'y engloutisse sans devenir quelque chose.
Je doute fort que ces énigmes soient résolues un jour.


Réponse (par cepheides)

     Merci, defdef, de ton intérêt. Tu poses plusieurs questions, toutes fort intéressantes, mais qui demandent des réponses un peu longues pour un commentaire : je vais essayer de te donner quelques pistes.
          1. la vitesse de la lumière : calculée depuis le XVIIème siècle de manière de plus en plus précise, elle est actuellement fixée à 299 792 458 mètres par seconde (dans le vide). Dans le cadre des théories actuelles (notamment la Relativité Générale), elle est indépassable et ce sont les équations qui le démontrent. Il semble peu probable qu'une théorie nouvelle (qui resterait à découvrir) remette en question cette notion : c'est tellement vrai que cette vitesse est considérée à présent comme une constante physique. Nota : les écrivains de science-fiction ont recours à des artifices totalement irréels (comme la notion de sub/hyperespace, éminemment poétique), pour permettre à leurs héros de voyager rapidement de système stellaire en système stellaire.
           2. les notions "d'à côté" et "d'après" ne sont pas exploitables en l'état dans la théorie de la relativité générale (voir le sujet), seule théorie expliquant convenablement l'espace-temps. Il s'agit de "repères" uniquement valables en "local" (notre environnement proche).
          3. L'univers est en expansion et cette expansion s'accélère : c'était une des possibilités prévues par la théorie d'Einstein et cela a été vérifié par les observations récentes : c'est un fait, un point c'est tout.
          4. La forme de l'univers : le plus approchant est l'image d'une éponge qui gonfle mais en sachant qu'il n'existe RIEN (notamment pas de "vide") en dehors de l'éponge... Son centre est partout et nulle part (voir l'article).
          5. Les trous noirs : prévus par la théorie, ils ont longtemps été tenus comme "possibles". Aujourd'hui, on sait les repérer par des observations indirectes. C'est le stade ultime de l'évolution des très grosses étoiles, une fois leur "carburant" nucléaire épuisé. Il ne reste alors qu'un noyau d'une densité incroyable et si importante qu'aucune matière ne peut s'en échapper, même pas les photons de la lumière... La matière, qu'elle quelle soit, y est piégée et terriblement condensée.
     Voilà quelques résumés de ces problèmes. On ne sait pas tout, certes, mais contrairement à toi, je suis persuadé que, nos connaissances progressant, on arrivera à comprendre l'essentiel...

 


 

Article : la mort du système solaire


Sujet : réchauffement solaire

 

2 février 2008 (par keno)

Ton article, au demeurant très intéressant semble confirmer la thèse de certains scientifiques au sujet du réchauffement de la planète.
Il paraît en effet que selon des cycles dont je ne saurais préciser la fréquence, le soleil contribuerait de façon gigantesque au réchauffement de le terre. Actuellement nous serions dans la phase où le soleil "chauffe" plus que de coutume et nos émissions de carbone ne seraient que "peanuts" par rapport à ce phénomène naturel....Qu'en penses-tu?

 

Réponse (par cepheides)

     Que c'est faux, bien sûr. Il n'y a pas d'activité solaire particulière en ce moment : je veux dire qu'il n'existe pas (à ma connaissance) de publications indiquant que le Soleil "chaufferait" de façon inhabituelle. En revanche, il est exact qu'il existe des "cycles" solaires. Ces cycles sont de deux ordres au moins :
          1. les variations les mieux connues suivent un cycle compris entre 8 et 15 ans, avec une moyenne de 11,2 ans. L'augmentation de l'activité solaire "monte" en environ 4 ans pour "redescendre" plus lentement en 6,5 ans. En fait, il s'agit de cycles qui durent 22 ans car à la fin de chaque cycle de 11 ans, il existe une inversion de la polarité solaire (d'où un retour au point de départ en 22 ans). Cette activité n'a de conséquence que magnétique (pas d'élévation particulière de la chaleur à la surface de la Terre) et ses conséquences pour l'activité humaine concernent essentiellement les télécommunications qui peuvent être perturbées en période d'intense activité solaire (surtout à l'heure des satellites artificiels). On observe aussi à ce moment-là des phénomènes naturels exacerbés, comme de magnifiques aurores boréales. Si ma mémoire est bonne, le maximum solaire prochain devrait être en 2012. Il n'est donc pas question de "dédouaner" l'Homme de ses responsabilités dans le réchauffement de notre globe, même si le phénomène - et surtout ses conséquences - est loin d'être parfaitement compris...
          2. il existe également un cycle solaire dont la durée serait de 179 ans mais j'avoue que je n'en sais pas grand chose, ni même si le phénomène est bien documenté. De toute façon, cela ne concerne pas non plus l'élévation de la chaleur terrestre.
     Il y a eu d''importantes variations de la chaleur à la surface de la Terre au cours des âges géologiques (glaciations, par exemple, dont certaines ont été tenues pour responsables d'extinctions massives des êtres vivants - voir le sujet idoine - mais elles sont la conséquence de la Terre elle-même par différences d'inclinaison sur son axe de rotation, tectonique des plaques, inversion de polarité magnétique, etc.) et le Soleil n'y est pour rien.


 

 

Article : les galaxies

Sujet : homogénéité de l’Univers


Le 18 mars 2008 (par Carême-prenant)

Il y a des choses que j'ai du mal à comprendre. D'après ce qui est écrit, juste après le Big Bang, l'Univers se présentait sous la forme d'une sorte de nuage, de soupe "homogène", s'étendant dans toutes les directions. Comment se fait-il que 1. cela ait donné des galaxies pour une petite partie et du vide quasi absolu pour le reste ? et 2. si l'Univers a environ 13 milliards d'années, les deux extrémités sont donc séparées par 26 milliards d'années (13 + 13) mais les galaxies sont semblables : pourquoi l'évolution des objets n'a-t-elle pas été différente (avec un aspect et, peut-être, des lois physiques différentes), voire avec de l'antimatière ?

 

Réponse (par cepheides)

     Effectivement, Carême-prenant, ce sont deux questions fort importantes qui ont longtemps divisé la communauté scientifique.

     Il faut rappeler (sans revenir sur les détails du Big Bang qui fera peut-être l'objet d'un prochain sujet) que, au début, dans les toutes premières fractions de seconde, l'Univers est tellement chaud qu'il n' y a même pas de particules mais une sorte de soupe de quarks partagés entre matière et antimatière : puisqu'il existe, à force d'agitation, un infime déséquilibre (on parle de dissymétrie), un des systèmes l'emporte, en l'occurrence la matière (les quarks de matière et d'antimatière s'annihilent les uns les autres et ne restent que les éléments surnuméraires). En quelques milliardièmes de seconde, la chaleur baisse considérablement pour atteindre un million de milliards de degrés au point qu'apparaissent vraiment des particules. Inutile de dire que nos lois physiques ne s'appliquent pas encore : ce sont les équations qui nous expliquent tout ça. C'est vers ce moment que se produit le phénomène appelé "inflation", c'est à dire une expansion brutale de plusieurs milliards d'ordre de grandeur permettant l'homogénéité de la matière et de ses lois (ceci répond à votre question sur les 13 + 13 milliards). Bien plus tard, vers 300 000 ans, le refroidissement est suffisant pour que les particules moins liées et moins agitées permettent la libération des photons et donc l'apparition d'un univers visible (on trouve les traces de cet évènement sous la forme du fonds diffus cosmologique - voir le sujet). La lumière éclaire donc une substance quasi uniforme. Quasi car il existe d'infimes variations avec des endroits un tout petit peu plus concentrés, les masses différant peut-être de l'ordre de 1%, voire moins. Cela suffit pour que l'homogénéité du départ soit rompue et que, par le jeu de la gravitation, les masses de gaz se concentrent pour former localement des nuages indépendants. La suite, vous la connaissez : ces nuages en tombant sur eux-mêmes vont conduire à la coalescence de matière tout en élevant la température locale jusqu'à provoquer l'amorce thermonucléaire et la formation des étoiles. Ce qui demande à être approfondi est de savoir si les étoiles se sont créées puis rassemblées en galaxies ou, au contraire, si les galaxies se sont créées d'emblée : il s'agit peut-être d'une conjonction des deux mécanismes.
     J'ajoute que tout cela est encore du domaine de l'hypothèse mais ce que l'on peut dire c'est que tous les éléments indirects observables vont dans ce sens et que, pour le moment, on ne possède pas de meilleure explication.

 

 

Sujet : voir le ciel lointain
 

Le 21 mars 2008 (par Henri L.)

Bonjour. Vous nous dîtes que voir dans le ciel, c'est voir dans le passé et vous prenez l'exemple d'une galaxie située à 1 milliard d'années-lumière dans l'espace (et, j'imagine, dans le passé) à "une époque où elle était plus jeune et fabriquait théoriquement plus d'étoiles". Ma question : quelle est la distance à partir de laquelle on aperçoit un univers vraiment plus jeune ?


Réponse (par cepheides)

     Merci de votre question qui souligne en effet une imprécision de mon texte. Il est exact que regarder les étoiles, c'est voir dans le passé. Une galaxie située à 1 milliard d'années-lumière (al) a certainement changé au moment où sa lumière nous parvient. Ces changements sont toutefois assez peu perceptibles en terme d'évolution galactique. Les spécialistes parlent alors de "l'univers local" et ce jusque vers 5-6 milliards d'al. Depuis peu, grâce aux nouveaux instruments comme Hubble ou les grands télescopes d'Amérique du sud, on peut voir plus loin : jusqu'à 10 milliards d'al et même un peu plus. Là, c'est différent : on peut contempler l'univers dans sa jeunesse, dans sa période de formation et ce qui est extraordinaire, c'est qu'il est conforme à ce que prédisait la théorie du Big Bang. Einstein qui avait anticipé tout cela avec ses seules équations serait, j'imagine, assez fier...
     Restent les tous premiers moments. Dépasser les 11-12 milliards d'al actuellement accessibles demande un nouveau matériel... qui est déjà en construction ! C'est vers 13,5 milliards d'al qu'existe le mur infranchissable du rayonnement fossile au delà duquel la lumière n'existait pas encore. A moins qu'un procédé aujourd'hui inconnu et complètement insoupçonnable nous permette... On a le droit de rêver. 



Sujet la fin de l'Univers

 

25 mars 2008 (par Lydia)

Dans la dernière partie de votre sujet, il est dit que l'univers finira par se disperser mais j'ai lu quelque part qu'il pourrait au contraire se replier sur lui-même dans ce qu'on appelle le Big Crunch... Qu'en pensez-vous ? Pour le reste, très intéressant article.

 

Réponse (par cepheides)

     Effectivement, la fin de l'Univers que j'évoque dans l'article est une possibilité parmi d'autres ! En fait, en l'état actuel de nos connaissances, il ne semble pas possible de conclure vraiment. Tout au plus peut-on émettre des hypothèses... Trois "scénarios" sont surtout envisageables (pour le moment) :
          1. le big chill (grand froid) est celui que j'évoque. Dans le cas d'une expansion continue, la création d'un espace toujours plus grand contenant une somme de matière finie et non renouvelable conduirait à une dilution sans fin, les galaxies continuant de s'éloigner les unes des autres. Difficile de savoir si la dilution toucherait ces dernières mais si, comme c'est probable c'était le cas, il ne pourrait plus y avoir de formation de nouvelles étoiles et celles qui existent déjà finiraient par mourir de leur belle mort, faute de carburant thermonucléaire. Le froid par la dilution en somme.
          2. le big rip (grande déchirure) est une autre possibilité : ici, il s'agit toujours d'une expansion continue mais qui va en s'accélérant au point qu'aucune force de cohésion ne peut plus subsister. Les galaxies se trouveraient démembrées, les couples stellaires détruits et leurs membres dispersés et, à un stade encore plus avancé, même les planètes seraient arrachées de leurs orbites respectives. Tout se terminerait dans une dislocation apocalyptique détruisant jusqu'aux atomes.
          3. le big crunch auquel vous faites allusion. Dans ce scénario, on suppose que la gravité s'opposerait à l'expansion jusqu'à la stopper, voire même à l'inverser. Il s'agirait alors d'un big bang à l'envers où toute la matière finirait pas être écrabouillée, écrasée sur elle-même. Cette troisième possibilité était très prise au sérieux jusqu'à ce qu'on s'aperçoive, comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire, que les observations les plus récentes montrent une accélération de l'expansion imputable à une force encore non identifiée baptisés énergie sombre. Toutefois, puisque cette énergie sombre est inconnue, il n'est pas exclu que son activité s'arrête un jour ou même s'inverse : on revient alors au big crunch...
     Comme vous pouvez le constater, on ne sait finalement pas grand chose.

 

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Published by cepheides - dans astronomie
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commentaires

Mathilde 16/05/2008 10:39

Toujours Un Très Beau Blog, J'Attends Les Vacances Avec Impatience Pour Pouvoir Me Replonger Dans Tes Articles ! Bonne Continuation D'Ici La ! Bises.

camomille 28/03/2008 12:18

Bonjour, tes articles sont très longs et pas trop le temps de tout lire ce matin... Je reviens promis et bravo pour avoir déjà tant posté... Bonne journée et à +++++

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