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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 18:24

 

  

 

 

 

 

          Dans son livre princeps « L'origine des espèces »,  Charles Darwin évoque le rythme de l’évolution, c’est-à dire la transformation graduelle des espèces au fil du temps. Pour lui, le rythme de cette transformation ne peut être que lent, certainement progressif mais de façon presque imperceptible et surtout constant sur des centaines de siècles. Un problème, néanmoins, le préoccupe : lorsqu’on fouille le sol à la recherche des fossiles correspondants, on trouve toujours des spécimens en apparence fixés, bien différents les uns des autres (et ce même pour des lignées qui sont manifestement issues d’une même origine), sans ces formes qui témoigneraient des subtiles et minuscules transformations prédites par la théorie : en réalité, tout se passe comme si l’évolution procédait de façon suffisamment rapide pour ne pas laisser de traces intermédiaires fossiles. Quand on l’interroge sur cette apparente contradiction, Darwin répond toujours de la même façon : « les chaînons manquants n’ont tout simplement pas encore été découverts… ». En 2009, pourtant, nous en sommes pratiquement toujours au même point et si quelques unes de ces formes dites intermédiaires ont été mises en évidence pour certaines espèces bien précises, cela ne représente qu’une infime partie de ce à quoi nous aurions dû nous attendre. Où sont donc ces fossiles censés démontrer les transformations progressives des espèces ? Le naturaliste anglais se serait-il trompé ? Comment explique-t-on l’évolution aujourd’hui ?

 

 

 

Pour expliquer l’évolution trois théories se différencient… et se complètent

 

 

* Le gradualisme, tout d’abord, est la théorie explicative issue de ce que l’on appelle le néodarwinisme ou théorie synthétique de l’évolution, c'est-à-dire l’adaptation au Darwinisme de la redécouverte de la génétique (voir le sujet les mécanismes de l’évolution). Suivant en cela Darwin lui-même, de nombreux auteurs s’en réclament, expliquant donc que l’évolution des espèces ne peut être que lentement progressive, la Nature – par l’intermédiaire de la sélection naturelle – ne modifiant les êtres vivants que par petites touches. Et ce n’est qu’après des centaines de siècles qu’on peut s’apercevoir de l’apparition de différences profondes entre les parents ancestraux et leurs lointains descendants.

 

Cette approche conceptuelle s’oppose au « catastrophisme » qui prévalait jusqu'à la révolution darwinienne, une théorie qui soutenait, à la suite notamment des textes religieux, que les espèces avaient été créées en une seule fois (sous-entendu par Dieu) et détruites, au moins pour certaines d’entre elles, de la même manière (par exemple à l’occasion d’un déluge, d’un formidable tremblement de terre ou d’une apocalypse). Précisons que le catastrophisme est le témoin d’une époque où l’on n’avait aucune notion des temps géologiques : on pensait alors que la Vie avait été créée en sept jours et, selon l’étude des textes sacrés, que la Terre n’avait pas 4,5 milliards d’années comme on le sait aujourd’hui mais seulement… 4004 ans.

 

De fait, prenant en compte l’immensité des âges géologiques (que représente pour l’esprit humain une durée de plusieurs milliards d’années alors qu’il a déjà tant de mal à intégrer ce que signifie deux ou trois milliers d’années ? A ce sujet, on trouvera quelques réflexions s’y rapportant dans l’article : distances et durées des âges géologiques), le gradualisme explique de façon convaincante que des fossiles datés de millions d’années peuvent être les ancêtres de formes actuelles d’êtres vivants. Reste néanmoins le problème déjà évoqué : pourquoi ne trouve-t-on presque exclusivement que des spécimens, certes apparentés, mais ayant les uns par rapport aux autres des différences morphologiques et adaptatives le plus souvent très marquées ? Pourquoi n’existe-t-il pas, si l’évolution est si progressive,  de fossiles seulement séparés par des différences mineures? 

 

 

* Les équilibres ponctués : en 1972, Stephen J. Gould et Nils Eldredge prennent à contre-pied la position officielle en remettant en cause le gradualisme ; pour ces deux auteurs, jugés immédiatement iconoclastes, si on ne trouve pas les chaînons manquants tellement recherchés, c’est tout bêtement parce qu’ils n’existent pas ! S’appuyant sur la faune de Burgess dont on a déjà parlé (voir le sujet le schiste de Burgess), Gould explique qu’il existe des espèces qui disparaissent par hasard, sans raison apparente, alors qu’elles sont aussi bien armées pour survivre que les autres : elles sont alors probablement victimes de mauvais concours de circonstances (géographiques ou événementiels par exemple) qu’il est bien difficile de reconstituer par la suite. Il s’agit là d’une sorte de « catastrophisme biologique ».

 

 De la même façon, si toutes les espèces évoluent, selon Gould, cette évolution ne serait pas progressive mais par à-coups : il existerait de longues phases dites de stagnation durant lesquelles rien ne se passerait puis, soudainement, l’apparition d’une période de transformation très rapide (moins de 100 000 ans à comparer aux millions d’années sans réels changements). L’évolution, en somme, procéderait de façon saccadée, intermittente, et conduirait en peu de temps à ce que l’on appelle des spéciations, c’est-à dire des transformations intraspécifiques si importantes que les animaux en résultant ne pourraient plus s’apparier avec leurs ancêtres immédiats d’où l’apparition de nouvelles espèces.

 

 

* Cas particulier du saltationnisme : il s’agit en fait d’une théorie encore plus radicale que celles des équilibres ponctués que l’on vient d’évoquer et avec laquelle on la confond volontiers. Pour son créateur (un généticien autrichien des années 40), l’acquisition d’un caractère nouveau peut se produire sur quelques dizaines d’années, en l’espace de quelques générations tout au plus. Comment cela serait-il donc possible ? Par l’apparition de mutations soudaines et imprévisibles… Bien des scientifiques pensent que des mutations surviennent assez fréquemment chez les êtres vivants mais que, pour l’immense majorité d’entre elles, elles n’entraînent aucune conséquence (on dit alors qu’elles sont neutres) tandis que d’autres – très désavantageuses pour le sujet – sont dites délétères en ce sens que l’individu qui en est porteur n’est pas viable. Restent quelques mutations favorables… et transmissibles susceptibles d’engendrer une nouvelle lignée, différente de celle du départ : une nouvelle espèce est alors apparue.

 

Inutile de préciser que, lorsqu’ils entendirent pour la première fois évoquer cette théorie, les gradualistes sourirent (pour ne pas dire qu’ils se moquèrent férocement, ce qu’ils firent aussi avec le ponctualisme de Gould). Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts… et des découvertes biologiques majeures sont venues à la rescousse du saltationnisme.

 

En effet, pour qu’une mutation brutale soit suffisamment importante, il faut qu’elle porte sur un élément de base de l’individu : justement, on a depuis quelques années mis en évidence des gènes du développement (comme les gènes homéotiques ou gènes hox qui sont responsables de la mise en place des organes mais il y en d’autres) qui interviennent dans  l’organisation de tout un segment du futur individu ; se pourrait-il alors qu’une mutation portant sur ce type de gène organisateur fondamental puisse entraîner l’apparition soudaine d’individus complètement différents ?

 

Il est en fait probable que tout le monde a tort et a raison en même temps : on pense aujourd’hui qu’une grande partie de l’évolution des espèces se fait de façon progressive au long des millénaires par de petites touches successives,  un peu à la manière d’un peintre pointilliste à son chevalet. Mais il a bien fallu – pour reprendre cette comparaison – que l’artiste jette à un moment ou à un autre les grandes lignes de ce qu’il peint : c’est ici qu’intervient la théorie des équilibres ponctués, et peut-être aussi le saltationnisme et, au fond, pourquoi pas ? 

 

 

 

Un rythme évolutif variable selon les espèces

 

Cette transformation des espèces au fil du temps est différente selon celles que l’on étudie ; pour le comprendre, prenons deux exemples extrêmes :

 

* le cœlacanthe : il s’agit d’un poisson très « archaïque », dernier représentant des crossoptérygiens, au point qu’il fut lors de sa découverte baptisé « véritable fossile vivant ». Étant apparu au dévonien, période du milieu de l’ère primaire (ou paléozoïque), tous les scientifiques pensaient qu’il avait disparu avec les dinosaures, au crétacé, à la fin de l’ère secondaire (ou mésozoïque). Imaginez la surprise de la scientifique qui en trouva un exemplaire vivant (enfin, mort depuis peu) en 1938 ! On en trouva un autre en 1955, puis plus récemment une colonie entière en 1998, du côté des Comores… Par comparaison avec les nombreux fossiles de cœlacanthes que l’on possède, on a pu se rendre compte que les différences entre ceux-ci et les exemplaires actuels étaient somme toute minimes : cet extraordinaire poisson que l’on croyait disparu depuis 65 millions d’années avait très peu évolué et si différences il y a, elles restent faibles. Un parfait représentant pour les gradualistes ;

 

* le VIH (virus du SIDA) : bien que certains scientifiques se demandent si les virus sont bien des êtres vivants, on peut leur accorder, me semble-t-il, ce statut puisque qu’ils se reproduisent avec un matériel génétique qui est bien le leur même s’ils ont besoin d’une cellule-hôte pour se répliquer. Or les virus mutent rapidement : on sait, par exemple, que le virus de la grippe n’est pas tout à fait le même d’une année sur l’autre au point qu’il faut chaque fois recommencer une vaccination préventive… Le virus du SIDA est, de ce point de vue, une sorte de champion toutes catégories puisqu’il mute sans cesse, parfois au sein d’un même malade. C’est tellement vrai qu’encore aujourd’hui on est bien incapable de réaliser un vaccin susceptible d’empêcher sa prolifération. Alors, des mutations si rapides ne rappellent-elles pas le saltationnisme mentionné plus haut ?

 

D’une espèce  à l’autre, comme on vient de le voir avec ces deux exemples, le rythme de l’évolution est variable. Pour l’Homme, il est clair qu’il se situe loin de ces deux extrêmes. S’il est certain qu’il n’existe aucune différence (sauf d’ordre culturel évidemment) entre un homme du 21ème siècle et un Romain du règne d’Auguste, d’éventuelles différences sont probablement moins importantes qu’on ne le croit avec des ancêtres plus lointains comme ceux qui vivaient à l’aurignacien, une époque préhistorique d’il y a environ 35 000 ans. Il faut remonter à des centaines de milliers d’années pour voir des différences significatives entre les hominidés de cette époque et les hommes d’aujourd’hui.

 

 

 

Facteurs intervenant dans le rythme de l’évolution

 

Ils sont vraisemblablement nombreux et la plupart d’entre eux restent mal cernés. Ce que l’on peut dire est que la Vie, quelle qu’elle soit, est une constante adaptation à un environnement forcément changeant. D’ailleurs, certains auteurs ont expliqué qu’une trop grande stabilité conduisait inexorablement à la régression et à la mort. C’est sans doute vrai mais une trop grande fluctuation des éléments environnementaux conduit aussi à un résultat identique et, aujourd’hui même, il est difficile d’apprécier les conséquences sur la faune et la flore terrestres d’un éventuel (et rapide) réchauffement climatique : de nombreuses espèces, stables depuis des centaines de milliers d’années, n’y survivraient probablement pas ! On pourrait donc résumer cela de la manière suivante : de la stabilité, certes, mais pas trop…

 

Quels sont donc ces facteurs qui influent sur le rythme de l’évolution ? Très certainement tous les événements « imprévisibles » et rapides : les modifications de l’environnement, que ce soit un réchauffement climatique et ses conséquences physiques (montée des océans, déplacement des zones désertiques, des forêts, etc.) ou une glaciation qui entraîne des effets inverses. Ailleurs, ce sera une catastrophe naturelle comme les grandes éruptions volcaniques du passé ou bien la météorite qui, il y 65 millions d’années, provoqua la disparition des grands sauriens en percutant la péninsule du Yucatan. A chaque fois que se produit ainsi une aggravation du stress environnemental et que les conditions changent notablement, cela entraîne inévitablement une augmentation de la pression de sélection et des espèces entières sont menacées ou détruites… tandis que d’autres, jusque là presque invisibles, profitent de la niche écologique qui se libère pour se développer à leur tour. Il a existé ainsi par le passé de grandes extinctions d’espèces, dites « de masse » (voir le sujet les extinctions de masse) et, chaque fois, celles-ci ont été suivies par une explosion de nouvelles espèces ou la transformation rapide d’espèces existantes ce qui, on l’a dit, est la même chose. Voilà qui va dans les sens des théories évolutives comme les équilibres ponctués chers à Gould.

 

Mais il n’en reste pas moins que l’aspect physique de la Terre change peu au cours du temps (du moins jusqu’à l’apparition de l’Homme) et, pourtant, les espèces vivantes se transforment petit à petit : voilà qui va dans le sens du gradualisme des néodarwiniens.

 

 

La Nature est aveugle : à la façon de ces petits mammifères qui cherchent leur chemin en creusant la Terre, bifurquant à chaque fois qu’un obstacle se présente mais toujours prompts à choisir la voie la plus économique, elle permet l’évolution de toutes les espèces vivantes, faune et flore réunies, comme en témoignent les traces plus ou moins bien fossilisées que l’on retrouve en creusant le sol de notre planète. La plupart de ces espèces viennent d’un passé si lointain que l’esprit humain peine à en saisir l’immensité. D’ailleurs, quatre-vingt dix neuf pour cent des espèces ayant un jour colonisé la Terre ont aujourd’hui disparu. Les survivantes s’adaptent sans cesse grâce à la sélection naturelle qui privilégie les plus performantes mais peut-être aussi grâce au hasard le plus pur (voir le sujet : le hasard au centre de la Vie). Il est encore difficile aujourd’hui de dire selon quelles proportions se distribuent l’évolution lente et graduelle et l’évolution ponctuelle par à-coups mais une chose est certaine, cette évolution existe et c’est elle qui permet de décrypter le monde tel qu’on le connaît aujourd’hui et de nous permettre ainsi de le comprendre et de le respecter.

 

 

 

 

Images

 

1. cœlacanthe (sources : forumfr.com )

2. catastrophisme : l'apocalypse (sources : merryswankster.com/)

3. les schistes de Burgess, Canada britannique (sources  : flickr.com/photos/12570566@N06/1325556680/)

4. un type de spéciation (sources :  www.colvir.net)

5. autre cœlacanthe (sources :  www.plongeur.com/)

6. la fin des grands sauriens (sources : newsoftomorrow.org )

 (Pour lire les légendes des illustrations, passer le pointeur de la souris dessus)

 

 

 

Mots-clés : Charles Darwin - gradualisme - néodarwinisme - théorie synthétique de l'évolution - sélection naturelle - catastrophisme - théorie des équilibres ponctués - Stephen J. Gould - Nils Eldredge - schistes de Burgess - spéciation - mutation - gènes du développement - saltationnisme - cœlacanthe - VIH - stress environnemental - pression de sélection - extinctions de masse - hasard biologique

(les mots en blanc renvoient à des sites d'informations complémentaires)

 

 

 

Sujets apparentés sur le blog :

 

1. les extinctions de masse

2. les mécanismes de l'Evolution

3. distances et durées des âges géologiques

4. le hasard au centre de la Vie

5. la querelle sur l'âge de la Terre

6. la dérive des continents ou tectonique des plaques

7. l'Evolution est-elle irréversible ?

 

 

 

 

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Mise à jour : 23 avril 2013

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Published by cepheides - dans paléontologie
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commentaires

normand régis 31/05/2010 18:19


Bonjour et merci d'avoir répondu.
L'hypothèse de Régis n'est pas créationnisme du tout,le concept dela théorie nous amène a comprendre que l'énergie qui se manifeste dans la création et dans la matière, trouve sa source a partir
d'un point de départ qui définit les possibilités et propriétés de cette énergie constituer dans ce tout.Dela ont peut comprendre se qui seras la physique dite quantique au big bang et des actions
subséquantes qui vont permaitre l'évolution de l'énergie et a sa transformation judisieuse dans la matière.Ses possibilités a lévénement big bang découle des propriétés première de l'énergie du
tout , il ny a pas de magie et c'est pourquoi que cette physique fondamental est ci nécessaire a notre définition de la physique créatrice au début de la création.
Cette recherche ma permis de définir l'énergie fondamental a partir de cette constitution qui se compose de deux éléments qui sont l'énergie gravitationnelle et l'énergie antigravitationnelle que
j'appelle énergie noire que l'ont retrouve dans les trous noirs et dans la matière, de même que l'énergie gravitationnelle mieux connu de nous.
Le concept est très surprenant.Je regraite les problêmes que vous avez rencontrer au téléchargement
je nai pas de réponse. MERCI


cepheides 01/06/2010 14:22



Merci de votre participation à la compréhension de ces phénomènes encore si difficiles à cerner : il reste certainement beaucoup à étudier et je suis persuadé que
les années à venir nous en aprrendront bien plus !



Aje 23/12/2009 23:09


Quel pertinent débat auquel je fais suite. En fait non, tout est dit, et il est temps de boucler la boucle.
Je voulais juste demander, dans mon incommensurable ignorance : comment la mutation rapide d'un SEUL individu peut elle affecter une partie assez importante de l'espèce ou l'espèce entière, au
point de la faire évoluer en seulement quelques générations ? Je ne comprends pas cette théorie qui m'a l'air intéressante et qui a pour exemple le virus du SIDA.

PS : présentation du blog des plus ergonomiques, félicitations !


cepheides 24/12/2009 13:38



Et pourtant si : une mutation - pourvu qu'elle confère un avantage sélectif indéniable - présente chez un seul individu peut se répandre rapidement dans une
population au point de devenir dominante. Sans aller bien loin, c'est le mécanisme par lequel les botanistes "bouturent" certaines de leurs plantes afin d'obtenir une nouvelle variété et
 c'est aussi comme cela que l'Homme il y a seulement quelques siècles a créé de nombreuses races de chiens à présent stables; en pareil cas, il s'agit de repérer le caractère que l'on veut
voir se transmettre, s'assurer qu'il est bien dominant (s'il est récessif, c'est un peu plus compliqué mais on y arrive quand même) et croiser entre eux les individus qui en sont
porteurs...


Dans la Nature, bien sûr, tout relève du hasard ou plutôt de la sélection naturelle. Par exemple, une mutation apparaît : dans près de 80% des cas, elle sera dite
neutre en ce sens qu'elle ne fait apparaître aucun caractère nouveau particulier dans la descendance; dans 10 à 15% des cas (ces chiffres sont donnés de mémoire et peuvent donc être un peu
différents), la mutation entraîne un désavantage tel que l'individu en meurt et on parle de mutation délétère qui ne sera donc pas transmise. De temps à autre, une mutation apporte un avantage,
soit parce qu'elle confère un caractère réellement nouveau, soit parce que les conditions de l'environnement ont changé et qu'elle apporte à présent un avantage (cette mutation n'a peut-être pas
été retenue dans le passé, les conditions étant différentes). Quoi qu'il en soit, la mutation favorable donne un avantage certain à un individu : de ce fait, ce dernier a un meilleur accès à la
nourriture (et vit donc plus longtemps), à la compétition intraspécifique et/ou à la reproduction, etc. La conséquence en est qu'il se reproduit plus vite et mieux que les individus de la
population dont il est issu et c'est également vrai pour ses descendants. A quelle vitesse ? Les travaux déjà anciens de Morgan sur la drosophile nous montrent qu'il peut y avoir une substitution
complète en une dizaine de générations. Ce chiffre concerne la mouche du vinaigre et est probablement un peu différent dune espèce à l'autre mais pas tant que ça : ce sont les statistiques qui
l'affirment. Comme vous voyez, rien de bien mystérieux ou d'incompréhensible dans tout ça !


Concernant le SIDA, on se trouve là à la limite des performances d'adaptation : ce virus mute en permanence ce qui explique la difficulté de réaliser un vaccin : il
faudrait anticiper les mutations mais comment faire ? On dit que si le virus de la grippe A avait les possibilités mutagènes du virus du SIDA, nous ne serions plus là pour converser...


Je vous remercie, en tout cas, de votre participation à ce blog.



Glorfindel 15/11/2009 18:54


Une théorie scientifique ne peut pas être une alternative à une croyance, aussi respectable soit cette croyance ! (ou l'inverse)
La théorie de l'évolution est la seule théorie sur ce sujet: c'est en partie ce qui fait sa force. Je ne livre aucun combat d'arrière garde : simplement j'essaye de ne pas insulter l'avenir.
(Toutes les théories ont une jour été dépassées : pensez-vous que nous soyons arrivés au bout de la science ?)
Epargnez moi, "l'ami", vos développements sur le corps de la théorie, que je pense connaître presqu'aussi bien que vous : vous gagnerez du temps !


cepheides 16/11/2009 17:24


Eh bien, vos pertinentes remarques clôturent ainsi notre conversation. Avec toutes mes "amitiés".


Glorfindel 15/11/2009 02:39


On ne peut pas discuter du caractère ABSOLU d'une théorie (s'il y a consensus, c'est LA Vérité ! : Galilée en a souffert !!!) sans passer pour un affreux créationniste ? Mes réticences sont
forcément ("certainement") philosophiques ou religieuses ?! ... Quelles réticences ?
J'avais entendu dire que la terre n'était pas plate ... j'ai même pu le constater personnellement d'en haut ! Mais j'en étais sûr avant : il y en avait des preuves directes objectives et
expérimentales!


cepheides 15/11/2009 16:07



Je pense pour ma part que la théorie darwinienne revue et corrigée (et elle le sera encore) est la seule alternative crédible au créationnisme et je comprends mal
votre contestation... sauf à entrer dans un débat philosophique. En pareil cas, c'est vrai, l'évolutionnisme pose le cadre général d'une apparition de la vie sur Terre (et ailleurs) qui n'a plus
besoin d'une intervention divine pour l'expliquer. De ce fait, les "croyants" purs et durs préfèrent ignorer et contester l'explication apportée parce qu'elle dérange fortement leurs croyances.
Je peux le comprendre et, d'ailleurs, ce n'est pas nouveau : Darwin a repoussé de plusieurs années la parution de son "origine des espèces" parce qu'il savait qu'il allait choquer les esprits
très religieux de son époque. Ce qui ne manqua pas de se produire.


Pourtant, les faits sont têtus et il ne sert à rien d'entrer dans des combats d'arrière-garde dont on sait qu'ils ne font que reculer l'échéance. Ce qui est, est...
et non pas ce que nous voudrions qu'il soit. C'est tellement vrai que le Pape Jean-Paul II a eu en son temps l'intelligence et le courage de reconnaître qu'il était peu probable que la majorité
des scientifiques se trompent tous ensemble. Il a donc déclaré " la théorie de l'évolution est certainement bien plus qu'une théorie". Je suis certain qu'il n'a pas eu l'impression d'abjurer sa
foi en faisant cette déclaration ! Je pense donc qu'il faut savoir raison garder et ne pas être craintif devant les avancées de la science, fussent-elles en apparence contraires aux convictions
que l'on défend. La Vie est issue d'une évolution sur des millions et des millions d'années qui part de quelques cellules primitives. C'est une explication mécaniciste et uniquement
physico-chimique. Et alors ? Dieu est peut-être ailleurs. Moi, je ne le crois pas mais vous si : où est le problème ?


P. S. : vous me parlez de preuves "directes et objectives". C'est le vieil argument des créationnistes. Je pourrais vous dire qu'il suffit de comparer l'anatomie des
êtres vivants actuels avec les fossiles multiples et variés dont nous disposons pour avoir une preuve des plus objectives de l'évolution. Mais peu importe : on sait à présent qu'une théorie peut
être transformée en lois dès lors qu'il y a des faisceaux suffisants de preuves indirectes : sinon, comment pourrait-on utiliser la physique quantique avec le succès que l'on connait ? Quant à la
biologie, les exemples y foisonnent...



Glorfindel 14/11/2009 16:18


Je ne suis pas votre ami : je le saurais !
SI, il s'agit d'une théorie qui n'a reçu jusque là aucune confirmation expérimentale DIRECTE. Ce n'est pas parce qu'on n'a rien de mieux à proposer que ça en fait une Vérité !!!!
Et NON, les virus n'appartiennent pas au monde vivant : c'est le consensus actuel en biologie!
Les théories d'Einstein (si je vénérais quelqu'un, ce serait lui !) ne sont en effet que des théories scientifiques, les meilleures pour l'instant, mais qui commencent à être de plus en plus
contestées ... et heureusement; car seul ce qui est réfutable est scientifique!
Entre dire "c'est la Vérité définitive" et "les équations d'Einstein ne sont que théoriques et incapables de révéler une vérité physique ...", il y a de la marge, assez pour faire place à une vraie
réflexion scientifique.


cepheides 14/11/2009 18:58



Dans tous les articles de mon blog, je répète que la grandeur de la science, c'est de savoir se remettre en cause, ne pas rester sur des positions doctrinales,
toujours considérer que la "vérité" actuelle est provisoire, etc : je l'ai écrit tant et tant de fois que vos affirmations sur mes "idées définitives ou figées" me laissent de marbre. Toutefois,
s'il faut savoir revenir sans cesse sur des notions peut-être incomplètes ou erronées, il reste quand même des certitudes : la Terre, contrairement à ce que l'on disait jadis, n'est pas plate !!
Pour ce qui est de l'évolution, les arguments en faveur de l'évolutionnisme sont tellement nombreux qu'on ne peut plus sérieusement discuter le créationnisme... Désolé mais il existe un consensus
scientifique sur les théories darwiniennes (même révisées, complétées ,etc.) et vos réticences - certainement philosophiques et/ou religieuses - n'y changeront rien. Je vous renvoie à toutes les
revues de paléontologie ou d'éthologie voire, plus faciles d'accès, aux excellentes publications que sont : la Recherche, Pour la Science, Science & Vie, Science et Avenir, etc. Tout ce petit
monde est évolutionniste : des imbéciles ou des fomentateurs de complots antireligieux ?


Par ailleurs, puisque vous pensez que je ne suis pas votre ami (merci pour la solidarité du web), il me paraît inutile que vous preniez la peine de répondre à ce
post : de toute façon, nous ne ferions que répéter notre désaccord.



Glorfindel 14/11/2009 01:03


Qui est l'artiste ?:
"l’artiste jette à un moment ou à un autre les grandes lignes de ce qu’il peint"
"La Science et seulement la science" ... "une chose est certaine ..." ???!!!
Commencez donc par dire que l'évolution est seulement une théorie, séduisante certes, mais seulement une théorie ...
Et pour finir, quel est votre avis, à vous ?


cepheides 14/11/2009 15:04



Non, non, l'ami, la "théorie de l'évolution" n'est pas une simple théorie. Depuis presque 200 ans que les gens travaillent dessus, on sait à présent qu'il s'agit
d'un ensemble explicatif cohérent du cheminement de la Vie sur notre planète, notamment en ce qui concerne sa transformation progressive. C'est vrai, on parle encore de "théorie" de l'évolution
mais c'est à mon sens un terme impropre légué par l'histoire (et aussi un peu par l'obscurantisme des créationnistes) : on devrait dire "les lois de l'évolution" tant il existe maintenant de
faits, d'observations irréfutables, voire d'expériences scientifiques qui vont dans le même sens. 


Cela dit, en science, c'est souvent le cas : on garde le mot "théorie" pour des lois qui ont fait leur preuve, probablement par respect inconscient vis-à-vis du
théoricien génial qui en fut à l'origine, ici Darwin. Un exemple fameux est la "théorie de la relativité générale" qui, vous en conviendrez, est bien plus un ensemble de lois qu'une simple
théorie : personne aujourd'hui n'irait prétendre que les équations d'Einstein ne sont que théoriques et incapables de révéler une vérité physique...


Concernant "l'artiste" auquel je fais allusion en comparant le travail de l'évolution à celui d'un peintre, il va de soi qu'il n'existe
aucune connotation philosophico-métaphysique à chercher là : ce que je veux dire, c'est qu'il existe des grandes lignes évolutives (soutenues par exemple par les gènes hoax) et des
transformations progressives beaucoup plus subtiles. Pour ma part, et puisque vous m'interrogez sur ce sujet, je suis totalement persuadé qu'aucun grand architecte de l'Univers n'est venu
insufflé son empreinte dans ce vaste processus : bien au contraire, une telle intervention rendrait le processus incompréhensible...



FRANCE NOUVELLE POLITIQUE 08/11/2009 17:55


Vous avez mille fois raisons de condamner l'avis des personnes remettant en cause les acquis scientifiques. Il faut respecter les progrès et les avancées dans les domaines scientifiques et
médicaux, dans la mesure où il s'agit de progrès qui ont permis de prolonger voire de donner la vie.


cepheides 09/11/2009 16:07


Merci de votre avis et pour votre soutien.


Thierry-alias-Jean-Philippe 08/11/2009 11:40


Bonjour Céphéides ! Je viens de lire votre article sur l'évolution. Je passe que trop rarement sur votre blog - à mon grand regret. Très passionnant !! Comme d'habitudes pour tous les articles
présentés sur ton blog. J'avais déjà entendu ou lu qu'il manquait les "chaînons" entre espèces... Je pensais (naïvement-je suis candide en cette matière) que les scientifiques avaient pu les
découvrir ; or il n'en est rien... La théorie de l'évolution (chère à Darwin) n'a pas fini d'être amendée. C'est d'ailleurs l'objet de votre article. Le débat reste lancé. Bon, je suis bavard... Je
vous souhaite de passer un bon dimanche et à bientôt.


cepheides 08/11/2009 15:31


La théorie de l'évolution est toujours en transformation et c'est ce qui fait tout son intérêt. L'essentiel de la question a été mis en évidence il y a déjà longtemps
par ce génie de la biologie que fut Darwin mais il reste bien des détails (parfois importants) à compléter... L'histoire de la Vie sur Terre nous est enfin devenue compréhensible à défaut d'en tout
connaître !


Henri L. 31/10/2009 19:02


Bonjour cepheides. Aujourd'hui, mon propos ne concerne pas le sujet de votre article : je souhaite vous faire part du fait que j'apprécie particulièrement la nouvelle présentation de votre blog;
elle me paraît plus claire et plus agréable à regarder; par ailleurs, je vous avoue que je trouve très intéressante la manière d'afficher à présent les commentaires dont on peut prendre
partiellement connaissance ce qui, évidemment, pousse à lire certains d'entre eux en entier (ils sont également beaucoup plus lisibles...). J'ai cru aussi comprendre que votre blog apparaissait à
présent avec un nom de domaine (cepheides.fr) mais sous l'ancienne adresse aussi. Bravo pour tous ces changements. Cordialement. HL


cepheides 03/11/2009 11:32


Je vous remercie de votre post et suis heureux de savoir que cette nouvelle présentation du blog vous convient. Effectivement, on peut se connecter au blog directement
par www.cepheides.fr ce qui est plus simple...


Carême-Prenant 31/10/2009 13:56


Je découvre la nouvelle présentation de votre blog que je trouve particulièrement réussie... Félicitations.


cepheides 31/10/2009 13:59


Merci !


anonyme 22/10/2009 19:39


bonsoir cepheides,j'ai trouvé votre sujet sur l'évolution très passionnant ce qui n'est pourtant pas mon genre de lecture.bonne continuation!


cepheides 23/10/2009 11:20


Merci !


Pascal 22/10/2009 11:24


Bonjour
Merci pour ce nouvel article, toujours aussi passionnant.Depuis la découverte de votre site je ne cesse d'aller le consulter pour dévorer vos écrits notamment sur l'évolution.J'apprécie beaucoup
vos explications simples claires et enrichissantes qui me paraissent être à portée de toutes personnes qui s'intérrogent entre la création et l'évolution.
Je reste dans l'attente de la suite .
Par ailleurs pourriez vous développer votre réponse à un commentaire au sujet des rats qui pouraient profiter de la situation actuelle et future ?
La lecture de vos articles m'aide beaucoup moralement et fait partie d'une thérapie que j'ai mis en place pour lutter contre ma tumeur cancéreuse.


cepheides 22/10/2009 13:51



Je vous remercie pour vos encouragements et pour votre fidélité. Concernant les rats, je voulais dire que les rats (des villes surtout), vivant en symbiose avec les
humains, ne peuvent que profiter de la disparition d'un certain nombre d'espèces... due à l'extension des activités humaines. Cela est vrai pour toutes les espèces, notamment domestiques, qui
vivent par et avec l'homme. Je me renseigne sur ce sujet assez peu développé jusqu'à présent me semble-t-il et ne manquerai pas de revenir sur la question si j'ai des infos.


Je vous souhaite tout le courage nécessaire pour guérir de votre maladie !



durdan 21/10/2009 20:03


Je ne pensais pas que la théorie de l'évolution fût à ce point "théorique":j'ai baigné dedans à telle point que sa logique me paraissait incontestable.
Cet article me semble bien synthétiser le sujet et j'aurai des remarques à faire....mais je doit peser mes "idées" qui sont un peu brumeuses en ce moment


cepheides 22/10/2009 13:40


La "théorie" de l'évolution n'a de théorie que le nom tant il y a d'arguments concrets à son actif, un peu comme il existe une "théorie " de la relativité générale
dont la réalité n'est plus à démontrer ! Vos remarques seront les bienvenues quand et comme vous le voudrez. A Bientôt !


Elléona 20/10/2009 10:50


Bonjour.
Toujours passionnant même si c'est parfois utile de relire deux fois la phrase !
Pour te dire, aussi, que je me sens en pleine forme depuis une dizaine de jours même si ça pèle encore suite au RX.
Bisous.


cepheides 20/10/2009 12:48


Heureux de te savoir en bien meilleure santé : je te souhaite de continuer sur cette voie et te remercie pour ta fidelité à mon blog !


house 19/10/2009 21:57


Bonsoir!! superbe article comme d'habitude!!
Non Darwin n'avait pas tort sur un point en tout cas, il disait que tout les animaux auraient la peste mais tous n'en mourraient pas , seuls ceux qui sauront s'adapter au changement pourront
survivre! le probleme c'est qu'il n'avait pas mesuré les changements climatiques, la couche d'ozone, la pollution et l'extermination massive d'especes qui apportaient du bon dans le regne animal!!
enfin voila mon impression ou celle de darwin plutot partagée.
bonne soiree.


cepheides 20/10/2009 12:53


Bonjour et merci pour vos encouragements. Effectivement, je suis comme vous convaincu que Darwin a trouvé l'essentiel des mécanismes de l'évolution. Quant aux
changements climatiques induits par l'Homme, si bon nombre d'espèces sont menacées, il en est certainement d'autres qui en profiteront : je ne suis pas sûr que l'Homme doive s'en réjouir (je pense
aux virus, bactéries, voire certains mammifères très intéressés par ces changements comme les rats !).


O D 19/10/2009 17:52


On peut penser aussi qu'une espèce évoluant lentement, confrontée à des difficultés environnementales puisse être en voie d'extinction sans pour autant complètement disparaître jusqu'à ce que
l'environnement lui redevienne favorable. La rareté de l'espèce pendant ce temps de "disette" environnementale, rend très aléatoire la découverte d'un fossile de cette période transitoire, pendant
laquelle elle aura évoluée. L'absence de fossile n'infirme donc pas la théorie évolutive lente.


cepheides 20/10/2009 12:47


Tout à fait d'accord ! Il n'empêche que le nombre de fossiles dits intermédiaires reste faible, bien plus que ne le voudrait un simple calcul statistique : cela
n'infirme nullement le gradualisme progressif mais suggère qu'il existe probablement aussi un autre mode d'évolution d'où le succès de la théorie des équilibres ponctués de Gould et Eldredge. En
lisant la presse scientifique spécialisée, il semble qu'on arrive à l'accord suivant : 80% pour l'évolution lente et progressive et 20% pour l'évolution par à-coups...


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