
En 1968, le réalisateur américain Stanley Kubrick présenta un film intitulé « 2001, l’odyssée de l’espace » qui relança le cinéma de science-fiction. On y voyait notamment apparaître un grand monolithe noir supposé apporter à des hominidés d’il y a quelques centaines de milliers d’années « l’intelligence » en une sorte de cadeau extra-terrestre. Il s’agit manifestement d’une « licence cinématographique », à la façon des licences poétiques, car, pour qui connaît un peu les lois de l’Évolution, rien ne peut être plus faux ! Il aurait en effet fallu que ces préhumains-là aient déjà possédé les attributs anatomiques et cérébraux indispensables à
l’assimilation des nouvelles connaissances (mais, dans ce cas, pourquoi ne seraient-elles pas apparues « naturellement » ?). Non, la réalité est en fait bien plus besogneuse : des centaines de milliers d’années auront été nécessaires à différentes espèces de préhumains pour aboutir à la conscience de l’Homme moderne… ce qui par ailleurs conduit à réfuter un autre cliché : tout aurait commencé, disent certains, il y a environ 200 000 ans avec l’apparition d’Homo sapiens. Cette approche est notoirement fausse car l’Homme moderne n’est que l’aboutissement d’un processus engagé bien avant lui. C’est sur tout cela que je vous propose de revenir dans ce sujet.
la notion de conscience
La conscience que l’on évoque d’abord ici est la conscience biologique c’est-à dire, pour un individu donné, la connaissance de soi et de l’environnement dans lequel il baigne, bref ce que l’on pourrait appeler le « sens de l’éveil ». Ensuite et ensuite seulement peuvent apparaître tout ce qui en découle : la notion de mort et d’un au-delà pour compenser cette angoisse profonde, la mémoire, l’art, les techniques, etc., en somme tout ce qui contribue plus généralement à l’aspect culturel d’une civilisation. Jusqu’à récemment, la cause était entendue : cette conscience, les prémices d’une civilisation humaine, étaient nés il y a 40 000 ans environ, en Europe mais cette notion longtemps défendue par les plus éminents scientifiques est à présent battue en brèche… L’apparition des capacités cognitives ayant conduit à « l’intellect de l’Homme moderne » date d’avant cette époque et, de la même façon, l’Europe ne fut pas le seul lieu de cette apparition dont on pense qu’elle fut simultanée dans bien des endroits du globe.
Il y a encore peu d’années, les spécialistes donnaient donc leur préférence à une apparition relativement rapide de cette conscience. Comment ? Par une soudaine mutation génétique, affirmaient certains. D’autres pariaient plutôt sur des changements biologiques rapidement apparus, peut-être en rapport avec une augmentation de la pression de sélection (la transformation inopinée de certains neuromédiateurs comme
les catécholamines cérébrales par exemple). On avait tout faux. L’étude des boîtes crâniennes de nos précurseurs, ces hominidés jusque là perçus comme des primates sans réelle importance, montre à l’évidence qu’il y eut effectivement une évolution du volume des crânes au fil des centaines de milliers d’années mais que celle-ci fut lente : cela prit au moins deux millions d’années pour permettre aux 450 cc du cerveau des australopithèques de passer à 1000 cc chez homo erectus, puis environ 1300 cc chez Homo sapiens et Néandertal. Avec en prime, chez ces deux derniers Homo, le développement réel des hémisphères cérébraux, siège des fonctions dites supérieures…
une évolution lente mais continue
L’apparition de l’Homme – et de son intelligence – ne s’est pas faite d’un coup, nous l’avons déjà dit, mais à la suite d’une succession de petites transformations au fil des millénaires, parfois dans le bon sens et alors conservées par l’Évolution, à d’autres moments inutiles ou défavorables et en pareil cas éliminées par elle. Car c’est toujours ainsi, par « tâtonnements », que procède l’Évolution et c’est la sélection naturelle qui dirige le mouvement. L’Homme n’a bien sûr pas échappé à cette loi et c’est cela qui explique le temps immense qui nous sépare des premiers hominidés. S’il n’existe plus aujourd’hui sur Terre qu’Homo sapiens pour représenter ce genre, cela ne fut pas le cas par le passé : à certains moments de l’histoire de la Terre, de nombreuses espèces humaines ou préhumaines coexistèrent… plus ou moins pacifiquement.
* - trois millions d’années : les différentes espèces d’australopithèques
Il y a plusieurs millions d’années, dans la savane africaine, erraient de curieux « singes » qui avaient la particularité de pratiquer une sorte de bipédie les différenciant des autres primates. Leur crâne – donc leur cerveau - était petit (environ 500 cc) mais leur dentition proche de celle de l’homme actuel : ces australopithèques étaient d’authentiques préhumains, étroitement apparentés au genre homo bien que d’une branche
collatérale. Certains d’entre eux (garhi, afarensis) avaient commencé à modeler des objets pour en faire des outils très rudimentaires. De nos jours, on sait que chimpanzés et gorilles utilisent des instruments simples (pour ouvrir des noix, pour vandaliser des termitières, etc.) mais les australopithèques semblent avoir été plus avancés en la matière ce qui en fait de vrais hominidés (bien que n’étant pas, répétons-le, des ancêtres directs de l’Homme moderne).
* - 1,5 million d’années : Homo habilis
Contrairement aux australopithèques (toujours présents à cette époque), homo habilis est un « vrai » bipède même si ses membres inférieurs sont encore très courts ce qui rend probable le fait qu’il se déplace aussi en grimpant dans les arbres. Il pèse environ 40 kg pour une taille qui ne dépasse pas les 140 cm et, c’est vrai, son aspect est encore très « archaïque ». Toutefois, son volume cérébral est bien supérieur à celui d’un australopithèque : entre 600 et 700 cc, c’est-à-dire plus important que celui des chimpanzés actuels. Sa dentition est celle d’un omnivore ce qui veut dire qu’il mange de la viande même si ce n’est pas de façon exclusive (on pense d’ailleurs que c’est plus un charognard qu’un chasseur). Compte-tenu de la taille de son cerveau et de ses habitudes
alimentaires, il n’est donc pas surprenant que Homo habilis ait cherché à développer des outils qui lui serviront à découper la viande et à casser les os longs pour en extraire leur moelle. Néanmoins, son adresse à fabriquer des outils reste quand même rudimentaire car, contrairement à ce que voudrait faire croire son nom (habilis = habileté), la morphologie de ses mains ne lui permet guère une manipulation très précise.
Non, ce qui fait l’originalité d’Homo habilis, c’est le développement de l’aire de Broca dans son cerveau, un endroit connu pour être « la zone du langage ». Habilis est probablement le premier hominidé à avoir disposé d’un langage articulé et cette faculté extraordinaire fait toute la différence : pour la première fois des êtres vivants furent capables de communiquer des informations plus précises que de simples cris avertissant d’un danger… Du coup, les scientifiques se demandent si Habilis n’était pas également capable de construire et de s’abriter dans les huttes circulaires rudimentaires dont on a retrouvé des vestiges sur les sites qu’il fréquentait… Il ne lui manquait qu’un atout considérable pour s’imposer vraiment : la maîtrise du feu.
* - 400 000 ans : Homo erectus
C’est avec cet Homo erectus que les préhumains vont apprendre à domestiquer le feu et ce vers environ – 400 000 ans (Erectus est alors présent sur la planète depuis près d’un million d’années et, disparu depuis
environ 200 000 ans, il est, à ce jour, resté présent neuf fois plus longtemps que Sapiens). La maîtrise du feu est pour cet homo une étape fondamentale car cette capacité lui permet bien sûr de se réchauffer lors des nuits froides mais également, et peut-être surtout, de faire cuire ses aliments (permettant d’élargir leur choix tout en évitant nombre de maladies potentielles) et aussi de tenir les animaux dangereux à distance. On peut avancer sans risque de se tromper qu’en devenant dépositaire du feu, Erectus a permis aux homo de commencer à s’émanciper de la Nature et, ainsi, de faire un pas important vers l’organisation civilisée de la communauté humaine. Reste, évidemment, que le chemin à parcourir est encore long…
Erectus est plus imposant que ses prédécesseurs : il mesure entre 1m60 et 1m70 pour un poids d’environ 55 kg mais, fait essentiel, son cerveau est aussi plus gros puisque d’un volume compris entre 900 et 1100 cc. C’est le premier préhumain à commencer à ressembler à l’Homme moderne (silhouette, longueur des membres par rapport au torse, etc.).
Il est à la fois chasseur – et probablement charognard - de petits et de gros animaux (éléphants, rhino, etc.) mais également cueilleur de fruits. Ajouté à sa faculté de conserver le feu, ces habitudes alimentaires le
conduisent à considérablement améliorer la gamme de ses outils : c’est lui qui développe les bifaces symétriques et les hachereaux (petites « haches » réalisées sur un grand fragment de pierre comportant toujours un tranchant transversal non retouché). Fait notable, on note parfois dans la fabrication de certains bifaces un souci d’ordre esthétique, une disposition que l’on retrouve également avec l’utilisation de pigments et de colles (vers – 300 000 ans); par ailleurs, ses réalisations sont variables selon les différentes régions du monde ce qui prouve les capacités techniques certaines d’Erectus.
Il sera également le premier hominidé à migrer (par petits groupes) hors d’Afrique puisqu’on retrouve ses fossiles en Asie et peut-être même en Europe.
* - 300 000 ans : homo heidelbergensis
Homo Heidelbergensis est, pour certains, une espèce d’homo parfaitement individualisée et, pour d’autres,, une sous-espèce d’Homo erectus : les avis sont encore très partagés sur la question. Quoi qu’il en soit, il semble exister une dimension nouvelle chez lui par rapport à ses prédécesseurs et/ou contemporains : une certaine approche culturelle de son univers. La notion de mort commence certainement à le perturber puisque c’est avec lui qu’apparaissent les premières sépultures collectives. Cette démarche témoignant d’un certain respect pour les morts qui ne sont plus perçus comme de simples objets inanimés nécessite une « prise de conscience » ; le regroupement et l’enterrement de défunts représente un rite hautement symbolique qui nécessite des capacités cognitives certaines : les morts représentent ici quelque chose de plus que leurs seules dépouilles que l’on n’abandonne pas aux charognards.
Plus encore, dans une grotte espagnole datant de 400 000 ans (grotte de Sima de los Huesos), en compagnie des morts (une trentaine environ), on retrouve un superbe exemplaire de biface de quartz rouge, excellemment taillé et jamais utilisé, dont on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une offrande… Les spécialistes ne sont pas tous d’accord pour considérer ces « inhumations » collectives comme volontaires (certains pensent à des accidents ou à des catastrophes naturelles) et il faudra certainement trouver d’autres sites de ce genre pour conclure véritablement mais on se rapproche de plus en plus de cette dimension culturelle qui va pleinement apparaître avec Néandertal et, bien sûr, Sapiens.
* - 100 000 ans : Néandertal
Néandertal est notre cousin et il fut durant plusieurs millénaires le contemporain de Sapiens (voir le sujet : Neandertal et Sapiens, une quète de la spiritualité). Son cerveau était en moyenne plus gros que celui de l’Homme moderne même si l’organisation de ses hémisphères cérébraux n’était pas tout à fait identique. Ce qui est certain, c’est que, outre une bonne maîtrise des outils et des armes (souvent équivalente à celle de Sapiens), Néandertal était doté d’une pensée symbolique puisqu’il enterrait ses morts et recourait à des rites funéraires. Par exemple, sur le site de Shanidar, en Irak (- 50 000 ans), on a pu mettre au jour la tombe d’un Néandertalien dont le squelette reposait sur un lit de fleurs de 7 espèces différentes, parfaitement disposées selon un ordre précis (les spécialistes en ont d’ailleurs conclu que la cueillette et la disposition de ces plantes n’avait été rendue possible que grâce à la présence d’un langage véritable). Comme expliqué plus haut, de tels comportements nécessitent de hautes capacités cognitives et la présence d’une conscience presque moderne.
Il fut par ailleurs le premier humain à porter des vêtements (même si l’utilisation d’aiguilles en os pour la couture n’a été démontrée que chez Sapiens). En fait, vivant dans des abris construits par lui, disposant
de la maîtrise du feu, il pouvait créer des objets ornementaux (voire complètement symboliques), faire de la gravure sur os ou fabriquer des parures en coquillages. Il avait une réelle vie sociale comme le prouve le crâne de ce Néandertalien (site de Shanidar, Irak) ayant subi un accident lorsqu’il était très jeune (fracture du crâne, destruction de l’orbite gauche et de la zone du cerveau contrôlant le côté droit de son corps) : en dépit de ce handicap sévère, le sujet put vivre jusqu'à 40-45 ans ce qui aurait été tout à fait impossible sans l’aide du groupe auquel il appartenait.
Ce qui reste mystérieux pour cette espèce d’hommes tout à fait comparable à la nôtre, c’est la soudaineté et la cause de son extinction survenues il y a moins de 30 000 ans. Élément climatique ? Maladie ? Compétition avec Sapiens ? Nous ne le savons pas encore.
* - 40 000 ans : Sapiens
Il est 15 heures, le 18 décembre 1994, lorsque Jean-Marie Chauvet (gardien des grottes ornées de l'Ardèche), Eliette Brunel-Deschamps (viticultrice à Saint-Remèze) et Christian Hillaire (agent EDF à Pierrelatte), vieux routards de la spéléologie, s'aventurent dans le cirque d'Estre, à quelques kilomètres de Vallon-Pont-d'Arc. Sa falaise surplombe la route touristique encombrée par plus d'un million d'estivants chaque année. En contrebas, le lit sinueux de l'Ardèche glisse sous le fameux Pont-d'Arc. Chênes, buis, maquis broussailleux... le site protégé de la Combe d'Arc se dresse fièrement sous les yeux du touriste qui débouche, en voiture, des lacets tortueux des gorges de l'Ardèche. Spectacle étonnant de la nature à l'état sauvage : un à-pic vertigineux de près de deux cents mètres, taillé dans une roche blanche et ocre.
Après trois quarts d'heure de grimpette, le trio débouche devant un « trou souffleur », indice assez fiable de la présence d'une cavité. Eliette se faufile la première dans la chatière et passe aux deux autres les cailloux à déblayer. Ils rampent ainsi sur plusieurs mètres dans un étroit boyau. A 18 h 30, Eliette entrevoit le sol, dix mètres plus bas. « Malgré la fatigue et le froid, nous sommes retournés à la camionnette chercher une échelle de spéléologie... Nous ne voulions pas nous faire piquer une première par des étudiants en vacances ! » De retour dans la cavité, ils découvrent, dans le halo de leurs lampes frontales, de sublimes colonnes de calcite blanche et ocre. Les ossements d'ours sont innombrables... Une caverne d'Ali Baba qui n'a pourtant pas encore révélé tous ses secrets. Eliette manque en effet de suffoquer lorsqu'elle aperçoit un petit mammouth rouge peint à l'oxyde de fer sur l'une des parois. Têtes de lions, mains appliquées sur la paroi ou dessinées au pochoir, bouquetins, ours et même rhinocéros attendent depuis des dizaines de milliers d'années ces providentiels visiteurs d'un soir...
(le Point, 22 février 1997)
Après la découverte de bien des trésors picturaux admirables (Lascaux 1940, Cosquer 1991, Cussac 2000, etc.), la mise au jour de l’extraordinaire grotte Chauvet qui date de l’Aurignacien (- 35 000 ans) montre la fantastique évolution des hominidés depuis les premiers australopithèques plusieurs millions d’années auparavant. Comme d’autres hominidés, Sapiens enterre ses morts (premières sépultures il y a 100 000 ans) mais dans un contexte ritualisé et particulièrement élaboré. Sa faculté de réflexion et d’abstraction lui permet également de laisser des traces picturales sur
les murs obscurs des cavernes, comme Néandertal certes, mais avec une richesse des couleurs et un art du dessin inégalés. Il crée des statuettes décoratives, embellit ses objets personnels, invente des parures en crocs ou en plumes tandis que les femmes se décorent de bijoux rudimentaires. Il s’extrait en somme du quotidien d’un monde de simple survie pour s’intéresser à autre chose. On comprend qu’il est le dernier maillon (pour l’instant) d’un long cheminement, commencé longtemps avant lui. Rapidement, en quelques milliers d’années, il domestique les animaux qui lui sont utiles, invente de nouvelles techniques, des outils, la transmission pérenne du savoir grâce à l’écriture et progresse peu à peu dans l’organisation sociale de ses communautés. L’éveil de la conscience humaine aura mis des centaines de milliers d’années mais, une fois apparue, cette dernière aura permis au seul Homo survivant de se développer rapidement jusqu’à occuper – et dominer – l’intégralité de la planète, à l’exception notable du continent antarctique.
Et après ?
Homo sapiens, dernier représentant d’une longue lignée de préhumains aujourd’hui disparus, a conquis le monde et se pose alors une question essentielle : que va-t-il en faire ? Saura-t-il préserver l’environnement dans lequel il vit et les autres êtres vivants avec lesquels il le partage ? A l’aube de la civilisation cybernétique et numérique, il est encore bien trop tôt pour répondre. Disons simplement que les premiers éléments d’analyse ne sont pas vraiment rassurants.
Sources
1. Wikipedia.org
2. www.hominides.com
3. Science & Vie, n° 1159, avril 2014
4. www.si.edu (Smithsonian, National Museum of Natural History)
5. www.irap.fr (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives)
Images :
1. grande fresque de la grotte Chauvet (sources : www.hominidés.com)
2. monolithe du film "2001 : A Space Odyssey" (sources : blog.e-artplastic.net)
3. comparaison de crânes d'hominidés (sources : svt.marquion.pagesperso-orange.fr/)
4. australopithèques afarensis (sources : bv.alloprof.qc.ca)
5. Homo habilis (sources : www.abc.es/fotos-ciencia)
6. Homo erectus et le feu (sources : hominid.renecanales.com)
7. Homo erectus (sources : www.dn.pt/inicio/ciencia)
8. grotte Sima de los Huesos (sources : conoceatapuerca.blogspot.fr)
9. groupe de Néandertaliens (sources : www.lefigaro.fr/sciences)
10. fresque de la grotte de Lascaux (sources : www.deslettres.fr)
(pour lire les légendes des illustrations, passer le pointeur de la souris dessus)
Mots-clés : homo sapiens / australopithèques / homo abilis / bipédie / langage articulé /aire de Broca / homo erectus / premiers outils / homo heidelbergensis / premières sépultures / grotte Sima de los Huesos / Neandertal / grotte Chauvet / aurignacien / grotte de Lascaux
(les mots en gris renvoient à des sites d'information complémentaires)
Sujets apparentés sur le blog
1. Neandertal et Sapiens, une quète de la spiritualité
2. East Side Story, la trop belle histoire
3. les humains du paléolithique
4. la bipédie, condition de l'intelligence ?
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mise à jour : 13 mars 2023

du
permettant de grossir énormément d'un seul coup (une très sérieuse preuve indirecte du phénomène semblait avoir eté apportée par de nouvelles observations le 17 mars 2014 mais il s'agissait d'une fausse alerte comme on pourra le lire en fin de cet article 1). L’univers du début est dans un état étrange où se mêlent matière (ou ce qui en tient lieu), espace et temps mais cela dure peu : jusqu’à 10-11 seconde car l’univers grossit en se dilatant. Qui dit expansion, dit
leur découverte) mirent en évidence (totalement par hasard comme souvent en science) le
l’univers ne contenait jusque là que de l’hydrogène et de l’hélium : sans elles, aucune chance de voir apparaître nos mondes actuels et donc la Vie.
à la même conclusion : non seulement, l’expansion de l’univers ne ralentit pas mais, au contraire,
appelle
ce temps là, il verra dans son ciel à peu près autant d’étoiles que nous en voyons aujourd’hui. En revanche, ses instruments d’optique auront beau scruter au-delà de sa supergalaxie, ils ne distingueront rien de plus : les autres supergalaxies seront 
rapport à celle qui varie selon les 
un prédateur de disposer d’un organe visuel performant. Le champion toutes catégories est ici un petit animal appelé
les prédateurs. Certains, comme le chat, le loir, plusieurs espèces de renards ont des
populaire. De nombreux animaux ont mis en pratique cet adage. La
jusqu’à 15 cm de profondeur et même de suivre leur trace s’ils ont été bougés. Un autre lézard, le varan géant appelé
Cette capacité concerne certains serpents comme les boas, les pythons et le crotale mais aussi la chauve-souris vampire. La proie est ici repérée par des
les proies se précipitent vers ce phare dans la nuit noire sans voir la bouche du prédateur derrière. Ce poisson est d’ailleurs très spécial et je ne résiste pas à l’envie de vous raconter son mode de reproduction bien particulier. Le mâle est ici beaucoup plus petit que la femelle et il passe son temps à la chercher ; il la repère grâce à son odorat très développé et se colle à elle en la mordant et en libérant de ce fait une enzyme qui dissout sa bouche et la partie mordue de la femelle : les deux animaux fusionnent alors leurs systèmes sanguins et le mâle se met à mourir lentement en se dissolvant progressivement, d’abord les organes digestifs, puis le cerveau, les yeux, ne laissant au final qu’une paire de testicules qui libèrent alors le sperme. Bizarre, vous avez dit bizarre ?
dont il fait même son terrier. On peut voir les difficultés que cette petite bête a à transporter sa « boule » le plus souvent bien plus grosse que lui dans l’excellent film « Microcosmos » sorti sur les écrans il y a quelques années. Mais comment fait-il pour se diriger toujours en droite ligne ? Eh bien, il se fie aux étoiles ou plus exactement à 
«
C’est dire que, rendus à une liberté totale, ils n’ont aucune peine à survivre en solitaires ! Aux USA, il existe plus de
terrorisaient les passants. Les autorités locales ont dû prendre de sévères mesures pas toujours comprises des populations locales pour y mettre fin. Le même phénomène s’est produit il y a une vingtaine d’années sur
escarpés si bien qu’il est difficile pour un humain de les apercevoir. Ils se sont parfaitement adaptés à leur habitat sauvage au point que l’Homme a réussi à en introduire dans d’autres endroits comme dans les Alpes, la baie de Somme, voire les îles Canaries…
peuvent mettre bas que par césarienne, pensons plutôt 
et les petits mammifères menaçant un peu plus encore la biodiversité (le chat en liberté est considéré comme nuisible en Nouvelle-Zélande). Les autres soutiennent qu’il s’agit comme à chaque fois de partager l’espace avec ces nouvelles espèces qui finiront, un jour ou l’autre, par devenir des 
représenter le miroir à main de la déesse. En médecine, ce symbole désigne le sexe féminin (par opposition au symbole du dieu de la guerre,
forme de croissant) tandis que les vraies étoiles, infiniment plus éloignées de nous, ne changent pas de forme. D’ailleurs, si on regarde Vénus un peu longtemps, on se rend compte assez vite qu’elle
planètes du système solaire, par les Terriens tandis que
cartographie complète du sol vénusien et c’est aujourd’hui la sonde européenne
quarts par des
surface depuis plusieurs millions d’années et
représente 95% de la taille de la Terre pour 80% de sa masse ;
faire, il ne pourra jamais empêcher l’eau, abandonnant ici un chenal, là une flaque, de chercher et de trouver chaque fois un chemin qu’elle empruntera au plus court. Si, par une éphémère construction sableuse, l’enfant s’avisait de l’en empêcher, l’eau trouverait inévitablement quand même une autre route et rejoindrait forcément quelque chemin d’aval. Je vois assez l’Évolution comme cette eau difficile à canaliser : au fil des âges, chaque fois qu’une niche écologique se libère, qu’une opportunité se présente, l’Évolution permet à une espèce de se transformer pour s’adapter à la modification de son environnement. Et si, d’aventure, cette transformation était trop radicale, il est à parier que des espèces entières seraient condamnées au bénéfice d’autres qui profiteraient de l’aubaine afin que la grande aventure de la Vie puisse se poursuivre.
certains singes, à la
alors dominé la planète depuis (à peu près) la mi-novembre jusqu’au 20 décembre. Par comparaison, la présence de l’Homme ne se situerait que dans les
qu’une seule option lorsqu’il rencontrait un troupeau de ces géants : passer son chemin ou risquer de se faire écraser ! Du coup, ces sauropodes géants n’avaient
déjà évoquée (et donc celle de la masse totale). En revanche, les os qui ne supportaient pas directement le poids lié à la gravité étaient bien différents : ainsi, les vertèbres étaient
s’améliorait par l’ingestion de 
néoténique
qu’ils ont conservé les attributs physiques et même comportementaux des loups juvéniles… ce qui les rend éminemment sympathiques et attachants pour bien des gens !
de son écosystème (ce stade « larvaire » maintenu a longtemps fait prendre l’axolotl néoténique pour une espèce à part). Il s’agit ici d’une néoténie «
l’évolution des êtres vivants qui l’ont précédé… ». Cette théorie - aujourd’hui abandonnée - sous-entendait que les différents stades évolutifs d’un individu subissent une
une taille réduite, les arcades sourcilières sont aplaties. Chez le jeune singe, les mâchoires sont également petites mais elles se développent plus rapidement que le reste du crâne pour former ensuite un museau saillant ;
s’adapter : il s’agit là à mon sens d’une erreur profonde car ce « changement » induit par l’Homme possède deux caractéristiques originales : la
ce qui explique qu’elle fut longtemps oubliée ou considérée comme mineure. C’est le mérite de Stephen J. Gould d’avoir su en reparler dans les années 1970 et de faire remarquer que certaines des affirmations des tenants de la néoténie sont en réalité tout à fait acceptables, pour ne pas dire très vraisemblables. De ce fait, les scientifiques travaillent sérieusement aujourd’hui sur les 
carburant épuisé, elles se transforment en
des sources intenses de
feux car ils dévorent (ou plutôt dévoraient) des armées d’étoiles. Plus proches de nous, les trous noirs galactiques centraux sont beaucoup plus sages, entourés qu’ils sont par le « no man’s land » qu’ils ont eux-mêmes généré… Et c’est bien le cas de « notre » trou noir, celui qui siège au sein de la Voie lactée, et qu’on a appelé Sagittarius A (ou encore plus simplement

appelle le 
compliqués : il faudra en effet attendre plusieurs milliards d’années supplémentaires pour que les premiers organismes pluricellulaires – ceux qui mènent à nous – voient le jour. Toutefois, cette apparition a été relativement soudaine puisque, il y a 540 millions d’années (Ma) environ et en quelques millions d’années seulement (ce qui est très peu en termes d’âges géologiques) l’essentiel de la Vie sera présent ; cette époque lointaine porte un nom : le
jusqu’alors se casse en huit masses continentales qui se réuniront à nouveau, durant tout le paléozoïque, pour former un nouvel ensemble unique, la
organismes à symétrie bilatérale ou radiale, ne possédant pas de structure squelettique. D’ailleurs, ils ne possèdent pas grand-chose rappelant les animaux d’aujourd’hui : ni bouche, ni organes digestifs, membres ou queue. Composés de minces feuillets, ils sont en forme de disques mous et semblent se nourrir en filtrant l’eau, un peu comme les éponges. Ce qu’il est intéressant de noter est leur grande diversité ce qui suppose qu’ils occupaient des niches écologiques variées et qu’ils avaient donc colonisé une grande partie des fonds marins de la Terre d’alors. Des endroits semblables à Édiacara ont ensuite été trouvés un peu partout dans le monde, correspondant tous à cette même population et à cette même époque. La disparition de cette faune fut brutale, au début du Cambrien, et a peut-être été due à l’apparition de prédateurs jusque là inexistants.
conservés puisqu’on peut en voir les 
point qu’elle n’était plus qu’une immense boule de glace limitant de fait les possibilités de développement des animaux (niches évolutives réduites et lumière piégée par les glaces empêchant son assimilation par les algues et les cyanobactéries). Bien que cette hypothèse ne soit pas encore totalement certaine, elle aurait le mérite d’expliquer la soudaineté de l’explosion. On pourra trouver un article complet consacré à ce sujet
Rudimentaire car il n’était sensible qu’aux variations importantes de lumière (voir le sujet :
c’est à ce moment somme toute plus difficile pour la vie que l’un des occupants de la biosphère, l’Homme, a jeté toutes ses forces pour un changement radical de la Vie sur notre planète, un changement qui menace très certainement le bien commun. Cette fuite en avant sera-t-elle sans conséquence en une sorte d’évolution (presque) naturelle ou, au contraire, entraînera-t-elle des effets délétères sur cette Vie si chèrement acquise ?
exactement le contraire, à savoir que le rayonnement ionisé présent dans l’atmosphère terrestre ne peut être
vitesse proche de celle de la lumière entraîne des gerbes de
noire) abordent la question selon l’approche théorique suivante : 1. ces particules sont incroyablement
poursuivre la synthèse d’atomes plus massifs pour aboutir, en fin de cycle, à du
télescopes vont chercher à capter mais ce n’est qu’en
l’étoile agonisante et ainsi portés à des températures inimaginables. C’est dans cette superbulle que les particules cosmiques sont longtemps 