C’est en Afrique, on le sait, que l’immense majorité des scientifiques situe l’apparition des lignées d’hominidés qui conduiront, des millions d’années plus tard, à homo sapiens, l’homme dit moderne. Deux territoires africains sont particulièrement célèbres en raison des découvertes qui y ont été faites : la vallée du rift, à l’est, où de nombreux australopithèques ont été mis au jour (voir le sujet : East Side Story, la trop belle histoire)
et l’Afrique du sud, notamment dans la région environnant Johannesburg où se trouve, à 50 km au nord-ouest de la
ville, un endroit baptisé « the cradle of humankind » (le berceau de l’humanité) tant les squelettes de préhumains y sont nombreux. C’est là qu’il y a un peu moins de deux ans (en novembre 2013) une intéressante découverte a été faite, une découverte qui pourrait rebattre les cartes de la généalogie humaine.
La découverte d’homo naledi
Le site dit du « berceau de l’humanité », en Afrique du sud, est exploré depuis longtemps et on y a trouvé nombre de fossiles majeurs pour l’histoire de l’Homme. Il y a environ deux ans, l’attention du paléontologue sud-africain Lee Berger (de l’université de Witwatersrand) est attirée par deux de ses jeunes collègues sur l’existence d’une petite grotte très difficile d’accès baptisée « naledi » (naledi veut dire étoile en sesotho, une langue bantoue locale). Ils expliquent que la grotte est située à près de 30 m de profondeur et que, pour y accéder, il faut effectuer une reptation d’environ 100 m dans un tunnel seulement praticable par des individus très minces. En effet, eux-mêmes pourtant peu corpulents, ne purent progresser que de façon extraordinairement périlleuse, un bras collé le long du corps, l’autre lancé devant, avant d’aboutir à une paroi où ils découvrirent par hasard une fissure qui les mena jusque dans une cavité jonchée de débris osseux. Une exploration plus complète est mise en place. On décide de choisir des femmes paléontologues à la silhouette particulièrement fine tandis que le reste de l’équipe resté en surface suit et dirige les fouilles à l’aide d’un système vidéo. A l’issue de ce qui reste néanmoins une quasi-performance sportive, les scientifiques débouchent sur une cavité dans laquelle se trouvent, relativement bien ordonnés, environ 1500 débris de squelettes permettant de reconstituer des corps entiers de tous âges et des deux sexes : un véritable trésor d’archéologie préhistorique !
Les chercheurs sont alors certains de deux choses :
1. il ne s’agit pas de morceaux de squelettes apportés par une quelconque voie d’eau, siphon ou rivière souterraine car, à l’exception d’une souris et de quelques oiseaux, il n’y a pas de débris autres que ceux de ces hominidés et, de plus, les squelettes sont bien en place ;
2. ce n’est pas non plus le repaire d’un quelconque prédateur car il est situé trop profondément et surtout il ne présente aucune trace d’occupation animale ni de morsures sur les squelettes.
Comme on n’a pas trouvé d’autre ouverture à cette grotte souterraine qui n’a de plus jamais été en contact direct avec la surface, on en arrive à se demander s’il ne s’agirait pas d’une sorte de chambre funéraire ; jusqu’à présent toutefois, les plus anciennes sépultures ont été attribuées à Sapiens et à Néandertal et elles datent de moins de 100 000 ans : on a donc du mal à croire que des préhumains aient pu progresser dans l’obscurité, tout au de long de ce boyau resserré, pour venir déposer là les dépouilles d’une quinzaine d’individus de tous âges (il y a des vieillards et des bébés) dans une sorte de mission initiatique. L’étude des squelettes peut-elle en apprendre plus ?
Principales caractéristiques d’homo naledi
Il faut tout d’abord rappeler la découverte, quelques années plus tôt, par ce même Lee Berger, dans une grotte située
également en Afrique du sud, de deux squelettes fort bien conservés d’un hominidé qu’il aurait souhaité faire reconnaître comme appartenant au genre homo : la communauté scientifique décida finalement qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce d’australopithèque, aux caractéristiques probablement les plus proches du genre humain jamais découvertes, finalement appelée australopithecus sediba. Le scientifique voudrait-il rééditer cette démarche d’identification avec Naledi ?
Il est également nécessaire de revenir sur une notion essentielle (d’ailleurs déjà traitée à plusieurs reprises sur ce blog, par exemple, avec le sujet : le dernier ancêtre commun) : longtemps, les scientifiques ont cherché « le maillon manquant » précurseur de l’Homme. Ils avaient en effet du mal à comprendre comment on pouvait exhumer nombre de fossiles de préhumains sans avoir jamais mis au jour celui de l’ancêtre direct de l’homme moderne. On sait aujourd’hui que ce précurseur d’homo sapiens n’a probablement jamais existé : l’homme moderne a hérité de caractéristiques diverses provenant de multiples préhumains ce qui en fait, comme beaucoup d’autres, une espèce « composite »… Nombre de ceux qui « donnèrent » à cet homme moderne certaines de ses caractéristiques arpentèrent durant longtemps et en même temps les steppes et savanes africaines avant de disparaître au profit de ce seul homo sapiens (que ce dernier soit responsable de ces disparitions est une autre histoire !). Très bien mais où se situe Naledi dans tout ça ?
D’une taille d’environ 1m50 pour un poids moyen de 45 kg, Naledi présente certains caractères qui le rapprochent d’homo sapiens alors que d’autres font plutôt penser à un australopithèque ; en faveur du genre homo, les scientifiques font valoir :
* une main plutôt moderne évoquant une capacité probable à manier des outils mais aux doigts restant très incurvés soulignant une évidente facilité pour grimper aux arbres ;
* des pieds qu’il « paraît presque impossible de distinguer des
pieds d’homme moderne » (dixit les découvreurs) et cela démontre que Naledi était non seulement capable de se tenir debout mais également de le faire durant longtemps laissant supposer que cette position debout n’était pas chez lui accidentelle. Rappelons, toutefois, que la bipédie n’est pas toujours ce que l’on croit et notamment pas le seul apanage de l’homme : elle a peut-être même précédé la quadrupédie ;
* ses dents, petites et fines, ne plaident pas pour une alimentation composée de végétaux car pour en broyer les fibres il faut plutôt des dents larges et puissantes : on pense donc à une alimentation omnivore, relativement énergétique et donc plutôt moderne.
En revanche, le crâne de Naledi est de très petite taille tandis que le haut de son corps rappelle celui des australopithèques. De ce fait, on peut hésiter entre plusieurs possibilités : être en présence d’un australopithèque « tardif », d’une forme intermédiaire précurseur du genre homo ou même d’un homo archaïque. C’est certainement cette dernière hypothèse que privilégia Lee Berger et les paléontologues sud-africains puisqu’ils donnèrent à leur découverte le nom d’homo naledi.
Reste une grande inconnue : l’âge de ces squelettes dont on rappelle qu’ils ont été trouvés « à même le sol » sans la présence de ces couches sédimentaires contenant de nombreux débris permettant les datations pratiquement « à l’œil nu » : cette fois, il faudra attendre des analyses plus fines et, d’après les spécialistes concernés, il est possible qu’elles identifient des spécimens vieux de 2 à 3 millions d’années… ou seulement de 10 000 ans ! On comprend que tant d’incertitudes ajoutées au caractère étrangement « médiatisé » de la découverte elle-même aient poussé les uns et les autres à adopter des positions assez tranchées …
Les avis sont partagés
Dès la publication de la découverte (dans une revue scientifique certes honorable mais à diffusion limitée) par un paléontologue relativement habitué à des coups d’éclat, une polémique est apparue qui ne s’apaisera – peut-être - que lors de l’annonce des datations.
Pour les découvreurs, cela ne fait aucun doute, Naledi appartient pleinement au genre homo, notamment en raison des extrémités de ses membres plutôt modernes même si le volume de son cerveau semble le rapprocher des australopithèques.
Ce n’est pas l’avis d’Yves Coppens (1934-2022), le découvreur de Lucy, qui penche, avec nombre d’autres paléontologues, pour la découverte d’un australopithèque de plus, la petitesse de son cerveau ne pouvant en aucun cas correspondre à un représentant de la lignée
des homo. Mais alors, s’il s’agit d’un fossile à ce point ancien, comment expliquer l’amorce d’orientation mystique que semble évoquer la découverte de tous ces corps en un même endroit quasi inaccessible ? Pour Coppens, il s’agit là aussi d’une interprétation erronée : avant Sapiens et, dans une moindre mesure, Néandertal, jamais les hominidés antérieurs n’ont été connus pour enterrer leurs morts, voire même simplement les disposer à part pour les soustraire à l’emprise des charognards. C’est a fortiori le cas des australopithèques : il s’agit donc ici probablement d’un piège naturel dans lequel ont chuté les différents individus.
La datation des ossements permettra bien sûr d’y voir plus clair. Toutefois, nouvel australopithèque ayant vécu il y a 2 ou 3 millions d’années ou homo plus ou moins archaïque et donc plus récent, la découverte de Naledi montre une fois de plus le formidable développement de la lignée humaine que, bien plus qu’une simple progression linéaire, il convient de représenter sous la forme d’un foisonnement buissonnant.
L’ancêtre commun n’a jamais existé
Les différentes caractéristiques de l’homme moderne, son gros cerveau, son trou occipital centré, son bassin, etc. n’ont pas été transmis par un ancêtre commun qui aurait été simplement un tout petit peu plus « archaïque ». La forme actuelle d’homo sapiens résulte d’acquis réalisés au cours des âges par divers préhumains : le trou occipital centré permettant la station debout et les petites canines pour une alimentation plus énergétique datent de – 7 millions d’années (MA) ; les gros genoux pour l’endurance et la course sont apparus aux environs de - 4 MA tandis que le pied arqué et les orteils courts datent de – 3,7 MA. Vers – 3,3 MA, c’est l’apparition d’un pouce long permettant une meilleure préhension tandis que, à peu près au même moment, le bassin devient court et large permettant, entre autres, un accouchement en position allongé, voire assis. La torsion de l’humérus date de – 2 MA, les longues jambes pour la course et l’élargissement de la tête fémorale (meilleure assise) de 1,9 MA. Enfin, c’est il y a environ 1 MA que le cerveau acquiert à peu près son volume actuel.
Ces acquisitions progressives au fil des millions d’années expliquent pourquoi il ne peut y avoir un seul ancêtre à homo sapiens. De nombreux préhumains se sont croisés, affichant ici tel caractère, là tel autre, cet attribut étant gardé par l’Evolution en raison de son intérêt pour l’espèce (avantage évolutif), celui-là étant finalement écarté. C’est la raison pour laquelle il n’est pas facile de dresser une généalogie rapprochée de Sapiens, en fait une généalogie sans cesse en mouvement, sans cesse remaniée en fonction des découvertes paléontologiques et de l’étude détaillée des fossiles.
Homo (ou australopithécus) naledi est probablement contemporain des homo ergaster, abilis et erectus et il est peut-être même une forme archaïque de ce dernier… mais seules les datations pourront nous le confirmer. Toutefois, s’il est aussi âgé que ça, il est alors très peu probable que la cavité où ont été retrouvés ses restes aient quelque rapport de près ou de loin avec une quelconque religiosité. À moins de remettre en cause tout ce que nous savons de la paléoethnologie : une éventualité assez invraisemblable !
Sources :
- Valeurs Actuelles, 2015, 24 septembre, n° 4113
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Homo_naledi
- http://www.lemonde.fr/paleontologie/article/2015/09/10/homo-neladi-un-mysterieux-cousin-d-afrique-du-sud_4751937_1650762.html
- http://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/paleontologie/20150910.OBS5634/homo-naledi-nouvelle-star-de-l-espece-humaine.html
- http://www.futura-sciences.com/magazines/terre/infos/actu/d/paleontologie-homo-naledi-nouvel-hominine-divise-paleontologues-59711/
Nota 1 : au temps de Denisova et Neandertal vivait aussi... Homo naledi
Depuis sa découverte en 2015 , Homo naledi reste un mystère. "Il présente à la fois des caractères primitifs et dérivés de la lignée humaine. Il peut bouleverser la paléoanthropologie" assure John Hawks, de l'université du Wisconsin. Et voilà que des chercheurs viennent de dater ces fossiles entre 335 000 et 236 000 ans. Mais Naledi, relique du genre homo, aurait pu survivre plus d'un million d'années et être contemporain de Neandertal, de Denisova, des ancêtres de Florès et des précurseurs d'Homo sapiens. Cinq espèces humaines, au moins, cohabitaient donc sur Terre il y a 300 000 ans.
(Science & Vie, 1198, 19, juillet 2017)
Nota 2 : Homo naledi, le grimpeur qui n'était plus un singe
On fait le point sur Homo naledi en 2021 qui est à présent classé comme homo par la majorité des paléontologues. Lire l'article de Jean-Luc Voisin paru dans le numéro 524 de "pour la Science" en cliquant ICI
Nota 3 : un homo bien singulier
Dans ce vaste réseau karstique proche de Johannesburg (Rising Star, Afrique du Sud), les découvertes surprenantes s'accumulent depuis 2015. De très nombreux restes osseux permettent d'identifier une nouvelle paléo-espèce, Homo naledi, dont l'anatomie affiche des traits inattendus (petite boîte crânienne, aptitude au grimper) étant donné l'âge moyen de 300 000 ans calculé au moyen du croisement de six méthodes. À ces témoignages flagrants d'une évolution en mosaïque des humanités passées s'ajoute la probabilité de pratiques funéraires très anciennes, vu l'amoncellement des corps dans deux galeries souterraines très difficilement accessibles.
Revue l'Histoire, n° 216, octobre-décembre 2023)
Images :
1. homo naledi (sources : John Hawks / Wits University / AFP)
2. « berceau de l’Humanité » en Afrique du Sud (sources : wilrotours.co.za)
3. paysage typique près de Johannesburg (sources : willingfoot.com)
4. A. sediba a maintenant son portrait au muséum de Londres (sources : maxisciences.com)
5. homo naledi (sources : youtube.com)
6. crâne de homo naledi (sources : cnn.com)
7. généalogie sapiens (www.sceptiques.qc.ca)
(pour lire les légendes des illustrations, passer le curseur de la souris dessus)
Mots-clés : vallée du Rift - cradle of human kind - Lee Berger - chambre funéraire - australopithecus sediba - bipédie - Yves Coppens - Homo naledi (dernières données)
Sujets apparentés sur le blog
1. la bipédie, condition de l'intelligence ?
3. East Side Story, la trop belle histoire
4. Néanderthal et Sapiens, une quête de la spiritualité
5. les humains du paléolithique
6. l'apparition de la conscience
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mise à jour : 29 décembre 2023


tatou actuel dont il vient de rencontrer des représentants (et en a même mangé quelques uns). Autre envoi d’échantillons, notamment des fossiles. Il faut préciser que le capitaine Fitzroy n’est pas mécontent de voir tous ces « déchets inutiles » qui encombrent son bateau disparaître enfin !
survivants « civilisés » dans leur terre d’origine. Le moins que l’on puisse dire est que les contacts ne sont pas si faciles avec les autochtones. Fitzroy décide de laisser les « indigènes éduqués » sur place à la tête d’une mission destinée à civiliser les autres : on repassera quelques mois plus tard voir comment tout cela aura évolué. Ce qui attire cette fois l’attention de Darwin ce sont les
chilienne de Valvidia… pour y observer un terrible tremblement de terre qui détruit la cité. Toute la côte chilienne est d’ailleurs dévastée et Darwin comprend alors, en trouvant des pans rocheux couverts de concrétions marines
caractérisées par un climat souvent chaud et étouffant mais plutôt sec ; elles sont
avec l’astronome John Herschel qui y réside. A Sainte Hélène, au pied du tombeau de Napoléon, il réfléchit à la transformation de la faune locale décimée par l’introduction
des variétés de crustacés (il avait auparavant publié son ouvrage sur les massifs coralliens, un travail qui lui avait pris près de trois ans). Mais le point d’orgue de son œuvre est bien entendu son ouvrage sur l’origine de espèces qu’il hésitera longtemps à faire connaître.
antériorité. Wallace lui-aussi a recours à l’idée de sélection naturelle pour expliquer l’évolution progressive des espèces. Justice lui est d’ailleurs rendue aujourd’hui puisque la majorité des auteurs lui reconnaissent le titre de « 

l’assimilation des nouvelles connaissances (mais, dans ce cas, pourquoi ne seraient-elles pas apparues « naturellement » ?). Non, la réalité est en fait bien plus besogneuse : des centaines de milliers d’années auront été nécessaires à différentes espèces de préhumains pour aboutir à la conscience de l’Homme moderne… ce qui par ailleurs conduit à réfuter un autre cliché : tout aurait commencé, disent certains, il y a environ 200 000 ans avec l’apparition d’Homo sapiens. Cette approche est notoirement fausse car l’Homme moderne n’est que l’aboutissement d’un processus engagé bien avant lui. C’est sur tout cela que je vous propose de revenir dans ce sujet.
les catécholamines cérébrales par exemple). On avait tout faux. L’étude des boîtes crâniennes de nos précurseurs, ces hominidés jusque là perçus comme des primates sans réelle importance, montre à l’évidence qu’il y eut effectivement une évolution du volume des crânes au fil des centaines de milliers d’années mais que celle-ci fut lente : cela prit au moins deux millions d’années pour permettre aux 450 cc du cerveau des australopithèques de passer à 1000 cc chez homo erectus, puis environ 1300 cc chez Homo sapiens et Néandertal. Avec en prime, chez ces deux derniers Homo, le développement réel des hémisphères cérébraux, siège des fonctions dites supérieures…
collatérale. Certains d’entre eux (garhi, afarensis) avaient commencé à modeler des objets pour en faire des outils très rudimentaires. De nos jours, on sait que chimpanzés et gorilles utilisent des instruments simples (pour ouvrir des noix, pour vandaliser des termitières, etc.) mais les australopithèques semblent avoir été plus avancés en la matière ce qui en fait de vrais hominidés (bien que n’étant pas, répétons-le, des ancêtres directs de l’Homme moderne).
alimentaires, il n’est donc pas surprenant que Homo habilis ait cherché à développer des outils qui lui serviront à découper la viande et à casser les os longs pour en extraire leur moelle. Néanmoins, son adresse à fabriquer des outils reste quand même rudimentaire car, contrairement à ce que voudrait faire croire son nom (habilis = habileté), la morphologie de ses mains ne lui permet guère une manipulation très précise.
environ 200 000 ans, il est, à ce jour, resté présent neuf fois plus longtemps que Sapiens). La maîtrise du feu est pour cet homo une étape fondamentale car cette capacité lui permet bien sûr de se réchauffer lors des nuits froides mais également, et peut-être surtout, de faire cuire ses aliments (permettant d’élargir leur choix tout en évitant nombre de maladies potentielles) et aussi de tenir les animaux dangereux à distance. On peut avancer sans risque de se tromper qu’en devenant dépositaire du feu, Erectus a permis aux homo de commencer à s’émanciper de la Nature et, ainsi, de faire un pas important vers l’organisation civilisée de la communauté humaine. Reste, évidemment, que le chemin à parcourir est encore long…
conduisent à considérablement améliorer la gamme de ses outils : c’est lui qui développe les bifaces symétriques et les hachereaux (petites « haches » réalisées sur un grand fragment de pierre comportant toujours un tranchant transversal non retouché). Fait notable, on note parfois dans la fabrication de certains bifaces un souci d’ordre esthétique, une disposition que l’on retrouve également avec l’utilisation de pigments et de colles (vers – 300 000 ans); par ailleurs, ses réalisations sont variables selon les différentes régions du monde ce qui prouve les capacités techniques certaines d’Erectus.
de la maîtrise du feu, il pouvait créer des objets ornementaux (voire complètement symboliques), faire de la gravure sur os ou fabriquer des parures en coquillages. Il avait une réelle vie sociale comme le prouve le crâne de ce Néandertalien (site de Shanidar, Irak) ayant subi un accident lorsqu’il était très jeune (fracture du crâne, destruction de l’orbite gauche et de la zone du cerveau contrôlant le côté droit de son corps) : en dépit de ce handicap sévère, le sujet put vivre jusqu'à 40-45 ans ce qui aurait été tout à fait impossible sans l’aide du groupe auquel il appartenait.
les murs obscurs des cavernes, comme Néandertal certes, mais avec une richesse des couleurs et un art du dessin inégalés. Il crée des statuettes décoratives, embellit ses objets personnels, invente des parures en crocs ou en plumes tandis que les femmes se décorent de bijoux rudimentaires. Il s’extrait en somme du quotidien d’un monde de simple survie pour s’intéresser à autre chose. On comprend qu’il est le dernier maillon (pour l’instant) d’un long cheminement, commencé longtemps avant lui. Rapidement, en quelques milliers d’années, il domestique les animaux qui lui sont utiles, invente de nouvelles techniques, des outils, la transmission pérenne du savoir grâce à l’écriture et progresse peu à peu dans l’organisation sociale de ses communautés. L’éveil de la conscience humaine aura mis des centaines de milliers d’années mais, une fois apparue, cette dernière aura permis au seul Homo survivant de se développer rapidement jusqu’à occuper – et dominer – l’intégralité de la planète, à l’exception notable du continent antarctique.
rapport à celle qui varie selon les 
un prédateur de disposer d’un organe visuel performant. Le champion toutes catégories est ici un petit animal appelé
les prédateurs. Certains, comme le chat, le loir, plusieurs espèces de renards ont des
populaire. De nombreux animaux ont mis en pratique cet adage. La
jusqu’à 15 cm de profondeur et même de suivre leur trace s’ils ont été bougés. Un autre lézard, le varan géant appelé
Cette capacité concerne certains serpents comme les boas, les pythons et le crotale mais aussi la chauve-souris vampire. La proie est ici repérée par des
les proies se précipitent vers ce phare dans la nuit noire sans voir la bouche du prédateur derrière. Ce poisson est d’ailleurs très spécial et je ne résiste pas à l’envie de vous raconter son mode de reproduction bien particulier. Le mâle est ici beaucoup plus petit que la femelle et il passe son temps à la chercher ; il la repère grâce à son odorat très développé et se colle à elle en la mordant et en libérant de ce fait une enzyme qui dissout sa bouche et la partie mordue de la femelle : les deux animaux fusionnent alors leurs systèmes sanguins et le mâle se met à mourir lentement en se dissolvant progressivement, d’abord les organes digestifs, puis le cerveau, les yeux, ne laissant au final qu’une paire de testicules qui libèrent alors le sperme. Bizarre, vous avez dit bizarre ?
dont il fait même son terrier. On peut voir les difficultés que cette petite bête a à transporter sa « boule » le plus souvent bien plus grosse que lui dans l’excellent film « Microcosmos » sorti sur les écrans il y a quelques années. Mais comment fait-il pour se diriger toujours en droite ligne ? Eh bien, il se fie aux étoiles ou plus exactement à 
faire, il ne pourra jamais empêcher l’eau, abandonnant ici un chenal, là une flaque, de chercher et de trouver chaque fois un chemin qu’elle empruntera au plus court. Si, par une éphémère construction sableuse, l’enfant s’avisait de l’en empêcher, l’eau trouverait inévitablement quand même une autre route et rejoindrait forcément quelque chemin d’aval. Je vois assez l’Évolution comme cette eau difficile à canaliser : au fil des âges, chaque fois qu’une niche écologique se libère, qu’une opportunité se présente, l’Évolution permet à une espèce de se transformer pour s’adapter à la modification de son environnement. Et si, d’aventure, cette transformation était trop radicale, il est à parier que des espèces entières seraient condamnées au bénéfice d’autres qui profiteraient de l’aubaine afin que la grande aventure de la Vie puisse se poursuivre.
certains singes, à la
alors dominé la planète depuis (à peu près) la mi-novembre jusqu’au 20 décembre. Par comparaison, la présence de l’Homme ne se situerait que dans les
qu’une seule option lorsqu’il rencontrait un troupeau de ces géants : passer son chemin ou risquer de se faire écraser ! Du coup, ces sauropodes géants n’avaient
déjà évoquée (et donc celle de la masse totale). En revanche, les os qui ne supportaient pas directement le poids lié à la gravité étaient bien différents : ainsi, les vertèbres étaient
s’améliorait par l’ingestion de 
néoténique
qu’ils ont conservé les attributs physiques et même comportementaux des loups juvéniles… ce qui les rend éminemment sympathiques et attachants pour bien des gens !
de son écosystème (ce stade « larvaire » maintenu a longtemps fait prendre l’axolotl néoténique pour une espèce à part). Il s’agit ici d’une néoténie «
l’évolution des êtres vivants qui l’ont précédé… ». Cette théorie - aujourd’hui abandonnée - sous-entendait que les différents stades évolutifs d’un individu subissent une
une taille réduite, les arcades sourcilières sont aplaties. Chez le jeune singe, les mâchoires sont également petites mais elles se développent plus rapidement que le reste du crâne pour former ensuite un museau saillant ;
s’adapter : il s’agit là à mon sens d’une erreur profonde car ce « changement » induit par l’Homme possède deux caractéristiques originales : la
ce qui explique qu’elle fut longtemps oubliée ou considérée comme mineure. C’est le mérite de Stephen J. Gould d’avoir su en reparler dans les années 1970 et de faire remarquer que certaines des affirmations des tenants de la néoténie sont en réalité tout à fait acceptables, pour ne pas dire très vraisemblables. De ce fait, les scientifiques travaillent sérieusement aujourd’hui sur les 
compliqués : il faudra en effet attendre plusieurs milliards d’années supplémentaires pour que les premiers organismes pluricellulaires – ceux qui mènent à nous – voient le jour. Toutefois, cette apparition a été relativement soudaine puisque, il y a 540 millions d’années (Ma) environ et en quelques millions d’années seulement (ce qui est très peu en termes d’âges géologiques) l’essentiel de la Vie sera présent ; cette époque lointaine porte un nom : le
jusqu’alors se casse en huit masses continentales qui se réuniront à nouveau, durant tout le paléozoïque, pour former un nouvel ensemble unique, la
organismes à symétrie bilatérale ou radiale, ne possédant pas de structure squelettique. D’ailleurs, ils ne possèdent pas grand-chose rappelant les animaux d’aujourd’hui : ni bouche, ni organes digestifs, membres ou queue. Composés de minces feuillets, ils sont en forme de disques mous et semblent se nourrir en filtrant l’eau, un peu comme les éponges. Ce qu’il est intéressant de noter est leur grande diversité ce qui suppose qu’ils occupaient des niches écologiques variées et qu’ils avaient donc colonisé une grande partie des fonds marins de la Terre d’alors. Des endroits semblables à Édiacara ont ensuite été trouvés un peu partout dans le monde, correspondant tous à cette même population et à cette même époque. La disparition de cette faune fut brutale, au début du Cambrien, et a peut-être été due à l’apparition de prédateurs jusque là inexistants.
conservés puisqu’on peut en voir les 
point qu’elle n’était plus qu’une immense boule de glace limitant de fait les possibilités de développement des animaux (niches évolutives réduites et lumière piégée par les glaces empêchant son assimilation par les algues et les cyanobactéries). Bien que cette hypothèse ne soit pas encore totalement certaine, elle aurait le mérite d’expliquer la soudaineté de l’explosion. On pourra trouver un article complet consacré à ce sujet
Rudimentaire car il n’était sensible qu’aux variations importantes de lumière (voir le sujet :
c’est à ce moment somme toute plus difficile pour la vie que l’un des occupants de la biosphère, l’Homme, a jeté toutes ses forces pour un changement radical de la Vie sur notre planète, un changement qui menace très certainement le bien commun. Cette fuite en avant sera-t-elle sans conséquence en une sorte d’évolution (presque) naturelle ou, au contraire, entraînera-t-elle des effets délétères sur cette Vie si chèrement acquise ?
conscient ou non de la relation. Deux points semblent d’emblée importants à souligner : tout d’abord, il s’agit d’une
l’adversaire : l’hôte évolue pour se débarrasser (ou ne pas rencontrer) son parasite tandis que ce dernier évolue pour pouvoir continuer à profiter de son support. Les scientifiques parlent alors de
à tourner en rond et à faire stupidement sa toilette… La guêpe est de retour : elle ne perd pas de temps. D’abord, elle s’assure que sa manipulation à bien marché en donnant un coup de tête à sa victime. Pas de réaction notable. La guêpe peut alors couper les antennes du cafard et s’en servir pour perforer la carapace de sa proie et lui sucer l’hémolymphe qui est le sang des insectes. Cela fait, la guêpe s’empare de sa victime qu’elle traîne jusqu’à son terrier. Une fois à bon port et protégée des aléas extérieurs, elle pond un œuf sur une des pattes du cafard, œuf qui éclot en deux jours. La larve sait alors comment se comporter : elle dévore progressivement le cafard de l’intérieur en prenant bien garde de le maintenir en vie (pour garder fraîche la nourriture). Il lui faudra environ un mois et demi pour ne laisser qu’un cadavre momifié… Cauchemardesque ? Pour nous, oui, mais la guêpe se moque de nos conventions humaines qui n’ont pas cours dans la nature. Ce qui compte pour elle, c’est qu’elle nourrisse convenablement sa progéniture et, cela, elle le fait très bien…
ruminants (le mouton surtout) et parfois le cheval. Une fois dans ce type d’hôte, il prospère en se nourrissant de sang et de cellules hépatiques car son lieu de prédilection est le foie et les canaux biliaires. Mais ses œufs ne peuvent éclore chez cet hôte : il leur faut
feuille… et meurt. Le champignon qui s’était fixé sur elle peut tranquillement produire des filaments sur la tête de l’insecte de manière à former une sorte de tige d’où des spores seront disséminées au gré du vent. Dans la zone d’environ un m2 alors formée, il ne fera pas bon d’être une fourmi… Grâce à la prise de contrôle du cerveau de la fourmi, le champignon peut donc se déplacer et se reproduire. Et ce n’est pas récent : des fossiles de feuilles datant de 48 millions d’années montrent déjà de telles morsures de fourmis. Comment fait-il ce champignon pour parasiter sa proie et pourquoi celle-ci meurt-elle en mordant la feuille ? On ne le sait pas encore…
peu intéressé par les abeilles, croyait-on. En fait, la mouche parasite est très difficile à repérer car elle pose ses œufs sur les pattes des abeilles en deux à trois secondes puis disparaît. Etudiées en laboratoire, on s’est vite aperçu que les abeilles parasitées
le cas du 
la religion. C’est en effet à
conclusion déterminée au préalable. C’est le chancelier
leur idéologie dans les écoles américaines (ce qui leur a toujours été refusé jusqu’à présent), allant jusqu’à intenter des procès pour avoir gain de cause, aidé parfois par certains grands noms de la vie publique (comme le Président
possèdent chacun 30 os et 17 articulations. Toutefois, pour faire de la nageoire de la baleine une sorte de rame, l’Evolution a figé 16 des 17 articulations en question : de nombreuses formes intermédiaires de cette modification ont dû disparaître au fil du temps, la
formation de l’
mettre en pratique pour apporter des réponses déjà décidées dès le départ…
On y expliquait que, à partir d’ADN dinosaurien retrouvé dans l’estomac de moustiques fossilisés dans de l’ambre, on était arrivé à reconstituer dans son intégralité le génome de ces immenses disparus. Toutefois, il s’agissait bien de science-fiction puisqu’on sait que cette manipulation est impossible,